‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 82 sur 194 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

principalement. les arbres sont rares, et c'est à une distance énorme de leur province que les habitants de cette région doivent aller chercher leurs bois de construction et de chauffage. Les riches seuls peuvent se payer le luxe d'en brûler; ils le font venir, à grand'peine et à grands frais, de la bande de forêts qui se trouve sur la lisière orientale de l'Ankova. La charge d'un homme est évaluée à 1",25, somme exorbitante pour ce pays, où toutes les marchandises de consommation sont cotées à des prix très modiques. Aussi, l'herbe sèche, la bouse de bœuf sèche, sont-elles le combustible ordinaire avec lequel les Hovas font généralement leur cuisine.

On doit surtout attribuer la disparition d’un certain nombre de forêts à l’état perpétuel de barbarie dans lequel vivaient les premières peuplades qui sont venues s'implanter dans l’île. Dans la crainte d’être surprises à l'improviste par l'ennemi, elles rasaient le sol sur leur passage, en incendiant les forêts environnantes.

À cette première raison de tactique défensive il est juste d'ajouter que les indigènes, eux-mêmes, ne regardaient pas non plus à mettre volontairement le feu à de superbes forêts séculaires, dans le seul but de consacrer leur emplacement à la culture du riz.

Il est naturellement résulté de ces déboisements insensés un excès de température qui, dans l’Ankova, de novembre à avril, fait monter le thermomètre à 45 et 48 degrés centigrades.

Cette déplorable condition climatérique engendre une insalubrité dangereuse, sous l’action d’un soleil torride, dont les rayons ne sont pas amortis par l'ombre rafraichissante de la verdure.

Caps. Rades. Ports. Mouillages. — Bien qu’en beaucoup d'endroits, entourée d’une ceinture de récifs,

comme d'une muraille de remparts naturels qui la protège contre les fureurs de l'Océan et la rend inabordable, Madagascar possède, néanmoins, quelques anfractuosités, criques ou baies, suffisamment abritées contre les vents et assez spacieuses pour permettre d'y établir des ports importants.

Il existe peu de bons House sur la côte oéciden: tale de l’île. Sa nature ne s'y prête guère; les récifs qui la bordent, au ras du rivage, surtout dans le sudouest, entre le 21° et le 24° de latitude, trouvent un aliment continuel à leur développement. Le travail séculaire des animalcules qui produisent le corail, l'action incessante des lames, accumulent chaque jour, contre les parois abruptes des rochers, des dépôts toujours renouvelés de débris madréporiques. En revanche, la côte orientale est plus favorisée de la nature. Le grand courant équatorial des mers de l’Inde empéche les polypiers de s’y attacher. Ce courant, qui se divise en deux branches, l’une se dirigeant vers le nord-nord-est, l’autre vers le sud-sud-ouest, déterminerait plutôt l'effet contraire, en produisant une lente érosion des côtes, si son action destructive n’était entravée par la résistance invincible qu'oppose à ses effets laminants la structure granitique de l'île.

Après avoir doublé le cap d’Ambre, si l’on descend vers le sud, en longeant la côte est, on trouve, à 70 milles marins de Tamatave, la baie de Diégo-Suarez. Cette baie, qui comprend elle-même quatre ports intérieurs, est appelée la citadelle de l'océan Indien. Les indigènes ont donné à chacun des quatre ports qui composent son ensemble un nom différent : Dourouch- Foutchi, la baie des Cailloux-Blancs, à cause de la nature de ses rives: Dourouch- Varats, la baie du Tonnerre, parce que la foudre y est attirée fréquemment,

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