LES IMPÔTS
Tous les Malgaches sont soumis à Tirnpôt et à la corvée. Le hasina en particulier se retrouve dans toute Tîle, c'est l'offrande personnelle du sujet au roi lorsqu'il se trouve en sa présence, le cadeau de la main à la main, la forme la plus primitive imaginable de Tirnpôt : la corvée est aussi d'usage
universel. En Inierina, tout cela s'est compliqué et s'est organisé. Outre le hasina, les Morina paient des droits de marché et de péages Çhaba), Andria-mpoin-imerina a créé l'impôt foncier : chaque hetra de rizières (étendue de terrain déterminée) paie une demi-mesure de riz. La poste a été créée par une application ingénieuse de la corvée : la caste des affranchis africains a pour corvée unique le transport gratuit des lettres; ils paient Timpôt avec leurs jambes et n'en doivent pas d'autre, c'est leur seule façon de participer aux charges publiques : ce sont les fameux tsi-mandoa (litt. ceux qui ne paient pas), ainsi nommés parce que, dans leurs courses de facteurs, toute maison devant laquelle ils plantent la sagaie d'argent, insigne de leurs fonctions, doit les héberger gratuitement. On saisit là sur le fait la façon originale dont les Merina bâtirent des institutions modernes avec des matériaux primitifs.
La corvée était Tinstrument principal du gouvernement malgache ; les fonctions publiques étaient une corvée (fanonipoana, c'est-à-dire un service, gratuit et obligatoire, la forme spéciale sous laquelle les « honneurs » payaient leurs contributions. L'école était la corvée des enfants. C'est toujours ce même travestissement curieux de vieilles institutions en nouvelles.
La propriété. — Dans toutes les tribus malgaches il n'y a de propriétaire que le roi, et les Merina ne font pas exception à cette règle générale. 11 n'y a pas de propriété privée, le roi a le droit de reprendre quand il lui plait le sol dont tout sujet est simplement l'usufruitier. Les Malgaches n'ont pas la notion de la propriété privée intangible; aussi était-il interdit à TEuropéen de posséder; c'a été une des causes de la guerre. Andriampoin-imerina a procédé à un partage général des rizières; les Tantara lui font dire : « Je donne une hetra à chîique famille, je veux que tous, petits et grands, vous ayez le même ventre. » Le fokon-olona, c'est-à-dire en somme le clan, avait les droits et les devoirs d'une petite société communiste. Chaque membre
pouvait exiger Taide gratuite des autres pour Tédification de son tombeau et de sa maison; celui qui se déroberait à ce devoir, « forcez-le à quitter votre village; il ne doit pas partager votre fumée ».
Pourtant, en Imeriua, les droits de propriété du roi sur toutes les terres étaient devenus une fiction légale; l'usufruitier était déjà à notre arrivée, sinon propriétaire au sens juridique du mot, du moins possesseur tranquille de sa maison et de son champ. Toute Tlmerina cultivable est divisée en lopins, séparés par des bornes, des levées de terres et des murailles.
En somme, ces institutions hovas étaient originairement celles de toutes les autres tribus, mais elles sont devenues très différentes, leur originalité est acquise; on y retrouve toute la société malgache, les castes, le clan, la propriété collective; mais tout cela a joué d'une si étrange façon que Tensemble présente rimage d'une monarchie absolue, servie par un corps de fonctionnaires, c'est-à-dire d'une organisation compliquée d'état moderne. Il faut retenir ce double fait que les Merina n'ont rien dans leurs institutions qui leur soit essentiellement propre, — mais qu'ils ont une façon originale de s'en servir et de les développer. Tout ce qui est mort, fossile, chez leurs voisins, a gardé chez eux la souplesse et la force évolutionniste des choses vivantes.
Race. — La supériorité intellectuelle des Merina a des causes physiologiques évidentes; ils sont d'une autre race que les autres Malgaches, ils ont la peau claire et les cheveux droits.
Il est admis presque universellement que ce sont des Malais, quoi qu'on ne voie pas très bien sur quelle évidence est basée cette certitude.
Il est vrai qu'ils parlent une langue apparentée au malais; mais qu'importe, puisque assurément ce n'est pas la leur. Ce sont les conquérants merina qui ont appris le malgache, et non pas l'inverse ; on ne peut pas les soupçonner, eux dont l'empire date
d'une soixantaine d'années, d'avoir imposé leur langue dans une grande Ile où tous les indigènes parlaient déjà l'idiome actuel au dix-septiènic siècle.
Au contraire, je crois personnellement que le dialecte sakalava
est plus rapproclié du malais que le dialerte merina. J'ai cité ailleurs bon nombre de faits à l'appui de cette thèse ; tout montre en effet que les conquérants merina, en apprenant cette bxngue élrangère qu'a été pour eux le malgache, lui ont fait subir des modilicalions qui réloignent du type malais.
