CHAPITRE TIT
moins, ne laissent pas de corrompre l'air ambiant. Ajoutons à ces deux causes l’encaissement du pays entre les montagnes qui le limitent de toutes parts et arrêtent ainsi la circulation des grandes brises, dont l'influence salutaire ne peut plus parvenir jusque-là.
En résumé, si un point isolé de la côte orientale a valu à Madagascar la lugubre appellation de Cimetière des Européens, et si son climat est quelquefois meurtrier, pendant l'hivernage, par suite de conditions locales, inhérentes à toute contrée neuve, mais destinées à disparaître de plus en plus avec les procédés d'irrigation et d'asséchement dont dispose la civilisation, la côte nord et la côte occidentale sont complètement saines, et nombre d'Européens y ont séjourné, plusieurs années, sans ressentir la moindre altération de leur santé.
Somme toute, l’île de Madagascar est très habitable, et peut être fructueusement colonisée par des Français. Si les colons observent le régime de sobriété absolument nécessaire, dans les pays intertropicaux, pour conserver la santé, ils peuvent être assurés de se porter aussi bien à Madagascar que dans leur pays natal. En revanche, s'ils commettent le moindre excès, ils se prédisposent à contracter des germes fiévreux et à justifier ainsi la réputation funeste que les Anglais ont faite, intentionnellement, à cette terre d'avenir, récemment soumise à notre protectorat.