CHAPITRE IL
aussi vaste étendue de terrain, réunissent une pareille agglomération de montagnes. Ces montagnes, d'un groupement très dense, suivent, parallèlement les unes aux autres, le sens longitudinal. Au centre, elles sont séparées. par un immense plateau surbaissé, désigné sous le nom de plaine d'Antraya, mais plus connu sous le nom de vallée de Mangourai.
Plusieurs voyageurs ont divisé Madagascar par une chaîne médiane, avec ramifications vers l'est et vers l’ouest. Gelte disposition, au dire de M. Alfred Grandidier, est tout à fait erronée. Il a relevé, à Madagascar, l'existence de cinq chaînes de montagnes différentes, ayant plus ou moins la même direction, du nord-nord-est au sud-sud-ouest, environ. En résumé, nous sommes d'accord avec M. Alfred Grandidier, dont les savantes études d'après nature ont jété la lumière sur ce point douteux, en: partageant la grande île en deux versants principaux : le versant de l’est et celui de l’ouest. -
Le versant oriental comprend à peu près un tiers de la surface de Madagascar. Le versant occidental comprend les deux autres tiers ; il est entrecoupé d'immenses plaines, arrosées par d'importants cours d’eau. :
Une masse compacte de montagnes couvre toute la parlie est, du cap d’Ambre à Fénerive, et vient mourir en pente douce jusqu’au bord de la mer. De Fénerive à Tamatave, ces montagnes s’éloignent davantage du littoral, laissant entre elles et lui des plaines fertiles.
La partie ouest, qui a échappé aux éruptions basaltiques qui ont si violemment convulsé la région du nord et de l’est, est formée de steppes secondaires. Cependant, du cap d'Ambre jusqu à Nossi-Bé, le littoral est
bordé d’un rempart de roches abruptes ou boisées, déclinant insensiblement vers le nord-est.
En allant vers le sud, ces roches, fuyant de plus en plus vers l’intérieur, laissent à découvert, entre elles et le rivage, une étendue de terrain baignée par de-nombreuses rivières.
Le point culminant de l'ile est le massif d Ankaratra, énorme amas de rocs complètement dénudés, dont les pics principaux sont Ambohimirandrana (2,350), Tsiafakalo (2540%) et Tsiafajavona (2,549"). De ce dernier, la vue embrasse la province d’Imérina tout entière; elle apparaît comme une mer houleuse de montagnes, vallonnée de plaines arides et incultes, sans arbres et sans végétation, où quelques plantes rachitiques sont semées cà et là, au milieu d’une herbe grossière. À peine, de loin en loin, découvre-t-on quelques maigres rivières, serpentant à travers ce pays désolé, et quelques bouquets d’arbustes desséchés, poussés, comme à regret, dans ces mornes solitudes. C'est dans cette province que perche sur un plateau, à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, Tananarive, la capitale du royaume hova.
Forêts. — Si l'on est étonné de trouver à Madagascar une telle profusion de montagnes, on est non moins surpris de n y rencontrer que relativement peu de forêts. Beaucoup de celles qui la recouvraient, à des époques qu’on ne saurait préciser exactement, ont disparu de sa surface. Il règne bien, tout le long de la côte est, une zone boisée non interrompue, large à certains endroits de 10 à 20 milles, et se rétrécissant vers l’ouest, aux environs de la pointe à Larrée, mais, à mesure qu'on avance dans l'intérieur, les bois deviennent de plus en plus clairsemés.
Sur le territoire hova, dans la province d'Émyrne