Au point de vue antiiropologique, il n'a jamais été fail, que je sache, d'étude vraiment scientifique sur les Merina ; un très petit
nombre de crânes ont été mesurés et ces mesures ne concordent pas toujours (1); aussi bien cette étude serait très délicate, car les Merina sont manifestement très métissés ; môme dans la caste noble, il y a bien des peaux noires. D'après Prichard, qui a^vu à Londres les ambassadeurs de 1885, « cette race aurait une physionomie spéciale très éloignée du type chinois et par conséquent malais ».
La plupart des anthropologistes adoptent pourtant des conclusions différentes ; et tous les Européens ont en face de certains visages merina Y impression qu'ils se rattachent au type classique deTExtrôme Orient. D'après M. Grandidier, les Merina « appartiennent évidemment au grand tronc mongolique... Des yeux allongés et bridés, des pommettes saillantes, des cheveux raidcs et lisses, un teint jaune et cuivré ne permettent pas d'élever le moindre doute (2) ». En somme, beaucoup de Merina ressemblent à des Malais; ce n'est pas contestable; seulement c'est une simple impression.
Encore est- elle en contradiction avec un fait physiologique incontestable, les Merina résistent très mal au paludisme; les Malais d'Indonésie se sont acclimatés dans une des régions le^ plus fiévreuses du globe.
Tels sont les faits : autorisent-ils sur l'origine des Merina des conclusions aussi positives que celles qu'on tire habituellement? En faveur de leur origine malaise, il n'y a qu'une impression de ressemblance. Je crois que les partisans de cette hypothèse font inconsciemment le syllogisme suivant : Les Merina parlent malayopolynésien, ils ressemblent aux Malais, donc ils sont Malais. On oublie que la première prémisse, examinée de près, ne tient pas debout puisque le malayo-polynésien est à Madagascar antérieur aux Merina.
(1) Cf. Slbroo. Gréai african Island, p. 103. Il y est question de mesures faites par le D' Carter Blako, qui tendraient à prouver une origine africaine.
(2) Bullelin de la Société de géographie y avril 1872, p. in9.
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racp meriiin par un raùlisHnjïi! d'ôlOnicnts iirabos ou liltido-arabes et malgnches (1). Cotte théorie n'est peiit-ôtrc pas si absurde
j) ^..i., i, ii.|i- us.
qu'on doive la rejeter à priori. Elle expliquerait Tétonnante analogie de la conquête et des institutions merina avec la conquête et les institutions zafy-ramini. Jusqu'à plus ample informé, il serait peut-être sage de n'être pas trop aiïirmatif ; les Merina sont des étrangers à Madagascar, venus d'un point indéterminé de l'Asie (1).
Le milieu. — Je ne vois pas d'ailleurs que, même en admettant prouvée leur origine malaise, on explique suffisamment leur extraordinaire fortune : il reste à savoir pourquoi les autres conquérants de race asiatique et supérieure, les Zafy-Ibrahim, les Zafy- Hamini n'ont pas eu la même chance. Pourquoi ces mêmes institutions communes aux conquérants zafy-ramini et merina ont-elles dégénéré chez les uns pendant qu'elles évoluaient chez les autres? C'est assurément qu'ils ont vécu dans un milieu climatérique différent, dont l'influence sur la race a été abâtardissante ici et conservatrice là.
A consulter les vieux auteurs européens qui ont connu au dix-septième siècle les Zafy-Ramini, Zafy-Ibrahim et autres descendants de conquérants étrangers, on mesure l'importance des changements que deux ou trois siècles ont apportés dans leur apparence extérieure.
En 1613, le Père Luiz Mariano, traduit et résumé par M. Grandidier, écrit à propos des Andriana de Fort-Dauphin: « La couleur de leur peau rappelle celle des Indiens, des Arabes et des Javanais. Il est étonnant que, n'ayant aucun commerce avec les Mores du dehors, ils aient conservé leur race à peu près pure (2). »
Flacourt est très circonstancié : a dans cette province » (l'Anosy) « il y a deux sortes de genres d'hommes, sçavoir : les Blancs
(1) II y aura probablement lieu de retoucher cet alinéa après la publication imminente (le l'ouvrage de M. Grandidier. 11 considère les arguments tirés de la mensuration des crânes comme irrc^fu tables, et affirme que les .Andriana Merina sont des conquérants javanais. Après examen de ces arguments, il y aura peut-être lieu de se ranger à son avis.
