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LES MALGACHES

Parmi les animaux que Madagascar a empruntés au monde oriental, à Tlmle et aux Iles Océaniques (1), il en est un, beaucoup plus important que la roussette, c'est Thomme.

Madagascar ne semble pas avoir eu, dans le sens strict du mot, des aborigènes. Los seuls vestiges humains qu'on ait trouvés dans les gisements de fossiles quaternaires sont a des fragments de poteries » qui « dénotent un état de civilisation assez avancé ». M. Grandidier qui en signale Texistence, estime que ces poteries a sont rœuvre d'anciennes colonies détruites et de race inconnue, qui ne devaient plus du reste exister à Madagascar, lors des premières immigrations » des Malgaches actuels (2).

Sur Torigine des Malgaches actuels, Tanthropologie ne nous donne pas, que je sache, d'indications positives ; au moins n'a-t-il été publié sur ce sujet aucun travail d'ensemble dont les conclusions soient utilisables (3).

A propos des institutions malgaches, on aura l'occasion de signaler fréquemment des ressemblances avec celles de TOcéanie.

Le malgache idiome malayo-polynésien.

Mais le témoignage capital et suffisant est celui de la philologie comparée. Dès le commencement du dix-septième siècle, les ma-

(1) Cf. chap. I.

(2) Hervé ile Madaf/ascar, n" 1. j). 33.

(3) Celto lacune sera probablement comlilôe bientôt par la publication du volume consacra à rantlii*opolo?io dans VHhdjire de Madagascar de M. Giandidier.

»i MADAGASCAR.

rins hollandais ont été frappés, à première vue, des ressemblances entre les langues malgache et indonésienne il). Un compagnon de Cook, sir James Bank, fit la même remarque (2;. Il y a eu, dès le premier contact, consensus des profanes; les connexions sont tellement nombreuses quelles ne peuvent échapper même à un examen superficiel.

Au dix-neuvième siècle, les philologues ont approfondi la question, Marsden et Humboldt en 1834 et 1836 (3) ; mais surtout Van der Tuuk en 1865 (4) ; sur les bases posées par ce dernier, on n'a pas mal travaillé depuis à Tananarive (5), en France (6) et en Allemagne. Sur un point spécial, les affinités du dialecte merina [vulgo hova) avec la langue malaise littéraire, le D' Renwart Brandstetter (7) a publié un travail très complet.

Ce qui frappe d'abord, ce sont les ressemblances du vocabulaire. Marre a publié une liste de 500 mots, à peu près, communs au malgache et aux idiomes indonésiens (8). Brandstetter, dans les limites qu'il s'est imposées, c'est-à-dire entre le dialecte merina et la langue malaise littéraire, fixe à 600 le nombre d'identifications de mots dont il est scientifiquement sûr; 600 autres lui paraissent possibles, mais douteuses. Il est impossible d'en entreprendre rénumération, mais il faut noter avec quel soin philologique on a dressé cette liste. On a recherché et établi les lois de la déformation phonétique dans les langues malayo-polynésiennes, ce que la philologie allemande appelle laut-verschiebung,

( 1 ) Fmloric rie Hoiilinan. .S'/z/v/vA- emk ivf^n'd-hœck cnde maleysche ende matlagaskaische tnlen, Arnslordam, Wt\. — Uelaml. I)e lin'fuis iwmlarum orienialium. S. li. Cette vi^U'renco, ainsi r|ije la suivante, est donn^'C d'après IM/i/rtwaWro Anmml.

i'I) Lient. Cook's. Voija^/e ronwUhe irorid, i\3inf> Ifa»fkc^worf h' coyages. vol. III. cli. xiii.

C'i) Mai*s<Ien. On Ihe l'of^/nexian or Eaal insiflar languayes. Mhr 'Uanro\î% Works. London, IHii, — \V. Ilntiiboidt. Uefj^^rdie Kainhprache, Berlin, iaT>.

(1) Van der Tiiuk, Otdfin/'s of a f/mmmar of (he maiayasy lanjwiije, Uo>al Asialic Society, 18^o.

(5) Diffôrenti articles de VA. .1., en particulier ceux de Dahie.

(0^ Ar. Marre. Grammaire malyarfœ.

(7) A, A., 1891, p. ICyj. Je ne connais que la traduction parue dans IM. .1.

(H) Actes du G" Couffrèn inlernaf tonal dex langues orientales, p. 8î».

et seules ont été admises les similitudes entre mots régulièrement déformés. Il faut noter aussi que les mots malgaches, dont Taflinité malayo-polynésienne est prouvée, répondent aux besoins les plus généraux, les plus primordiaux de Thumanité. Ils désignent, par exemple, les différentes parties dû corps, les instruments d'usage quotidien, tout ce qui a trait aux plantes et aux animaux, les plus étroites relations de famille ; ce sont des substantifs comme la pierre, le sable, Teau, le feu, la terre, la montagne, la rivière, le vent, la pluie, le tonnerre, l'éclair, le ciel, Tétoile, le soleil, la lune, le jour, Tannée, le chemin; des adjectifs comme blanc, noir, vert, rouge, cendré; comme amer, chaud, cru, doux, cuit, salé; ou encore grand, haut, pesant, petit, plein, chauve, enflé, faible, fort, fané, fatigué, galeux, malade, mince, nouveau, sale, etc.; ce sont les verbes les plus usuels, etc... A noter, enfin, que les numérales sont communes de un à mille.

Beaucoup de noms composés présentent en malais et en malgache de curieuses et identiques associations d'images :

FHANÇAIS

le soleil

écorce

mollet

flamme

(nom d'insecte)

(nom de plante)

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