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CHAPITRE VII

L'ËROSION

Quelle que soit la différence de ses climals, Madagascar est, dans son ensemble, un pays où il pleut beaucoup. Dans l'île entière, sauf un ruban de côte au sud-ouest, la hauteur annuelle des pluies dépasse un mètre. Dans l'ouest entier, une longue saison sèche, en dépouillant le sol de sa végétation protectrice, diminue sa force de résistance aux orages violents, copieux, massés dans les quelques mois d'hivernage. On peut donc s'attendre à ce que l'érosion soit active, et c'est à elle en effet qu'est due pour une large part le modelé de l'île.

Au modelé des gneiss, tel que l'ont fait les plissements orogéniques de l'écorce terrestre, l'érosion a plutôt retranché qu'ajouté; elle a fait œuvre d'aplanissement, comblé les vallées, émoussé les crêtes. Les hauts plateaux sont remarquablement pauvres en lacs actuels, et riches au contraire en anciennes cuvettes lacustres.

Quelques beaux lacs sont tout récents, puisqu'ils doivent leur origine à des phénomènes volcaniques : ainsi le beau lac-cratère de Tritriva, minuscule et profond; l'Itasy, qui s'étend en arrière d'un barrage de laves est d'une belle étendue ; encore est-il déjà en partie comblé. Dans le sud et dans l'est il a de grands prolongements vaseux et marécageux ; sa profondeur maximum est de 5 ou 6 mètres; presque partout il est envahi de végétations aquatiques; sous la quille de la pirogue on aperçoit tout

près des masses vert sombre où jouent les poissons rouges.

L'Alaotra est bien plus ancien que lltasy, bien plus grand aussi, 55 kilomètres de long sur cinq ou six de large, mais il n'a pas plus de profondeur, quelques mètres à peine ; il est envahi lui aussi par la végétation; des marécages plus étendus que lui le prolongent à Touest; enfin on a vu que ses dimensions passées, d'après Baron, auraient atteint 350 kilomètres de long avec des profondeurs de 400 mètres; F Alaotra actuel n'est, en comparaison, qu'une goutte d'eau restée au fond de la cuvette la plus profonde.

Les marais abondent sur les hauts plateaux et les lits d'anciens lacs; Be-tsi-mitatatra n'est pas autre chose.

Il semble bien que le Matsiatra, au sortir des montagnes du Betsiléo, traverse successivement deux anciennes cuvettes lacustres, séparées par le seuil de Fitam-pito, et dont l'une pourrait porter le nom d'I-Kala-mavony et l'autre de Midongy (1). En tout cas, du haut du rocher de lVlidong}% on a sous ses pieds un cirque immense à fond plat.

Très certainement des alluvions lacustres, comme d'ailleurs des marais actuels, constituent le fond plat de la vallée d'Ihosy.

On ne s'est guère occupé de ces anciens fonds de lacs, de leur emplacement et de leur étendue. Dans la voie qu'ont ouverte les recherches de Baron à propos de l'Alaotra, il reste probablement à faire des découvertes intéressantes. Leur intérêt pourrait même être pratique. Depuis la conquête, notre administration s'est efforcée de trouver une utilisation de la latérite ; le Jardin d'essai de Nanisana s'est bravement installé sur la terre la plus improductive de toute l'île; ce sont les tâtonnements du début. A mesure que la sécurité progressera dans les parties désertes des hauts plateaux, l'exploitation des anciens fonds de lacs par le paysan hova, sous la protection de nos soldats et

(1) De Thuy, Six semaines dans le sud-ouest, Noies cl Exploratiotis, 31 janvier 1808, page 42; « IVpoque où le lac Ikalaniavona s'est vidé?... ■

avec Tappui de nos capitaux, peut présenter un grand intérêt économique.

Dans la même voie peut se trouver la solution d'un problème tout théorique.

Ces fonds de lac, en particulier celui d'Antsirabc, ont livré à la science des fossiles gigantesques d'animaux quaternaires : épiornis et hippopotames, aujourd'hui complètement disparus. En partant de cette idée générale que les animaux se proportionnent aux dimensions des continents qu'ils habitent, on a parfois admis que la taille gigantesque des épiornis portait témoignage en faveur de la Lemuria, le grand continent indoafricain dont Madagascar ne serait qu'un reste médiocre. L'existence de tant d animaux aussi puissants semblerait prouver qu'à cette époque Madagascar « avait une étendue plus considérable que de nos jours », dit Milne-Edwards (1). Sans examiner ici la question au fond, on peut dire que cette hypothèse très attaquée aujourd'hui, quoiqu'elle trouve des défenseurs, ne parait pas indispensable pour expliquer l'hippopotame fossile et l'épiornis. S'il est vrai que tous ces animaux, y compris les épiornis, étaient aquatiques, et ce vivaient ensemble sur le bord des marécages ou des étangs » (2), il est naturel qu'ils aient progressivement disparu avec les grands lacs. L'Alaotra pouvait avoir ses hippopotames, quand il avait les dimensions du Tanganika; réduit aux proportions actuelles, il se contente d'innombrables canards.

