‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 86 sur 194 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

rocher à pic, endroit de la côte orientale le plus rapproché de Tananarive, centre d'un important commerce de riz. Après avoir passé Mahanourou, nous apercevons, sur la rive droite du Mangourou, Amboudiharine, remarquable par ses greniers à riz et l'habitation du gouverneur hova. En descendant toujours vers le sud, nous rencontrons Mahela, où se fait un grand trafic de peaux de bœufs, de gomme copal, de cire et de caoutchouc, et à 112 kilomètres au-dessous, l’ancien établissement français de Mananzarine, à proximité duquel, sur la rivière de ce nom, au village de Saraffe, en face de Siatouche, se trouvait la sucrerie de M. de Lastelle, que les Hovas incendièrent, en 1859. C'est à Siatouche, résidence du commandant hova, qu'a lieu tout le commerce de la région, le même qu'à Amboudéharine, augmenté de l'exportation des porcs. Non loin de là, à 25 ou 30 milles dans l'intérieur, s'élève le fameux plateau d’/kiongo, où tout croit en abondance. On évalue de 10 à 12,000 le nombre des esclaves fugitifs qui y ont cherché asile. On ne peut y accéder que par des sentiers escarpés, taillés dans le roc et gardés, jour et nuit, par des sentinelles. C’est en vain qu'à plusieurs reprises, les Hovas ont tenté d'en forcer le passage ; ils ont été obligés de se retirer, non sans avoir essuyé des pertes assez considérables. Il est juste d'ajouter que ces réfugiés ne sont hostiles qu'aux Hovas seuls, leurs anciens oppresseurs, et qu'ils vivent en très bonne intelligence avec leurs autres voisins.

La baie de Sainte-Luce, à 800 kilomètres de Tamatave, est la dernière de la côte orientale. C'est dans ce port que la France fonda son premier établissement. Sur la côte méridionale on ne trouve guère, en fait de mouillage, que Fort-Dauphin.

L'entrée de cette baie se fait remarquer par une

roche sur laquelle la mer se brise, même par les temps les plus calmes ; cet écueil est appelé par les indigènes Maroule Fou (multitude de sagaies). |

Après avoir doublé le cap Sainte-Marie, au sud-ouest, nous remontons la côte occidentale. Les premières baies que nous rencontrons sont celle d'Ampalaze, capitale du petit royaume du même nom; son port n’est guère fréquenté. M. Dumoulin, qui y possédait un établissement, fut égorgé en 1851, avec deux employés. Puis celle de Martkoura, en face de l’île de Baracouta; cette baie est entourée de récifs, au milieu desquels ne s'ouvre qu'une passe. Un peu au nord, le port d’/tampoule, où le commerce paraît délaissé. |

Ensuite, la baie de Saint-Augustin, sur la côte de laquelle le port de Salar est le seul bon mouillage. A environ 3 milles de là, vers l’ouest, on remarque la petite île de /Vossy- Vey (île de sable). Cette île, très commercante, possède plusieurs magasins. Malheureusement, l’eau douce y manque. Au nord de la baie Saint- Augustin, notons le port de Z'uléar ou Toha. À deux heures de marche environ, au sud de ce port, s'avance la pointe de Zsaroundrano, que Lahimérisa, roi des Antifiérenanes, céda à la France, il y a une vingtaine d'années, et dont M. Fleuriot de Langle prit solennellement possession au nom de notre gouvernement.

Un peu plus loin, le bras de mer resserré entre les iles du Meurtre et la côte offre aux navires un abri moins sûr, mais du moins momentané. Ils trouvent, en revanche, un excellent mouillage dans la vaste crique de Vossi-Marouantali, une des iles stériles de ces parages, située à une certaine distance des iles du Meurtre.

Après avoir doublé le cap Saint-Vincent, nons apercevons les îles Barren, l'ile Juan de Nova et nous alteignons le cap Saint-André, au nord de la rivière

‘2AJEIUC], 9P 9NA | :

ne

Sombaho et de l’ilot Vossi- Valavou, formé par le delta de cette rivière. C’est un des points les plus remarquables du littoral de Madagascar. Du cap Saint- André, jusqu'au cap d'Ambre, on trouve les rades les plus spacieuses et les mieux abritées de la grande ile. Des escadres entières peuvent y stationner et y manœuvrer à l'aise. Cette région privilégiée est appelée par les indigènes : Andourouch (pays des Baies).

Citons d’abord parmi ces baies celles de Baly et de Cazembi. L'entrée de cette dernière est presque complètement barrée par un banc de sable ; les bâtiments, même de faible tonnage, ne peuvent y jeter l'ancre qu’en profitant des marées de syzygie; au fond, s'élève le village de Kia-Kombi. Puis, la baie de Poueni, dont l'entrée est également obstruée par des bancs de sable et des récifs, mais laissant entre eux et la plage un espace suffisamment large et profond pour permettre aux navires, même du plus fort tonnage, de venir atterrir sans difficulté. — La baie de Bombétok, à quelques lieues seulement de la précédente, qui s'enfonce, de près de 2 kilomètres, dans les terres. Sa largeur, de 3 milles et demi à l'entrée, varie, à l’intérieur, de 3 à 6 et 7 milles. Son aspect est agréable et pittoresque; sa salubrité reconnue. Il y règne un mouvement très actif, en raison de sa posiüon avantageuse, dans le canal de Mozambique et de la fécondité de la contrée environnante ; elle est certainement appelée à acquérir, dans l’avenir, une grande importance, et à devenir un' entrepôt central pour importation et l'exportation avec l'Afrique, l'Arabie et ‘l'Inde. — Les baies de Mazamba, de Mouramba, de Warinda et de Mourousang. Cette dernière, avec les baies de Saumalaza et de Raminitok, forme un immense bassin, divisé en trois ports. L'ancrage de Mourousang, ouvertau

Page 1