et les Noirs (1) »... a Les Blancs de Matatane » (Mati-tanana, Antaimoro actuels) a qui sont Zafféramini ont esté ravaliez par les Zaffecasimambou, qui sont Blancs aussi » : quoique plus a bazanez (2) ». Les Zaffecasimambou sont les immigrants Talaotse. Chez les Be-tsi-misaraka, alias Zafy-lbrahim, Flacourt a vu a des hommes, femmes et enfants bien plus Blancs que vers les M atatanes(3) ». Par ouï-dire il met des Blancs à Vohémar (4). D'ailleurs à chaque instant il se sert de cette expression « les Blancs », pour désigner les descendants des Arabes. Qu'entend-il exactement par là ? Entre les pages 46 et 47 sont insérées deux gravures représentant Tune des échantillons de Blancs et l'autre de Noirs. Ces gravures ont vraisemblablement été faites en France par un dessinateur inspiré de Fart grec et elles méritent beaucoup moins de confiance qu'une photographie ; les Blancs sont de petits Apollons à perruques. Il est vraisemblable pourtant que Flacourt n'a pas trouvé le dessin inexact puisqu'il Ta inséré dans son livre. Au reste, voici comment il décrit l'apparence extérieure des Andriana: « Ils ont tous la peau rouge et les cheveux longs, point ou peu frizez (5) ». Le mot de blancs ne doit donc pas être pris à la lettre, il s'agit de métis au teint clair, jaune, et nous voilà ramonés aux « Mores » du P. Luiz Mariano, qui ressemblaient à des a Indiens » (ou plutôt Hindous ?) et à des « Javanais )).
rjrury qui les a vus cinquante ans après Flacourt, donne la même note. En parlant d'un roi antanosy qu'il appelle Tuleynore (G), Drurv nous dit qu'il était « blanchâtre (7) ».
Ailleurs nous apprenons que le père du roi Antandroy
(0) Le nom de pays est probablement pris pour le nom du roi. Taolanary est le nom indi^'ènc de Fort-Dauphin.
(7) A wUish man, p. 105.
« Crindo? » était « de couleur cuivrée (1) ». Le roi du Menabe, fils et successeur de Lahi-fotsy (dont le nom signifie Thomme blanc) « était plutôt tanné comme un Indien que noir (2) ». Son fils « Rermoume-is not black but of a copper colour (3) ». Dans le récit de Drury, nous voyons T Européen jouir des privilèges sociaux des Andriana pour la seule raison qu'il est blanc. Drury luimême, Thôte et un peu Tesclaye d'un roi Anlandroy, parut ce de naissance assez honorable pour être élevé à la dignité de boucher », c'est-à-dire qu'il eut le droit, strictement réservé aux Andriana, de couper la gorge aux bêtes. C'était aussi un privilège de la première caste de manger à part ; il en est de même encore dans certaines parties de l'île, a Les Zafi-manelo Bara mangent portes closes (4). » Or Drury nous dit que les Andraivola, famille royale du Fiherenga, a mangent avec les blancs, et les considèrent comme membres de leur famille (5) ». Dans un coin perdu de l'Androy, Drury escroque des cadeaux à de naïfs indigènes en se faisant passer pour un prince royal, grùce à la couleur de sa peau (6). Il avait été fort maltraité par les Antandroy, qui l'avaient même réduit en esclavage; un roi sakalava, qui plus tard le prit sous sa protection, s'écrie : a A-t-on jamais vu un blanc esclave... sauf chez des brutes comme ces sauvages de l'Androy! (7) » Ce qui signifie, je crois, qu'il est absurde de placer dans la dernière caste un homme qui par sa couleur, par sa race, appartient nécessairement à la première. Tout cela en somme explique l'existence dans la langue malgache actuelle de ces deux expressions corrélatives, olom-potsy, olo-mairity (lilt. homme blanc et homme noir), qui dans l'usage courant ont tout à
{\)L. 6'., p. 'lit),
(0) P. 1% ot s.
MAPAGASCAK. 2^
f;iil [Kirdu lear sens littéral pour siguifier homme libre^ et esclave (ou du moins homme de caste inférieure).
Tout c^^la nous renseigne sur un état de choses dispara complètement. Les descendants des rois sakalava que Drury a connus cuivrés sont aujourd'hui du plus beau noir^ comme les petits fils des tf roandrîans » d'Anosy. Toute cette population assez nombreuse de gens à teint clair, qu'ont vue Luiz Mariano et Flacourt ne se retrouve plus : il ne viendrait certainement pas à ridée d'un voyageur contemporain de diviser les Antanosy en blancs et en noirs; ils appartiennent tous à cette dernière catégorie. Dans rimoro, au dire d'un missionnaire, les indigènes des premières castes ont « des caractères distinctifs très accusés ». Mais un autre, Sibree, n'a pu voir « aucune différence entre les castes et la masse du peuple (1) ». Quant aux Be-tsimisaraka, je ne crois pas qu'on ait jamais signalé chez- eux, de nos jours, la moindre trace apparente de sang sémite. Ils sont au nombre des tribus les plus noires qui soient.