C'est naturellement avec les débris des sommets que les lacs ont été comblés ; la lèpre de la latérite les a rongés uniformément ; ils ont tous le même mamelonnement indécis et flou. Les montagnes à contour caractéristique sont rares et attirent tout de suite l'attention. Baron s'est trouvé amené à faire une étude spéciale du Vava-Vato (dans le sud-ouest de l' Ankaratra) ,

(1) Revue générale dfs Sriemcs pures et applitjuées, 15 août 1895, p. TOT. (•>) L. c.

ilAPACiASCAR. 13

uniquement à cause de son profil original en dents de scie (1).

Le Vava-Vato est gneissique; d'ordinaire, les pitons à profil décidé, original, sont granitiques; on Ta déjà dit (montagne d'Andriba, de Vom-bohitra, etc.); c'est que le granit intrusif, franc, offre à l'érosion un degré de résistance autre, plus grand que les gneiss.

L'inégalité de résistance à Térosion est aussi l'explication donnée par Baron d'une curiosité naturelle dont tous ceux qui l'ont vue parlent avec enthousiasme, ce Si c'était en Angleterre, ce serait aussi célèbre que la grotte de Fingal ou la chaussée des géants. » Il s'agit d'un ce pont naturel », une énorme arche de gneiss sous laquelle coule un torrent, dans la forêt à l'est de l'Imerina (2). Le torrent a pu se frayer sa voie grâce à la présence au milieu du gneiss d'une veine de roche peu résistante « d'un caractère anormal... Faute d'un meilleur nom, je l'appellerai une Aplite extrêmement impure ».

11 existe quelques grottes célèbres dans l'est de l'Imerina, celle par exemple d'I-fanongoavana (3) ; d'autres encore, qui ont joué un rôle pendant l'insurrection. Aucune de ces grottes gneissiques n'a été sérieusement étudiée. D'après des renseignements oraux, elles seraient simplement constituées par les interstices entre d'énormes blocs éboulés et entassés.

En tout cas, les entassements de blocs gneissiques (dégagés et arrondis par l'érosion ?) sont assurément un phénomène avec lequel il faut compter. Sous un éboulis de ce genre disparaît, pendant plusieurs kilomètres, la rivière Antsisika (à l'ouest de l'Ankaratra, auprès de Ramainandro) (4). C'est le seul exemple connu d'une rivière à cours souterrain dans les gneiss.

Elles sont rares, en somme, ces curiosités naturelles; aussi

(1) Quarlerly Journal, 1889, 1. c. — Mais surtout .1. .1., t. V, 1896, p. 411 et s.

(2) .1. .1., vol. V, p. -257 et s. (1895).

(3) .1. .1., vol. I, p. 289.

(4) .1..!., vol. III, p. 83.

bien n'est-il pas fréquent de rencontrer le roc nu ; on ne voit que mamelons de latérite, de couleur et de dessin inexorablement monotone. C'est un vieux pays usé en voie d'effacement.

Plateaux d'abrasion.

Néanmoins quelque atténuation qu'ait appoiiée l'érosion au relief orogénique des gneiss, ce relief reste très accentué. 11 a disparu complètement dans deux régions situées au dehors et en contre-bas des hauts plateaux. C'est la boutonnière des schistes crystallins dans le bassin du Sambao, et la terrasse gneissique dans l'hinterland des Mahafaly, au pied de la falaise terminale des hauts plateaux (angle sud-ouest) ; c'est sur cette terrasse que la Menarandra et la Linta prennent leur source, aussi bien d'ailleurs que des aflluents de l'Oni-lahy (rive gauche), comme le Tsavazy (1). Ce plateau est remarquablement horizontal, incliné lentement d'est en ouest (de 600 à 500 mètres).

Dans la boutonnière du Sambao les gneiss sont aussi de relief très adouci. 11 est tout à fait certain, d'autre part, que les strates y sont aussi bouleversées que dans le reste de la zone métamorphique. Je trouve dans mes notes mention de couches redressées jusqu'au voisinage de la verticale. Mais ces bouleversements de la foliation ne se traduisent plus en surface par des accidents montagneux; tout est aplani; on peut, en somme, prononcer le nom de plateaux d'abrasion.

11 n'est pas douteux que ces deux plateaux d'abrasion n'aient été recouverts, au moins partiellement, parla mer et ses dépôts; dans le bassin du Sambao en particulier on trouve, épars sur les gneiss, de petits paquets de grès, des arbres silicifiés.

(1) Se prononce Tchavazy; le son /cA est tout à fait inconnu enhova; c'est une prouve de plus de l'insuffisance de l'orthographe hova pour noter graphiquement une foule de formes dialectales.

