CHAPITRE. VI
Luttes et Conquêtes.,
Avant 1868, ni les indigènes de l’intérieur, ni même les habitants des six vaky (provinces) de l’Imerina, ne connaissaient le catholicisme. Il était urgent
de le leur prêcher, avant que le protestantisme les
Église primitive de l'Immaculée-Conception (1872).
eût entièrement conquis. Au mois de septembre 1868, le P. Finaz, le premier apôtre de Tananarive, inaugurait ses missions de campagne.
Autrefois, au temps des incursions et des razzias,
les villages, plus denses et moins nombreux, se per-
chaient, en nids d’aigle, sur les sommets si nombreux dans ce pays tourmenté de l'Imerina. Devenus plus confiants, ils s'étaient disséminés dans les plaines.
Composé de pauvres cases en terre, chacun de ces villages obéit à une double autorité. La première, plutôt nominale, est celle de l'axdriana (noble), seigneur terrien ou Zompomenakely. L'autre, la seule effective, est aux mains du gouverneur nommé par le premier ministre. Ce gouverneur est presque toujours 4ova, roturier ; car c’est un système chez Rainilaiarivony, hova lui-même, de soumettre partout les andriana et les princes, aux hova. A ces deux autorités, presque toujours protestantes, il faut ajouter le prêcheur méthodiste et ses divers subalternes, pour avoir le compte de la garnison officielle qui défendait la foi, légère du reste, du peuple hova.
Le missionnaire catholique entrait dans un de ces villages, et frappait, au hasard, à une porte. Fidèle aux lois de l'hospitalité, le possesseur du logis le cédait immédiatement au nouvel arrivant. Celui-ci suspendait au mur de grandes images, conviait les enfants, organisait des réunions. Sa journée se passait à expliquer le catéchisme, à apprendre des cantiques, à faire du bien. S'il n’était pas médecin, le Père essayait de le devenir, et, Dieu aidant, il guérissait souvent quelques malades. Cela durait un mois, ou deux. Les Malgaches ouvraient les yeux bien grands, en apprenant que la prière catholique ne consiste pas à s’inscrire sur une liste et à se réunir le dimanche, mais à changer de mœurs, à devenir bons et justes. La grâce
leur faisait goûter ces grandes leçons, et peu à peu,