CHAPITRE PREMIER
conférence. Rainilaiarivony nous évile cette peine, en se chargeant, lui-même, de reproduire, mot pour
Ravoninahitriniarivo, ancien ministre des affaires étrangères hova, banni pour vingt années.
mot, son entretien avec M. Le Myre de Vilers, dans
la lettre suivante, adressée, peu après, à M. de Freycinet. |
& ANTANANARIVO.
« À Son Excellence M. de Freycinet, ministre des affaires étrangères, Président du Conseil, à Paris.
« Votre Excellence,
« J'ai l'honneur de porter à votre connaissance les faits authentiques suivants, concernant les relations qui existent entre nous et M. le Myre de Vilers, votre envoyé. Le 31 août dernier, Son Excellence M. Le Myre de Vilers a eu une entrevue avec moi, et voici en résumé ce qu'il m'a dit :
« Premièrement. — La publicité donnée à la lettre explicative concernant le traité du 17 décembre 1885, écrite par les plénipotentiaires, amiral Miot et M. Patrimonio, n’a plus actuellement aucune valeur; elle est, en conséquence, considérée par le gouvernement français comme nulle et non avenue.
« Secondement. — L'emprunt contracté par nous avec une maison de banque, afin de payer l'indemnité, n’est pas accepté par la France, et mème dans le cas où quelqu'un serait assez mal avisé pour vouloir bien avancer de l’argent, dans le cas aussi où nous serions disposés à employer cet argent pour payer l’indemnité, son gouvernement ne l’accepterait pas. Tamatave ne sera pas, par suite, évacuée, et les Francais recevront l’ordre de ne pas payer les droits de douane aux agents d’une banque anglaise.
« Troisièmement. — En ce qui regarde le territoire entourant la baie de Diégo-Suarez, 1l dit que la limite maxima qu'il pourrait demander est la chaîne de montagnes qui enferme la baie, et, comme argument, il fit usage des termes mêmes du traité « d'installations qui pussent lui convenir dans la baie », et qu'il ne voulait pas consentir à accepter le mille et demi proposé, alors que ce quil réclame, c'est une étendue d'environ huit milles, au sud.
« Quatrièmement. — Quant à la mission du général Digby Willoughby en Europe, il dit qu'il n’y avait pas de raison pour motiver une pareille mission, et cela, en vertu de l’article premier du traité. Il me dit, ensuite, que le général