Il faut mentionner derechef sur ces plateaux d'abrasion la présence de chicots granitiques, en saillie brusque de plusieurs centaines de mètres, semblant posés sur le plateau comme un pain de sucre sur une table; c'est le résultat probable de la consistance et de la dureté plus grande des granits.

Mais il faut surtout insister sur notre ignorance. Les plateaux d'abrasion n'ont jamais été sérieusement étudiés. On a voulu seulement afTirmer leur originalité, par opposition aux mamelons gneissiques habituels, signaler une autre question ouverte.

L'érosion des sédiments.

L'érosion dans les sédiments de l'ouest a produit des effets inverses à ceux qu'on observe dans les gneiss. Au lieu de tendre à l'aplanissement du relief, elle a fait saillir des montagnes et creusé des vallées.

Cette opposition parait assez aisément explicable; les dépôts sédimentaires sont d'une consistance extrêmement inégale. S'il existe entre les gneiss et les granits une inégalité de consistance qui a mis ces derniers en saillie, on peut imaginer ce que ça doit être quand les deux termes de lopposition sont représentés d'un côté par des argiles meubles, dépôts arénacés à peine ou point du tout consolidés (beaucoup de dépôts triasiques? sont dans cet état), et de l'autre par des roches calcaires ou gréseuses qui rivalisent avec le granit en dureté.

On a eu déjà l'occasion de dire que l'érosion a joué le rôle principal dans le modelé de l'ouest sédimentaire. 11 faut déterminer exactement les limites de cette assertion.

Des calcaires liasiques sont aujourd'hui à 700 mètres, des grès (triasiques?) à 1.200 mètres au-dessus du niveau de la mer; il est naturel de supposer que de semblables dénivellations n'ont

pas été sans s'accompagner do failles qui n'en seraient pas moins existantes pour être restées jusqu'ici inobservées. 11 faut faire la part de Tinconnu.

Dans le domaine même du connu, on a déjà fait remarquer le redressement de Tlsalo dans le sens de son grand axe, un phénomène où Térosion n'a aucune part.

Pour généraliser davantage, les différentes provinces de Touest, en succession longitudinale, sont d'altitude très inégale. Dans l'extrême nord, les plateaux Antankara sont élevés (jusqu'à 1.200 mètres) ; — le Boéuni très bas (le niveau est au-dessous de 300 mètres dans l'Ankara-fantsika) ; — le niveau se relève dans l'Ambongo (700 mètres au causse de Kahavo) — pour s'abaisser ensuite dans le Menabe (le Bemarà no dépasse guère 400 mètres) ; — les plateaux Bara sont très élevés, une portion considérable est au-dessus de 1.000 mètres.

Pour expliquer ces inégalités, on a proposé d'admettre l'existence de grandes failles transversales mal connues, orientées est- ouest et correspondant aux trois avancées de la côte ouest. Mais que cette explication soit légitime ou non, celle qu'on lui substituera ne pourra être qu'orogénique.

Seulement ce qui a frappé tous les voyageurs depuis Grandidier, c'est l'existence de grands accidents de terrains, rectilignes, successifs, orientés sud-nord, comme le Bemarà, l'Isalo, le Tsiandava, etc.. C'est à leur sujet seulement qu'on repousse toute explication orogénique ; on admet que ces grandes falaises sont le résultat de l'érosion, et on croit que cette explication nouvelle peut-être présentée d'une façon tout à fait affirmative.

A première vue, il est naturel de croire que le Tsiandava, le Bemarà, etc. dont la direction est parallèle au grand axe de l'île et par conséquent à la plupart des chaînes gneissîquos, sont le résultat des mômes mouvements orogéniques de pression latérale. C'est l'hypothèse à laquelle semble s'être arrêté Grandidier : « J'ai reconnu l'existence de cinq chaînes de mon-

tagnes qui ont toutes plus ou moins la même direction du N.-N.- E. au S.-S.-O. environ... Les trois premières appartiennent à !a formation secondaire (i). » II met dans la même catégorie le Bemarà et le Bongo-lava.

toiTE DE l'.^mpikethà vue

C'est en effet la première idée qui vient à l'esprit. En 1895, j'ai proposé l'hypothèse d'une faille longitudinale pour expliquer le Bemarà. Pour Vuillaume, le Tsiandava est un plissement, une

ride. Ce sont des opinions qui me paraissent décidément insoutenables.

Ma conviction s'est faite surtout en examinant la conformation du Kahavo, que des circonstances particulières rendent très nette.

Il est scientifiquement établi que le relief du Kahavo est dû à

(11 BulkHnih la Swu'tè de géographie, août 1871.

la résistance offerte à l'érosion par les calcaires liasiques fi Spiriferina.

Le cas du Bemarà n'est pas moins net, à son extrémité septentrionale en particulier. Au sud d'Am-bala-rano le Bemarà se termine par un alignement de petites montagnes isolées dont la plus nord est TAm-piketrà (la marmite). C'est un cône tronqué de grès meuble et d'argile en couches horizontales, avec au sommet une plaque calcaire.

