LE TRAITÉ DE
lique. Dernièrement un ministre, (celui de l'instruction publique), m'a blâmé devant mes égaux, les autres tompomenakely, de ce que j'avais retiré mes enfants de l'école des protestants pour te Îles donner, de ce que je viens te visiter souvent, enfin de ce que j'invitais mes parents et les peuplades de mon Menakely à passer chez les catholiques. »
— « Et que lui as-tu répondu? »
—— « Que je ne pouvais désobéir à la reine. Que puisque mon peuple voulait aller à la prière catholique, je devais lui en laisser la liberté. Quant à visiter le Père, est-ce que la reine n'a pas dit à son peuple que tous les blancs sont ses amis ? — Pendant que je parlais, les gouverneurs m'écoutaient, et beaucoup m'approuvaient. Cependant le ministre voulut avoir le dernier mot; il me dit, avant de nous séparer : « Attention, sois prudent à l'avenir, car tu pourrais bien perdre ta place. » — Tu vois, ajoutait le gouverneur, qu'en secret nous devons persécuter les catholiques. Aussi recommande bien au P. Cazet d’obtenir une pleine et vraie liberté pour la prière. Si vous obtenez cette liberté, toutes les églises, dans cette province, seront trop petites pour contenir les fidèles. »
Le vieil Andriana parlait d’or ; malheureusement la liberté religieuse ne fut guère plus garantie, par le traité de 1885, que le droit de propriété. L'article 6 se contentait de renouveler les stipulations du traité de 1868. On sait combien elles étaient insuffisantes.
Toutefois la mission catholique trouvait, à sa renaissance, * une situation améliorée. D'abord les fidèles
avaient lutté; on pouvait davantage compter sur EUX:
Ensuite la présence de nos Résidents français à Tanarive et à Fianarantsoa réprimait, à elle seule, certaines injustices trop criantes. Enfin, un éclat plus grand environnait la mission, par suite de sa constitution eh vicariat apostolique.
Au moment, en effet, où la mission de Mada.
gascar semblait anéantie, Léon XIII qui ne se décourage jamais, nommait le R. P. Cazet, Évêque de Sosuza, et Vicaire apostolique de la Grande Ile. Le 11 octobre 1885, le vaillant Évêque était sacré dans la basilique de Lourdes (1). Le 5 avril suivant, il débarquait à Tamatave, salué par les salves d'honneur de notre escadre. Enfin, le 26 avril 1886, Mer Cazet célébrait
à Tananarive sa première messe pontificale. On était
au jour de Pâques. L'Evêque pouvait donc chanter un
double a//lua, en souvenir de la résurrection du Christ, et en action de grâces pour la résurrection joyeuse dont il était témoin.
(x) Par le cardinal Desprez, archevêque de Toulouse, autrefois premier évêque de la Réunion. L'éminent consécrateur était assisté de Mgr Delannoy, l’évêque dont nous avons mentionné la visite à Tananarive en 1875, et Mgr Duboin, ancien évêque du Sénégal.