L'UNION CATHOLIQUE
donné d’excellents exemples: Pendant la guerre leur ferveur redoubla. « Qui eût jamais osé espérer, écri- Vait ‘un Maloache, que lès jeunes gens ‘de cette congrégation auraient une telle énergie et une telle
constance ? Leur conduite est digne de tout éloge. »
Et un autre: « Nous croyons que dans l’Imerina il n'y a plus de chrétiens de paille; le feu les a brûlés, mais la plupart sont devenus chrétiens de roche et
d'or : l'extérieur trompeur a disparu. »
L'Union Catholique fut surtout remarquable par sa prudence et son esprit de discipline. La bonne volonté de ses membres ne pouvait empêcher des divergences de vues : elle devait au contraire les provoquer, et, s'ils avaient eu un zèle moins pur, un dévouement moins éclairé, ces jeunes gens n'auraient jamais su sacrifier leurs vues personnelles au triomphe de l'idée commune.
Les divergences éclatèrent à la première réunion. Aussitôt il fut arrêté, comme principe fondamental, qu'on ne changerait rien aux mesures prises par les Pères, et que, tout ce qu'ils faisaient, on essaierait
simplement de le continuer.
Tous les matins à 7 heures, avant les classes, on devait se rendre à l'église, y chanter des cantiques et réciter le chapelet. On y ajouterait, le samedi, les litanies de la Sainte Vierge. Le dimanche, à 8 heures du matin, on lirait les prières de la messe, accompagnées de chants et d’une instruction. Le soir à 3 heures, on chanterait les vêpres, puis on expliquerait le
catéchisme. Pour suppléer à la bénédiction du Saint-
96: MADAGASCAR Sacrement, on se contenterait, le dimanche soir, de chanter des hymmes et des cantiques.
Ce règlement établi à Tananarive, les membres de l'Union Catholique se répandent dans les campagnes de l’Imerina, relevant partout les courages, animant au bien, résistant aux protestants.
L'Union Catholique a laissé le journal de ses assemblées ; nous l’avons sous les yeux. On est frappé d'admiration, en présence de la fidélité dont il est la preuve ; en présence surtout de l'esprit de prévoyance et d'organisation, de charité et de profonde piété dont chacune de ses pages garde le reflet.
Quelques membres avaient émis l’idée d'expliquer
la Sainte Ecriture : « Nous n'avons ni la grâce, ni
la science suffisante pour interprêter l'Ecriture Sainte,
fit observer le Conseil. Contentons-nous d'expliquer la lettre du catéchisme. » Afin même de moins se tromper, 1l fut décidé ‘que les, doutes seraient soumis à
l'examen du Conseil ; que toute erreur commise par un catéchiste serait désavouée à la réunion suivante.
Une si grande bonne volonté devait évidemment attirer ies lumières de l'Esprit Saint.
La pauvreté était un danger pour les catholiques, danger d’autant plus grave, que les bourses méthodistes s’ouvraient complaisantes. Les Missionnaires avaient laissé des ressources légères. Elles furent vite épuisées ; les largesses de Victoire, les sacrifices généreux de tous assurèrent à l’Union Catholique de quoi soutenir les œuvres dispendieuses de la mission.
Les lépreux ne furent pas oubliés par leurs frères
chrétiens. Cent deux malades continuèrent à vivre à