La pyramide de terre meuble avec un chapeau de pierre est une forme classique do l'érosion. Il faut d'ailleurs que les conditions du sol et du climat lui soient favorables à Madagascar; très souvent, sur les talus terreux, on voit des centaines d'Ampiketrà minuscules, petites colonnes hautes d'un centimètre ou deux, portant un caillou plat au sommet.

Au reste, quand on regarde sur une carte générale, le dessin du Bemarà et du Kahavo, on constate aisément que sans doute il n'est pas tout à fait inexact de constater un certain parallélisme avec l'axe général de l'île, ou, ce qui revient au môme, avec la côte actuelle; mais la ligne limite est une courbe très nette, en arc, ou, pour mieux dire, en golfe.

Baron qui a fait une étude si consciencieuse des plateaux gréseux Antankara, ne voit aussi dans leurs sommets que des a témoins » d'érosions gigantesques.

Direction dominante des vallées.

Il faut insister d'ailleurs sur ce qu'il est très vrai, d'une façon générale, que les alignements de falaises et de vallées sont presque toujours nord-sud ou plus exactement nord-est sudouest. C'est tout naturel; les anciennes côtes, depuis la triasique, jusqu'à la côte actuelle ont toutes cet alignement, c'est

dans cette direction que s'étendent les bandes de dépôts uniformes.

A ce point de vue, les grands fleuves sont curieux à étudier dans leur trajet des montagnes à la mer. Ils franchissent tous une série d'obstacles plus ou moins nombreux, à travers lesquels ils se sont taillé un couloir, parfois un superbe canon, et en avant desquels ils s'étalent ou so sont étalés en grandes cuvettes lacustres, marécageuses, ou à tout le moins alluvionnaires.

La Tsi-ribihina (1) est un bon type de ce genre. Dans la grande cuvette marécageuse et lacustre du Betsiriry (pays des sarcelles) Mania et Mahajilo se réunissent pour former la Tsiribihina, qui s'en échappe par un véritable canon, les gorges de Be-mena.

Au delà de la seconde cuvette, le fleuve est flanqué à droite par le lac allongé d'And-rano-mena, à gauche par les marais de Berevo; il en sort par des gorges taillées dans le grès au pied du Maro-nono.

Il entre alors dans une troisième cuvette ; à sa droite il communique avec le lac Hima, à sa gauche avec celui de Kamaomby ; pour en sortir et arriver à la mer il lui faut encore serpenter à travers des collines qui rencaissent et sur le versant ouest desquelles est Ambiky. — A chaque obstacle on voit le cours du fleuve s'infléchir et serpenter pour trouver l'issue.

Au chiffre près, tous les grands fleuves de l'ouest ont à traverser les momes obstacles.

L'Oni-lahy n'arrive à la mer qu'après avoir franchi le causse crétacé dans des gorges étroites de 100 kilomètres de développement. Plus haut il lui a fallu franchir deux éperons de l'Isalo. Sa vallée s'élargit en trois cuvettes séparées par ces étranglements , la plus orientale habitée par les Bara-Vinda , la suivante

(1) Autre nom Tsi-tsoboina, les deux noms signifient l'ingu^'able.

par les Antanosy émigrés, la plus occidentale par les Antanosy émigrés et les Mahafaly.

On n'a pas sur le Mangoky clo renseignements suffisamment nets ; il est certain pourtant qu'avant d'arriver à la mer, il a dû s'ouvrir un étroit passage à travers un Bemarà (1) calcaire, dernier prolongement septentrional du causse que nous avons appelé de l'Isakondry. Le fleuve s'y engage aussitôt après son confluent avec la Sakanavaka.

Le Manamb-olo a beaucoup de peine à traverser l'autre Bemarà, celui du nord; il le longe pendant cinquante kilomètres avant de s'y frayer les gorges de Be-kopaka. Le Mahavavy, à partir d'Am-baliha, coule pendant une centaine de kilomètres dans des caîïons magnifiques entre les causses du Kahavo et d'Ankara.

La Betsiboka franchit l'Ankara-fantsika aux gorges d'Ankaladina, en amont desquelles s'étalent les marécages et les alluvions de Madiro-valo.

La Mahajamba, la Sofia ont à franchir l'obstacle du Bongolava.

L'ouest tout entier est un pays où les grands fleuves ont une direction perpendiculaire à celle des vallées, ils les traversent transversalement au lieu de les utiliser. Nulle part une carte orographique construite sur le cadre des bassins fluviaux ne s'écarterait davantage de la réalité.

Vallée triasique.

