‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 80 sur 194 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

de 850 à 900 lieues. Elle occupe une superficie de 591,981 kilomètres carrés, laquelle est supérieure à la superficie actuelle de la France, qui ne comprend que 528,576 kilomètres carrés (1).

Son aspect général, à vol d'oiseau, présente, sur la carte, une forme elliptique, arrondie au sud, légérement renflée au centre, effilée à l'extrémité nord. |

Elle est divisée, dans le sens de la longueur, par une suite de chaînes de montagnes, dont l'arête médiane et les ramifications offrent quelque ressemblance avec les vertèbres d'un squelette,

Par sa position, obliquant du sud-ouest au nord-est, suivant un angle de 18° environ sur la méridienne de Paris, elle commande à la fois le passage du cap de Bonne-Espérance et du canal de Mozambique, et le détroit de Bab-el-Mandeb.

Quand on commence à l’apercevoir de la pleine mer, on ne distingue, tout d'abord, qu’un immense amphithéâtre de verdure, sur les flancs duquel s’étagent une innombrable quantité de mamelons, qui s'élèvent graduellement, en se dominant les uns les autres, depuis le littoral jusqu’à la base des grands massifs de l’intérieur, lesquels, à leur point culminant, atteignent une altitude de plus de 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Par un temps clair, on jouit, à plus de 20 lieues de distance, d’un merveilleux panorama.

Malgré son voisinage de la côte orientale d'Afrique, Madagascar n'en est pas un fragment détaché, ni une dépendance sous-marine. Sa faune, sa flore, sa géologie, d’une espèce absolument distincte, prouvent, au contraire, scientifiquement, qu'elle est le vestige d’un con-

(1) Revue scientifique, mai 1872. Alf. Grandidier.

tinent aujourd'hui disparu, par le fait d’une action volcanique. ii

Madagascar doit naissance à un soulèvement de la croûte terrestre, très probablement contemporain de celui qui a fait surgir les chaines de l’Afrique orientale. Son ossature est formée d'un noyau granitique, dont la couche primitive paraît revêtue du dépôt neptunien qui recouvre toute sa surface. Cette vase marine, dont on retrouve les traces sur les mamelons les plus élevés, est le limon de presque toutes les terres de Madagascar.

Dans le nord-ouest, cependant, on remarque un dépôt d'un autre genre, composé en majeure partie d'humus, lequel, provenant des débris d’une abondante végétation antérieure et s'étant superposé au dépôt neptunien, contribue à donner à cette région privilégiée une fertilité exceptionnelle. Dans l'intérieur de l'ile, c'est le principe primitif qui prédomine. Tandis que, tout autour, le travail du temps opérait la lente décomposition des forêts et les transformait peu à peu en des terres rougeâtres, les plateaux supérieurs, formés de roches primaires et cristallines, résistaient à la déliquescence de la fermentation ambiante et conservaient leurs éléments originels. Le bas littoral est presque entièrement en terres d’alluvion, surtout du côté de l’ouest, où il est entouré par une zone jurassique ; du côté de l’est, il est coupé par une longue bande de terrain tertiaire, bouleversée par de puissantes éruptions basaltiques, que vient rejoindre le massif sranitique du cœur de l’île. Dans beaucoup d’'endroits, on rencontre des dépôts crétacés considérables ; dans l'intérieur, à une vingtaine de lieues des côtes, on découvre des filons de quartz, qui se prolongent à de très grandes distances.

Orographie. — Il est peu de pays qui, même sur une

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