CHAPITRE IT
Presque à la hauteur de Diégo-Suarez, sur la côte occidentale, existe une autre baie, la baie d’Ambovanibé. Ces deux baies ne sont séparées, l’une de l’autre, que par un isthme large de 8 kilomètres, de sorte que toute la partie nord de Madagascar, s'étendant au delà de cet isthme jusqu'au cap d’Ambre, forme une sorte de presqu'ile. Un canal, creusé dans cet isthme et reliant Diégo-Suarez à Ambovanibé, détacherait cette presqu'ile de la grande terre et en ferait une île. Si ce projet, très pratique d'ailleurs, était mis à exécution, pous aurions ainsi, dans le nord,un poste maritime de premier ordre, très facile à défendre, et une station navale qui vaudrait les plus belles des Anglais, quelque chose comme un Hong-Kong francais. |
Diégo-Suarez, proprement dit, est construit sur une presqu ile formant cap. C'est là où setrouvent l'artillerie, l'hôpital, le casernement des disciplinaires, la gendarmerie, les magasins, etc. Anlsirane, village situé un peu plus loin et adossé contre une colline, sur le bord de la mer, à été choisi comme point principal et résidence du commandant. Diégo-Suarez est dominé par la hauteur de Madgindgarive, qui surplombe le chemin d’Ambohimarine à Anteirane. En octobre 1886, le commandant Caillet s’'empara de ce point stratégique. Il lui était indispensable pour assurer la sécurité de nos établissements. Le commandant hova protesta, mais on passa outre, et l’on entreprit à cet endroit la construction de fortifications . Un mur crénelé couronne la hauteur et clôt le baraquement qui sert de caserne à 110s troupes.
Les Hovas, se rendant compte de la position excep- tionnelle de ce poste, au milieu des populations hostiles, y entretenaient toujours une forte garnison, recrutée parmi leurs meilleurestroupes. De plus, ils en avaient
une autre à Ambohémarina, citadelle naturelle qui deviendrait imprenable, si elle était défendue par des {troupes européennes.
Enfin, armé de l’art. Il du traité du 17 décembre 1885, qui nous concède le droit de nous fixer dans la baie de Diégo-Suarez, et d'établir, tout autour, les installations que nous jugerons nécessaires, le gouvernement de la république a chargé M. Froger d'installer les établissements maritimes, militaires et commerciaux de cette nouvelle possession francaise, commandant la route de l'Inde.
Dès le début, M. Froger a dépioyé la plus grande ac-
tivité; il a pris à cœur les intérêts de notre colonie naissante. La population s'accroît de jour en jour et atteint 5,000 habitants, tant civils que militaires ; le terrain qui borde la plage se trouve insuffisant ; on est obligé d’escalader les collines qui soutiennent le plateau d’Antsirane. Déjà, un tramway relie ce village à Matsinsoarivo.
Ennemi de la colonisation systématique, notre com-
mandant n'a pas négligé non plus la question commerciale. Grâce à lui, les résultats paraissent très satisfaisants. Les recettes de la douane suivent une hausse croissante, elles ont atteint au mois de juillet 1887 10,000 francs; les droits d'exportation sur les bœufs ont produit 3,000 francs.
Si nous poursuivons notre route vers le sud, toujours en suivant la côte orientale, nous relevons, un peu audessous de Diégo-Suarez, Port-Louquez, Port-Leven et Vohémar, principal point de traite de la côte.
La salubrité de cette dernière baie, la facilité de ses
moyens de communication avec Nossi-Bé, la grande
étendue de terres cultivables qui l’enclave, en feraient
un centre de.colonisation promptement appelé à deve-