Ce n'est pas, je crois, généraliser outre mesure que d'affirmer l'existence d'une grande vallée, ou rainure, qui suit exactement la limite géologique des gneiss et du trias d'un bout à l'autre

(l) No pas confondro avoc celui du Monabo.

de l'île, réserve faite naturellement pour le sud-ouest inconnu. La masse des gneiss d'une part, et celle des dépôts sédimentaires de l'autre, sont comme deux pièces rapportées dont la jointure bâille. La vallée s'est creusée naturellement aux dépens du trias? en tout cas des couches sédimentaires inférieures, qui se sont accusées en creux entre des roches et des dépôts plus résistants. Pour se rendre compte de la cause, il ne faut pas oublier que le trias a pour être plus usé l'excuse de son âge; mais il faut insister surtout sur le caractère meuble ou semi-meuble des dépôts triasiques au moins ceux de la base, des étages les plus anciens. On a déjà dit que le calcaire y fait toujours défaut.

En superficie, il est difficile d'évaluer le terrain qu'a perdu le trias, il est évident cependant qu'il a reculé. Au sud de la rivière Loky, dans la zone gneissique, on trouve des paquets de grès rouges encore collés aux schistes crystallins. — Au Be-tsiriry, dans la vallée du Ki-rano-mena, un enduit tenace de poudingues triasiques est resté adhérent au fond de la rivière et lui sert de lit au milieu des cipolins. Ce sont des témoins irrécusables d'une plus grande extension du trias vers l'est. Il est légitime d'admettre que le plateau d'abrasion Mahafaly a été jadis recouvert de dépôts triasiques, de même que celui du Sambao l'a été incontestablement .

En épaisseur et sur certains points on peut très bien évaluer la puissance de la tranche disparue. A An-kilahila il suffît de prendre la différence d'altitude entre le fond de la vallée et le point où apparaissent les premiers calcaires sur les pentes du Kahavo; cette difTérence est de 400 mètres environ. 11 n'est pas douteux qu'avant l'œuvre de l'érosion la vallée actuelle était comblée de dépôts triasiques jusqu'au niveau des calcaires.

A Janjina, les plus anciens dépôts triasiques (des schistes jaunâtres très fissiles) sont restés accrochés au talus gneissique (dont leurs strates épousent la pente) presque jusqu'au sommet

de ce talus, à plusieurs centaines de mètres au-dessus de la plaine. Il me semble difficile de voir là autre chose qu'un témoin laissé par Térosion.

Naturellement cette vallée de 1.500 kilomètres varie beaucoup de largeur, d'aspect; elle n'est ni régulière ni rigoureusement continue. Invariablement encaissée à l'est par la lèvre en rejet de la faille gneissique, elle a pour épaulement occidental une falaise tantôt crétacée, tantôt jurassique, tantôt aussi préjurassique (apparemment d'un étage supérieur du trias, l'Isalo par exemple) .

C'est en arrière du Bemarà qu'elle est peut-être la mieux marquée et la plus régulière sur la plus grande étendue. Au moins les Sakalava du Menabe ont-ils conscience eux-mêmes de son individualité distincte, puisqu'ils lui donnent un nom d'ensemble, Ambaliky « de l'autre côté ». Le Be-tsiriry et Ankavandra, comme aussi Am-bala-rano sont également dans le pays d' Ambaliky. C'est un pays bas (150 à 250 mètres d'altitude), marécageux, nu, très uniforme, une vallée de 50 kilomètres de largeur moyenne, sur 300 kilomètres de longueur, encaissée entre deux falaises rectilignes, Tune de 1.200 mètres (Bongo-lava) et l'autre de 4 ou 500 mètres (Bemarà).

11 ne manque pas d'autres points où la vallée triasique, pour n'avoir pas reçu des indigènes un nom d'ensemble, n'en est pourtant pas moins nette; souvent elle est réduite aux dimensions d'un long couloir; c'est le cas de la vallée d'An-kilahila — large d'une quinzaine de kilomètres. C'est aussi le cas de la haute vallée du Sakeny, encaissée à l'ouest par les escarpements gréseux d'An-doha-ndafy-mavo (700 mètres, la vallée en a 2 ou 300), et très étroite. Ce caractère doit être aussi très marqué dans le nord-ouest, la vallée de l'Ifasy par exemple, où la hauteur relative des falaises Est et Ouest est d'un millier de mètres au moins.

Au Bouéni, la vallée est bien marquée, mais très large. Ce ne

sont pas seulement tous les dépôts trîasiques (?) mais encore ceux du jurassique qui ont été accusés en creux par Térosion.

Pour trouver Tépaulement ouest, il faut aller jusqu'à la falaise crétacée.

Au sud du Mangoky, la vallée triasique est très nette, très encaissée entre l'Isalo gréseux et THorom-be gneissique, mais les deux vallées du Mena-maty et de Tlmaloto qui se touchent dos à dos s'élèvent progressivement jusqu'à une altitude de 800 mètres à Rano-hira. Il est vrai que THorom-be et Tlsalo en ont 1.200.

Le seul point, où cette grande vallée soit franchement interrompue, est en somme le promontoire triasique à l'ouest de Makarainga.

