‹ Madagascar et la mission catholiqueChapitre 12 sur 82 · DRE OP ST DE · texte numérisé non relu

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le malade. Le P. Jouen, préfet apostolique de Madagascar, venait heureusement d'en trouver un, le docteur Milhet-Fontarabie ; et celui-ci, ayant besoin d'aides, le P. Jouen et un autre Jésuite sollicitèrent ce rôle. En conséquence, Ranavalona recevait, le 30 octobre 1856, les trois opérateurs.

Grâce à Dieu, l'opération de rhinoplastie réussit à merveille, et d’autres cures, opérées par le docteur Milhet, achevèrent de lui concilier les esprits. Les missionnaires, profitant des bonnes dispositions de Ranavalona, essayèrent de la rendre plus humaine: ils lui conseillèrent de bâtir un hôpital, et s'offrirent à lui procurer un médecin et des sœurs. La reine souriait à ce langage charitable, si nouveau pour elle, si différent de celui que lui avait tenu Ellis; mais dominée par son mauvais génie, le ministre Rainijohary, elle n’en rendait pas moins l’année 1857 la plus sanglante de son horrible règne.

« Je ne saurais mieux comparer l'état actuel du royaume, écrivait le P. Finaz, qu'à notre règne de la Terreur, mais de cette terreur de 93, qui Ôtait jusqu'au courage du désespoir, jusqu'à l’idée de se soustraire à cette terrible situation. On n'ose sortir, de crainte de ne plus rentrer chez soi ; on n'ose rester, parce qu'au moment où l’on s'y attend le moins, on est tiré de sa maison pour être conduit au supplice. » Chaque jour amenait de nouvelles condamnations. La reine jugeait pourtant que l’œuvre de mort marchait trop lentement. Le 12 Mars, elle rassemble ses sujets, les accuse de ne pas assez se dénoncer, et leur

donne un mois pour le faire impunément. Le /anghen

devait être administré aux villages où personne ne se dénoncerait.

Par crainte d’un pire malheur, quatorze cent quarantecinq malheureux s'accusent de crimes imaginaires. Ranavalona n'est pas satisfaite. Elle accorde encore quinze jours de délai. Enfin, le 26 Avril, la sentence est prononcée. Beaucoup d’accusés avaient déjà péri. Deux cent dix-huit voient leurs biens confisqués ; mille deux cent trente-sept sont condamnés aux fers, tandis que cinq mille femmes ou enfants sont réduits en esclavage. Pendant dix jours, les forgerons de Tananarive, réunis sur la place, rivaient les fers de ces infortunés. Quatorze Hova furent aussi brülés vifs, et soixantecinq égorgés. (1) AUNECOUTS ide ces désolations, on apprit le retour de M. Lambert. Tous le reçurent en triomphe : la reine, a:cause .des présents qu'il portait, Rakoto et ses amis, parce qu'ils en attendaient le salut.

Quand ils surent que

FAR l'Empereur les aban-

donnait, leur consternation fut profonde. Mais le prince

et ses partisans se décidèrent alors à agir par eux-

(1). En 1837, sept mille hommes, pris dans un infâme guet-apens, avaient été massacrés par ordre de la reine ; onze mille femmes et vieillards avaient été vendus comme esclaves.

En 1839, nouvelle boucherie, plus horrible encore. Elle dura huit jours. Vingtcinq mille hommes furent égorgés, seize mille réduits en esclavage.

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mêmes. De concert avec les Priants, et avec MM. Lambert et Laborde, Rakoto forme le projet d'écarter . Rainijohary, et d'imposer à la reine une politique plus humaine. Ce coup d'État aurait sans doute réussi pacifiquement, sans l'inexplicable intervention d’un Méthodiste.

Pour être à même de mieux surveiller les actes de M. Lambert, le Rév. Lebrun s'était rendu à Tama- “tave, «et, de là, ayant eu vent des complots des Priants, il leur avait écrit de bien prendre garde à ce qu'ils faisaient. « Vous êtes des protestants, mandait-il ; votre travail n'’aboutira qu'à établir le catholicisme. » Cet avertissement n'ayant rien arrêté, le Rév. Lebrun recourut à la dénonciation. Le 20 Juin, un Elova protestant, ancien chef des écoles méthodistes, se rend chez Rainyohary,. ét lui révelé ‘le complot, en'dle dénaturant. La reine, effrayée, fait traquer les Priants : on met à mort ceux qu’on découvre. Il était dangereux der tuer. aussi les Européens : on les éxile” PUIS

œeénants,

vieille reine Ranavalona, délivrée de témoins g se’ hivre de plus: belle à ses gouts/:de massatres 6e qui n'empêchait pas son cortèse de chanteuses de la suivre dans ses coufses, en chantant derrière elle : Bei 6, 20 Anarane.. Eh\reh ef ique nous avons une bonne reine ! »

Le 16 Août 1861, après une tranquille agonmie, Ranavalona expirait. Elle était âgée de quatre-:ingtquatre ans, et avait régné trente-trois ans. Plus de

deux cent mille Hova avaient péri sous son règne. À sa mort, des affidés de Rainijohary voulaient tuer I: prince royal. On les prévint, et le peuple, par des cris de

joie frénétiques, acclama Rakoto sous le nom de Radama I.

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