‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 87 sur 194 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

nord-ouest, n’est pas très sûr, pendant l’hivernage; la baie de Saumalaza est formée par un bras de mer, large de 2 à 5 milles, s’avancant à 25 milles environ dans l'intérieur des terres. Elle est parsemée de bancs de sable et de récifs, qui rendent son accès difficile aux eros navires. Owen lui avait donné le nom de Port- Radama.— Enfin, les baies de Bavatoubé, bon mouillage à 15 milles dans le sud-ouest de l’île de Vossi-Pé, près de laquelle on rencontre des mines de houille, et de Passandava, en face de Nossi-Bé même, dont l'entrée, commandée par cette île, ferait une station militaire de premier ordre. Au sud-ouest de Nossi-Bé, git le petit groupe de /Vossi-Z'ébu (les trois îles). Entre la côte occidentale du plus grand de ces îlots et la grande terre, sarrondit une anse admirablement disposée pour y établir, à très peu de frais, un quai de carénage.

À l’est de Nossi-Bé, nous relevons encore les baies de Z'chimpayki, profonde de 25 à 30 mètres, et celle ..d'Ambavanibé. Cette dernière est, sur la côte occidentale, la baie la plus proche du cap d' Ambre, point le plus au nord de Madagascar.

Cours d’eau. — Une multitude de cours d'eau descendent des montagnes de Madagascar et font de cette ile le pays le plus arrosé du globe.

Il en est de considérables, dont quelques-uns sont aussi larges, à leur embouchure, que les plus grands fleuves de France. Peu sont navigables, à cause de la barre qui obstrue l’entrée de la plupart d’entre eux, et de la disposition du sol en amphithéâtre, ce qui rend impraticables les communications par eau, du littoral avec l'intérieur. |

Ainsi que nous l'avons fait pour les baies, nous commencerons par la côte orientale l’'énumération des principaux cours d’eau.

Ce sont donc, sur cette côte :

Le Zingbale, quia son embouchure au fond de la baie d’Antongil ; le Manahar, le Manangourou, l'Onibé, au nord de Foulepointe ; l’/vondrou, qui se jette au sud de la baie de ce nom; l’/agre, ou rivière d'Andévorante ; le Mangourou, dont les sources paraissent voisines de celles du Manangourou, toutes deux descendant du point culminant du plateau inférieur pour se rendre à la mer. Le cours du Mangourou est d'environ 400 kilomètres; cette rivière peut être considérée, en importance, comme la seconde de Madagascar. À quarante lieues de la mer, elle recoit un gros afffuent, venant du sud, qui, dit-on, la rendrait navigable pour les pirogues jusqu'à plusieurs milles au sud de Manahourou, où son embouchure est coupée de rapides et de rochers. — Le Mananzari, le Namour, le Faraon, le Matitane ; cette dernière est, pour les Malgaches, ce qu'est le Gange aux Indiens. Son nom : mati — mourir, tanana — main, — main morte — lui vient, dit la légende, d’une altercation entre deux géants, d'une stature herculéenne, qui se querellaient, d’une rive à l’autre, séparés par la rivière. Pendant la dispute, l’un d'eux, étendant le bras, saisit la main de son adversaire, qu'il arracha et jeta dans l'eau. — Le Mananghare, qui prend sa source dans les hautes vallées de l’Aara, et dont le parcours mesure, environ, 460 kilomètres.

La région du sud est moins riche en cours d’eau. Les habitants sont souvent obiigés d’avoir recours à des racines aqueuses, assez communes dans cette contrée, pour étancher leur soif, quand 1ls voyagent dans la montagne. On ne compte guère que le Mandréré, le Mananbourou., et le Ménérandre.

Du sud, en remontant vers le nord, on côtoie, pendant près de 50 lieues, la côte ouest, sans trouver le

Baie de Bavatoubé (Bavatoby), à trente kilomètres de l'ile de Nossi-Bé.

moindre ruisseau. Puis, on rencontre l’Ongn lahé, qui se jette dans la baie de Saint-Augustin, et le Zoha, dans la province de Féérègne; le Mangouki ou Saint-Vincent, le l'sidsoubon, le Manemboule, le Douko qui arrosent le Menabé ; l'Ounara, la grande rivière de l’Ambongou ; le Mandzarai, Je Betzibouka, qui vient se jeter dans la baie de Bombetock et est grossi de son affluent l’/koupa, la rivière de Tananarive. Ces deux derniers ont un parcours de plus de 400 kilomètres, et sont les cours d’eau les plus considérables de l’île. Les boutres d’un certain tonnage peuvent le remonter jusqu à Maeratanané, et même jusqu aux environs d'Antriba. Et, enfin, le Sou/ia, dont les eaux viennent se perdre dans la baie de Matzamba.

Isthmes. — Des isthmes, dont la largeur varie entre 4 et 10 kilomètres, séparent quelques-unes de ces rivières. Il serait facile et. peu coûteux de les creuser, pour les relierentre elles par des canaux, ce qui, en beaucoup d’endroits, permettrait de voyager en embarcation. Ainsi, de Foulepointe à Matatanane, on pourrait faire toute la route par ce moyen de transport, soit un parcours de 150 lieues.

Chenaux. — Les courants marins qui tendent à ensabler continuellement l'embouchure des rivières sur la côte orientale et ne leur permettent pas d’avoir une issue directe et permanente à la mer, ont formé une foule de petits chenaux, tantôt larges de 100 à 200 mèétres, tantôt même de 2 à 3 kilomètres et reliant parfois plusieurs rivières entre elles.

Lacs. — Ces chenaux, conséquence naturelle des amoncellements de sable qui enlisent l'embouchure de certaines rivières, dont le cours n’est pas assez fort pour se frayer un passage jusqu à la mer, forcent le trop-plein des eaux à se répandre à droite et à gauche.

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