‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 57 sur 194 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tement, la Clémence de Saint-Denis et l’Armide de Port-Louis. | |

Le 6 avril 1885, M. Jules Ferry, contraint par les événements d'abandonner le pouvoir, était remplacé par M. de Freycinet.

Par suite de cette crise gouvernementale, l'amiral Peyron cédait le ministère de la marine et des colonies au contre-amiral Galiber. |

Le nouveau Président du Conseil, en prenant en mains les rênes du gouvernement, avait manifesté la volonté bien arrêtée de liquider, à bref délai, notre passif à Madagascar.

Justement, le traité de Tien-Tsin (9 juin 1885) venait de mettre fin à l'expédition du Tonkin. Il était donc permis d'espérer que, dégagés de notre campagne en Extrême-Orient, nous allions pouvoir donner une vigoureuse impulsion à celle de Madagascar. Il était temps, enfin, d'en finir avec ce peuple hova, dont l'esprit temporisateur s ingéniait à éterniser les difficultés. Ses sournois conseillers, ne négligeant aucune occasion de l’éclairer sur tout ce qui pouvail être nuisible à nos efforts, lui avaient appris que le climat meurtrier de ses côtes tue plus infailliblement nos soldats que les coups de ses sagaies et les balles dé ses remingtons. Et lui, trouvant commode ce moyen de se débarrasser de nous, sans trop s’exposer, mettail à profit cet enseignement de Radama [°* : « J'ai pour moi un général invincible, dont mes ennemis n'auront jamais raison, c'est le général la Fièvre! »

En juillet 1885, M. de Lanessan dépose sur le bureau de la Chambre des députés un rapport sur une demande de crédit de 12,190,000 francs. Dans la séance du 28 du même mois, M. de Mahy, patriote ardent, apôtre convaincu de l’idée coloniale, homme d’une

réputation sans tache et jouissant d’une estime universelle, monte à la tribune et prononce un éloquent discours, où il retrace, aux applaudissements de l’Assemblée, l'histoire de nos légitimes revendications à Madagascar. Dans la séance du 30 suivant, grâce à ce généreux appel, dont l'effet fut saisissant, après une déclaration de M. Brisson, Président du conseil, le vote du crédit de 12,190,000 francs était enlevé par 291 voix contre 4142.

Aussitôt, M. de Freycinet télégraphie à nos plénipotentiaires l'ordre de faire une dernière tentative de conciliation auprès des Hovas, ou, faute de s'entendre, de reprendre les hostilités jusqu àcomplète satisfaction.

Comme toujours, les négociations n'ayant pas abouti, le 10 septembre, l’amiral Miot se décide à attaquer les camps retranchés de Farafate. Sa colonne principale est composée de fusiliers marins de la frégate amirale, d'un bataillon d'infanterie de marine, d'artilleurs et de volontaires bourbonnais, la plupart revenant de Formose ou des îles Pescadores, et de huit pièces d'artillerie, dont deux de 4, et six de 80 millimètres. Quelques gendarmes à cheval servent d’éclaireurs. L'opération est conduite par l'amiral en personne. Quoique la nature du sol, formé de sables spongieux entrecoupés de marais, où serpentent d’étroits sentiers qu'il faut parfois passer à gué, se prête peu au mouvement d'un corps d'armée, nos soldats, impatients de rompre cette longue faction, qui, pour quelques-uns d'entre eux, dure depuis trois années, font preuve d'un si admirable entrain, que cette étape est bien vite franchie.

Ils se sont mis en marche, vers 4 heures du matin, protégés par les batteries des navires et du fort de Tamatave, qui occupent l'ennemi et lancent

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