Sur deux points cependant quelques héritiers des a blancs » do Flacourt ont survécu. Durand décrit ainsi la sous-tribu tanala des Zafi-maniry : « les cheveux lisses et fins... dans certains villages... les hommes et les femmes sont presque blancs, avec des yeux gris, bleus (2) ou marrons. Au village d'Am-bodi-hara, par exemple (route do Fianarantsoaj on se croirait dans un camp de blancs ». C'est aussi (juc « les Zafi-maniry habitent la forêt h 1.500 ou l.()00 mc'tres d'altituile... ceux qui descendent au marché d'Ambohi-manga le mercredi y restent juste le temps (le se débarrasser de leurs produits et repartent le jeudi matin. Si pour une raison quelconque ils sont retenus, il y a bien des chances pour (ju'ils soient impaludés le samedi suivant (3) ».
fl) (hrni nfrinin hlaml p. 107 rt lOS.
(2) Ha-iiiauirak.i, Aiidriaiia Mcriiia. «luiil la pliolof:raj»lii<' <'St (lonn<V ci-dessus, a la pniin'lle ltl«'iu' sur le pourtour d«' l'iris. [W) A'o/rs d /':.ij,lor/itions,'M urtohiv [X'M. p. l Jf .<*►-( ;7. «</., [). 1-281.
On dit aussi que parmi les Mahafaly les teints clairs sont assez fréquents : on sait que, sous le climat quasi désertique de la côte sud-ouest, le paludisme est à peu près inconnu.
En somme dans tout le domaine des Zafy-Ibrahim, des Zafi- Ramini, des Antaimoro, des conquérants sakalava, les indigènes à peaux claires et à cheveux lisses dont la présence au dix-septième siècle ne peut pas être mise en doute ont disparu progressivement, sauf sur un point ou deux où les conditions climatériques étaient favorables. Ils ont été éliminés par le paludisme, et ils ont emporté avec eux l'aptitude à la civilisation des races supérieures.
En Imerina, la partie la plus saine de toute Tîle, c'est le phénomène inverse qui s'est produit.
Comme individu, le Merina que les circonstances forcent de vivre dans les plaines basses, chaudes et humides, s'il n'y meurt pas, en revient les yeux caves, ravagé de paludisme, avec la grosse rate qu'ils appellent l'œuf de la fièvre. A Suberbieville, où des médecins européens ont eu pendant des années des patients sakalava et merina, le IV Lacaze n'a jamais vu un Sakalavo impaludé ni un Merina qui ne le fût pas. Les compagnies de tirailleurs recrutées en Imerina et qu'on a envoyées à la côte ont fondu, tandis que les compagnies de tirailleurs sakalava ne perdaient pas un homme. Des autopsies de Merina morts à la côte ont révélé dans l'organisme d'effroyables ravages paludéens. C'est un axiome à Madagascar que le Merina s'impalude autant que l'Européen.
Voilà pour l'individu; si on considère la race, c'est-à-dire des familles transportées à la côte et s'y fixant pendant des générations, l'acclimatement se fait par une transformation radicale du type; l'élément à teint clair est éliminé; c'est le type noir qui reprend le dessus, c'est-à-dire que les enfants de cette race métisse ont chance de survie dans la mesure où ils se rapprochent du type nègre.
Mora-manga, TAnkay, est à ce point de vue un bon champ d'observations. Les Merina s y déversent en grand nombre et sV sont toujours déversés; les indigènes eux-mêmes, les Be-zanozano, se donnent pour des métis de Merina et de Be-tsi-misaraka; leurs traditions sont positives là-dessus : dans leur apparence extérieure pourtant ils n'ont rien du Merina, c'est aux noirs Be-tsi-misaraka qu'ils ressemblent.
Des constatations analogues se font à Touest. Sur la route de Majunga à Tananarive les indigènes très peu nombreux d'ailleurs de Kinajy, d'Ampotaka, d'Andriba, ont déjà le faciès des Sakalava; ils sont pourtant presque tous descendants de colons merina établis depuis moins d'un siècle.
En 1862, à la suite de l'insurrection qu'amena l'assassinat de Radama II, beaucoup de Merina émigrèrent vers l'ouest; leurs descendants vivent aujourd'hui au Bctsirisy, et sur le haut Manambaho, sous le nom de Be-mihimpa (les éparpillés). Quarante ans à peine se sont écoulés et déjà ces fils de Merina sont à peine reconnaissables. Un certain nombre conservent encore une peau de ton clair, mais la chevelure tourne au crépu; ils acquièrent la taille, la carrure et les muscles des Sakalava, les formes grêles du Merina s'épaississent.
Les Merina à teint clair sont un produit animal aussi localisé, aussi incapable de prospérer hors de sa zone, que certains végétaux comme le baobab et le latanier à la côte ouest, et que l'euphorbiacée à caoutchouc dans l'extrême sud.