Insister comme on l'a fait sur l'existence de cette vallée peut paraître d'une importance toute théorique. Il est cependant facile d'imaginer son utilisation pratique. Les indigènes prétendent qu'en saison des pluies, le Manamb-olo et le Mahajilo communiquent par des marais intermédiaires, de même que la Mahajamba et le Kamory (affluent de la Betsiboka). En les supposant fausses, ces assertions seraient plutôt exagérées qu'absurdes. On parle aussi d'une communication possible entre la Sambirano et rifasy. Le temps viendra sans doute où cet Ouest s'éveillera à la vie commerciale, et la vallée triasique deviendra la grande voie naturelle des canaux.

Les lacs côtiers.

Dans le môme ordre d'idées, il faut signaler un fait intéressant. Les plus grands lacs de l'ouest sont à proximité de la mer, le Rinkony (Ambongo), le Mundrozo (Mailaka), l'iotry (Fiherenga), le Tsi-manam-petsotra (Mahafaly). Assurément ils sont à beaucoup trop grande distance les uns des autres pour

qu'on puisse parler de chapelet. Il ne faut pas se dissimuler non plus qu'ils sont très mal connus. Néanmoins il n'est pas douteux qu'ils existent et qu'ils sont très grands; il semble bien aussi que la richesse en lacs de la côte est tout à fait hors de proportion avec celle de l'intérieur, de la vallée triasique par exemple. Ils sont de forme allongée dans le sens de la côte, quelquefois de véritables boyaux; tel est, par exemple, le Tsimanam-petsotra : « il s'étend, m'a-t-on dit, de 20 milles environ vers le sud; il est extrêmement étroit (1) ». Mandrozo a la même forme, autant que j'en ai pu juger par son extrémité sud.

Ils sont encaissés par des collines; c'est très net au Kinkony, également au Mandrozo qui ce forme une sorte de dépression entre le massif de Behetra à l'est, et une ligne de hauteurs (2) ». — a Le lac lotry, dont la superficie peut atteindre 75 kilomètres carrés, occupe le fond d'une dépression dont l'altitude est de 30 mètres au-dessus du niveau de la mer (3). » Du Tsi-manampetsotra Grandidier nous dit qu'il est situé à deux lieues de la mer, et on sait par ailleurs que la côte Mahafaly a des falaises calcaires, à vrai dire peu élevées.

Ces lacs ne sont donc pas de simples lagunes marines à l'abri d'une langue de sable. Il n'est pas inutile de le spécifier, car les plus méridionaux, l'iotry et le Tsi-manam-petsotra sont à des degrés divers des lacs salés.

D'après le capitaine de Thuy, « au.v temps secs, l'eau de riotry est sensiblement salée ». Il doute que oc cette particularité soit due aux infiltrations de la mer éloignée de 40 kilomètrès ». Evidemment il s'agit d'un phénomène climatérique, la côte sud-ouest est semi-désertique, l'iotry et le Tsi-manam-petsotra sont, je crois, sans écoulement, ce sont des schotts, de petites mers mortes : le caractère est bien plus marqué au

(1) Grandidior, Bullelin de la Soriélc de i/êngraphie, août 1871, p. 93.

(2) \ofi's et Ej-pi.j 3(J juin 18111), p. 261.

(3) \ofes et Expt., 31 janvier 1898, p. 41.

Tsi-manam-petsotra qui du reste est plus méridional, c'est-àdire dans un climat plus sec. D'après Grandidier, Teau en est très salée, et il paraît n'être habité par aucun poisson.

Sachant par ailleurs combien est fréquent dans Fouest l'alignement longitudinal des obstacles, on peut considérer que les lacs côtiers en sont une conséquence. 11 est à peu près certain que le lac Kinkony s'est formé en arrière du barrage qu'oppose à l'écoulement des eaux la falaise tertiaire, on l'a dit ailleurs. Il serait intéressant de rechercher quel rapport les autres lacs peuvent avoir avec des falaises de cet âge.

En tout cas ils accusent la même tendance qu'on a déjà signalée dans la vallée triasique à communications faciles entre vallées de fleuves différents. Le Kinkony se déverse dans le Mahavavy, mais son extrémité occidentale touche à la rivière de Bolteler. Le Mandrozo se déverse dans la Kinkana et son extrémité sud voisine avec le Manambaho.

La vallée triasique a certainement eu ses grands lacs, mais les âges géologiques leur ont fait subir des vicissitudes variées et d'ailleurs inconnues. La richesse en lacs de la ?one cùtière tient sans doute à ce que, tout en ayant la même structure que l'intérieur, la même régularité des barrages longitudinaux, elle est d'émersion récente ; l'érosion n'a pas eu le temps de parachever son œuvre de colmatage et de drainage.

Les grands plateaux.

On emploie souvent l'expression de « plaines Sakalava ou plaines de l'Ouest », pour exprimer cette idée que les dépôts sédîmentaires ne s'élèvent jamais aussi haut que les gneiss. Cette idée est d'une vérité toute relative. On a déjà dit que des plateaux sédimentaires ont jusqu'à 1.200 mètres d'altitude (certaines parties de Tlsalo et des plateaux Anlankara). Ces plateaux sont

très uniformes, ils se divisent en deux catégories, causses calcaires, plateaux de grès rouge. Tous les causses se ressemblent entre eux et tous les plateaux de grès rouge en foiit autant.

