‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 74 sur 194 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

quaient clairement la solution de nos démêlés avec Madagascar et la reconnaissance effective de notre protectorat.

Une dépêche du 27 décernbre 1886 confirmait ces excellentes dispositions, en nous faisant savoir qu'il était arrêté, désormais, que l’article [°' du traité serait appliqué dans toute sa teneur. La France représenterait réellement et directement Madagascar à l'étranser, à l’aide d'agents choisis et nommés par le gouvernement de la République.

Cette décision fut approuvée, le 7 mai 1887, par lord Salisbury; c'était une preuve de conciliation, dè la part de l'Angleterre vis-à-vis la France, de nature à faciliter le règlement d'autres questions actuellement pendantes entre les deux pays, notamment celle des Nouvelles-Hébrides. De plus cette approbation, n’en déplaise à M. Haggard, consul anglais à Tananarive, servait de précédent; elle équivalait à la reconnaissance de notre protectorat sur Madagascar.

En moins dun an, M. Le Myre de Vilers avait mené à bonne fin des négociations qui eussent découragé tout autre qu un homme de sa trempe. A lui seul, sans autre moyen d'action que son influence morale, il avait fait triompher l’œuvre de plusieurs siècles.

Nous en étions là, lorsque le courrier d'août 1887 nous apportait la nouvelle que M. Le Myre de Viiers demandait un congé et rentrait en France.

Nous avions arrêté cette notice historique à l’arrivée de ce courrier, comptant, à cette époque, sur le retour, tant de fois annoncé, et tant de fois démenti dans la suite, de notre Résident général. Mais de nouvelles complications l'ont forcé à prolonger son

séjour à:Tananarive, plus longtemps qu'il ne l'aurait voulu. Il n'a pas cru devoir abandonner son poste, sans laisser une situation bien nette à son résident intérimaire, M. Larrouy.

Depuis le mois d'août 1887, en effet, de nombreuses difficultés sont survenues.

Ce fut d'abord la question de l’exequatur, qui surgit entre la cour d'Emyrne et lui, au sujet du consul britannique, M. Haggard. Au lieu de suivre l'exemple de l’honoràble consul américain, M. Campbell, qui, lui, s'était fait un devoir d'exécuter avec une entière bonne foi et une attitude des plus correctes les dispositions de l'article 2 du traité, en demandant directement à notre Résident général l’exequatur, que celui-ci naturellement s'était empressé de lui accorder, l'agent anglais essaya de profiter de l’occasion, d'accord avec Rainilaïairivony, pour amener une rupture des relations amicales qui commencaient à exister entre le régime du protectorat et le gouvernement hova.

Sentant le terrain propice à des revendications sans fin et sans issue, le premier ministre avait saisi la balle au bond. S'appuyant toujours sur la fameuse lettre annexe, il opposait des fins de non-recevoir aux justes réclamations de notre Résident général et se retranchait hypocritement derrière des subtilités diplomatiques.

M. Le Myre de Vilers await trop conscience de son bon droit pour le suivre longtemps dans cette voie. Dès le début, jugeant les pourparlers stériles, 1l rompit net toutes relations avec le gouvernement hova. Pour bien marquer que sa résolution était inébranlable et qu'il était formellement décidé à ne point transiger, il amena son pavillon, en présence de tous les résidents français.

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