‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 7 sur 194 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

faces de la première, on voit le buste du roi, et sur l'autre face, un vaisseau voguant à pleines voiles, avec la légende : Vavigatio instaurata M. D. C. LXV. La seconde médaille représente, sur une face, le buste du roi et, sur l’autre, les symboles de Madagascar : Le bœuf à bosse et l’ébénier, avec la légende : Colonia Madagascarica M. D. C. LXV.

En 1669, M. le comte de Mondevergue succéda à M. de Beausse, au moment où le gaspillage, les dilapidations, la discorde intestine, les hostilités des naturels, avaient épuisé toutes les ressources de la Compagnie, au point qu'en 1670 elle dut résigner entre les mains du roi ses privilèges et ses pouvoirs.

M. de Mondevergue fut placé dans l'alternative de rester à Madagascar, comme gouverneur particulier, ou de rentrer en France. Il choisit ce dernier parti. Mais, à son retour, il devait être payé de son zèleet de Sa sagesse par l'ingratitude et la trahison. À peine débarqué à Lorient, il fut arrêté et conduit au château de Saumur, où il mourut de chagrin, sans avoir eu la consolation de pouvoir se justifier.

L'amiral de la Haye, vice-roi des Indes, hérita de ses fonctions, en 1670; il arriva, le 24 novembre, à Fort-Dauphin, où M. de Champmargou avait continué à exercer ses attributions de commandant militaire. Il s'aliéna bientôt colons et indigènes, et, après s'être fait battre par ces derniers, repartit pour l'Inde, en remettant ses pouvoirs à M. de Champmargou.

Peu après le départ de M. de Mondevergue, Lacaze était mort, et M. de Champmargou ne tardait pas à le suivre dans la tombe. |

M. de la Bretesche, gendre de Lacaze, avait pris la place de M. de Champmargou. Homme sans valeur et sans énergie, il ne sut pas dominer la situation deve-

nue critique, et, en désespoir de cause, imitant l'exemple de l'amiral de la Haye, il abandonna le pays, avec sa famille.

Au moment même de son départ, Survint un tragique événement qui, anéantissant notre colonie naissante, devait, pour de longues années, porter atteinte à notre influence et rendre supertflus les efforts tentés jusque-là. |

C'était pendant la nuit de Noël 1672. La jalousie de quelques femmes malgaches, suscitée par la présence de jeunes filles françaises, récemment dans la colonie, fit éclater un complot, dans lequel les Français assistant sans défense à la messe de minuit furent presque tous massacrés.

Le navire qui emportait M. de la Bretesche, ayant aperçu des signaux de détresse sur la côte, mit une embarcation à la mer et recueillit à son bord les rares fugitifs de ces nouvelles vêpres siciliennes, qui se réfugièrent à l’île Bourbon, où ils furent la souche de la première population sédentaire.

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