Cette ressemblance a eu pour conséquence d'étranges illusions. Des voyageurs qui ont vu les causses du Menabe (Bemarà) et qui voient ensuite ceux du Mangoky (désignés d'ailleurs par le même nom de Bemarà), ou bien ceux du Bouéni (Ankara) ont cru à Texistence d'un grand causse continu de la Bctsiboka à rOni-lali3\ La grande carte de P. Roblet schématise cette illusion. En réalité, il y a trois grands systèmes de causses au sujet desquels on a déjà donné des détails suflîsants. Leurs limites sont bien connues, leur altitude, et môme, jusqu'à un certain point, leurs âges géologiques : causse de TAmbongo-Bouéni (Ankara, Kahavo) ; causses du Menabe (Bemarà); causses Bara-Imamono (on les appelle parfois Manda-be, la grande muraille , et, à l'extrémité nord-ouest, Bemarà. Nous leur avons, à différentes reprises, donné le nom de Tlsakondry, qui en longe le pied à l'extrémité sud).

On a beaucoup parlé aussi de deux grands systèmes de plateaux gréseux, l'isalo dans le sud et l'Ankara dans le nord. Mais il faut insister sur un troisième, à vrai dire mal connu, mais dont Texistence au moins ne fait pas de doute. Il se dresse au nord du Mangoky; on lui a donné sur la carte le nom d'An-doha-ndafimavo qui s'applique à son extrémité septentrionale. De Janjina on aperçoit très nettement sa falaise terminale ; Grandidier l'a traversé en entier, Doulliot et Voeltzkow partiellement. Depuis l'occupation, il a été visité à diverses reprises. Pourtant nous avons encore bien peu de renseignements sur son compte; il est certain du moins que c'est un plateau gréseux, d'altitude décroissante d'est en ouest, et dont la falaise au-dessus du Sakeny atteint 700 mètres.

Il faut mentionner aussi le Manasa-mody (au nord de la Sofia) ; c'est un fort beau plateau de 500 mètres au moins, terminé sur

la Sofia par une falaise de 400 mètres d'un seul jet. Il est impossible de dire s'il est calcaire ou gréseux, personne n'en ayant jamais fait l'ascension, au moins qui se souciât de nous renseigner à son sujet.

Causses ou plateaux gréseux ont la môme allure : sommet très peu incliné à pente douce vers la mer, bords à pic et d'un seul jet au moins du côté de l'intérieur; ils sont coupés, les plateaux gréseux plus encore que les causses, d'entailles à pic descendant jusqu'à la base, de gorges et canons superbes; ceux de l'isalo sont d'un pittoresque qui n'a pas échappé aux Malgaches euxmêmes; les tf routes de l'isalo » [lalanlsalo) sont légendaires. Aux extrémités, les gorges se rejoignent, s'entrelacent, mangent la montagne dont il ne reste plus que les alignements des pyramides tronquées (extrémité nord du Bemarà, sud de risalo; à citer aussi l'Ambohi-tsi-tondroina au sud des gorges du Manamb-olo) .

C'est qu'en effet, là comme dans la zone à latérite, l'érosion, au lieu de creuser des thalwegs à pente douce, entaille le sol par tranches, par pans, qu'il s'agisse de calcaires, de grès ou d'argiles.

Certains points de la soi-disant plaine sakalave sont absurdement accidentés, coupés de chancres, de couloirs, hérisses de pyramides et de pans coupés ; la vallée d'Ankavandra, à l'ouest du Manamb-olo, apparaît comme un chaos de murailles et de bastions d'argile. La route de Sitampiky à Andrano-mavo (Ambongo), passe pour paradoxalement accidentée, extrêmement difficile.

11 est évident que Térosion procède toujours par affouillement, elle attaque le sol à la base, et non pas à la surface. Tout se passe comme si le sol et le sous-sol étaient extrêmement perméables, et je crois d'ailleurs qu'ils le sont. Les causses, les plateaux et jusqu'aux moindres collines ont leur sommet sec, aride ; herbe rare, ni ruisseau, ni source, de grandes dalles blanches, ou une croûte violacée parsemée de rognons de fer, ou bien encore des

couches de galets qui roulent sous les pieds, suivant qu'on marche sur le causse, le plateau gréseux ou la colline d'argile. En bas, dans les gorges, les cuvettes, une exubérance végétale, suffisamment expliquée par la multitude des sources, des ruisseaux, des marais ; chaque plateau a une ceinture de sources et de végétation, un sommet mort. Ils se comportent comme d'énormes éponges, au bas desquelles l'eau se réfugie pour sourdre sur le pourtour. Les canons jouent le rôle de canaux de drainage qui retirent l'humidité aux sommets.

Circulation souterraine.

Comme on peut s'y attendre, il existe dans les causses des cas typiques de circulation souterraine. A leur surface on rencontre des étangs circulaires sans émissaire et sans affluent apparent, des trous d'eau d'ailleurs vive, car on y voit des anguilles; les oueds abondent, lits à sec, semés parfois de flaques d'eau qui ne s'unissent qu'après l'orage en un courant superficiel ; ce lit est très souvent de grandes dalles calcaires fissurées, sans un grain de sable ou de limon ; d'autres fois, c'est un pôle-méle de roches.

A Namoroka, une grosse rivière sort brusquement du sol toute formée. Je connais un cas seulement de rivière qui se perd pour reparaître plus loin, mais il est très net. C'est un affluent du Mangomba, au sud-ouest d'Am-bahi-rano; la rivière, sous le nom de Boka-rano, disparaît au pied d'un escarpement calcaire, éperon terminal du Bemarà, et reparaît de l'autre côté sous le nom de Mangily.

Dans les grès et les dépôts meubles, des irrégularités de la circulation superficielle indiquent l'importance de l'infiltration souterraine. Très souvent les rivières ne sont qu'un lit de sable, humide ou non en profondeur, et semé de flaques d'eau : le Sambao à Maliomanala, le Soa-fasy au sud de Manandaza, etc....

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L'eau ne coule que pendant la saison des pluies ; mais, à certains jours, elle ne reconnaît plus son vieux lit et s'en fraye un nouveau. Les fleuves « morts », maty^ comme disent les indigènes, sont nombreux : Manambao-maty auprès de Tamboho-rano, Namela-maty auprès de Mainti-rano. 11 existe aussi un Manamb-olomaty auprès d'Ankavandra ; mais c'est un affluent du fleuve qui porte ce nom, comme si, de mémoire d'homme, il avait cessé d'être le fleuve principal à la suite de modifications qu'on ne voit pas dans l'hydrographie de la région. Ce serait un petit problème intéressant.

Tsingy.

L'érosion qui a sculpté le relief des grands plateaux a parfois travaillé en petit et découpé des roches d'une façon curieuse. Baron trouve l'Angaraony « découpé de telle sorte qu'il a vaguement l'aspect d'une cathédrale (l) ».

Près de Mahitsi-hazo il a trouvé, semés sur le sol, des blocs de roc « grands comme des cottages » qu'il a cru d'abord erratiques, une hypothèse d'ailleurs qu'il a détruite lui-même; ce sont les témoins d*une coulée trachy tique.

Le plus curieux édifice de grès des plateaux Antankara passe pour être le a trou de Tsimiaro ». On appelle ainsi un énorme bloc gréseux évidé à l'intérieur, qui servit de refuge habituel aux rois Antankara, dans leurs luttes contre leurs voisins (2).

Les calcaires, plus encore que les grès, offrent aux rois indigènes des forteresses naturelles qu'on appelle « Tsingy (3) ». Celui de Namoroka est le plus beau que je connaisse.

(1) A. À., l. IV, p. 100.

(•2) Cf. Guillain. C'est lui qui emploie cette expression, aujourd'hui plus ou moins tombée en désuétude, de trou de Tsimiaro: Tsimiaro était roi des Antankara vers le milieu du siècle.

(3) Sens dérivé; le sens général est : versant d une montagne quelconque.

M.VPAdASrAlt. 511

C'eat ppécisiîmetit dans le cirque de Namoroka qu'un gros ruisseau la Kapilozn sort tout formo d'une anTractuositi^ de I» roclie; je crois qu'il est l'auteur responsable du 'l'siuf^y; pourtant il se trouve, h proximiLé, des traces tîvidentes do ce qui ne peut pas avoir èW- antre chose que Tr-rosinn marine. Antre petit problème.

Ces rochers l'ont une telle impression qu'on les a mnrqu<!s en montagnes sur certaines cartes; il ne faut pas oublier que la dénïvellnlioii maximum est de 25 mètres.

Les Tsinyy d'An-jia sont très beaux, eux aussi: c'est an roi Morozy qu'ils servaient de retraite. D'ailleurs tout le versant ouest du Bemari'i dans le Mailaka est semé de cirques dilllcilement accessibles.

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fendre est la dentelure des calcaires, ce sont des centaines d'aiguilles la pointe en Tair. « Ce calcaire, dit Baron, doit parfois à l'érosion une surface hérissée de protubérances pointues, qui rendent la marche impossible ou dangereuse (1). » Le capitaine de Thuy a trouvé professionnellement la comparaison juste, ces « alvéoles » lui rappellent « celles qui contiennent les balles dans les galettes de Tobus à mitraille (2) ». L'érosion fait ainsi aux Tsingy un cercle de défenses accessoires qui ne sont pas à dédaigner contre un ennemi va-nu-pieds.

(\)A. A.,L IV, p. 103.

(2) Notes et Exploitations, 1. c.

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