‹ Madagascar et la mission catholiqueChapitre 3 sur 82 · A VOL D'OISEAU · texte numérisé non relu

A VOL D'OISEAU

s'épuisaient en luttes inutiles, les Imérines (2) disciplinés, patients, laborieux, rusés, préparaient au pays ses maîtres prochains. Ils ont aujourd'hui pour les Malgaches le mépris que ceux-ci prodiguent aux Makoa.

Aujourd’hui possesseurs officiels de l'île entière, les Imérines l'ont divisée en vingt-deux provinces. En fait, ils ne commandent cependant qu’à l'immense contrée bornée, à l'Ouest, par le 44° degré de longitude, et, au Sud, par le 22° degré de latitude, Une partie du Ménabé, chez les Sakalaves de l'Ouest, leur obéit aussi: le reste est indépendant.

La côte occidentale de Madagascar est habitée par des peuplades guerrières et nomades, impropres aux travaux agricoles, . ennemies jurées des Hova: ce sont les Saka/laves (hommes aux longues tresses). — À lEst, les Befstmisaraka (peuples unis) leur font pendant; mais eux sont doux, sympathiques aux Français, hardis navigateurs.

Le Nord est le pays des Awiakarana (peuples du tonnerre). Leur dernier roi, Tsimiharo, est mort en 1082, après quarante années de règne. En 1840, il avait cédé Nossi-bé à la France et placé ses autres domaines sous notre protectorat.

Les Anlainoro- Antanosy habitent la côte Sud-

Est jusqu'à Fort-Dauphin. Ils sont actifs, robustes,

(2) Le nom Zova que nous donnons à tous les habitants de l'Imerina, ne s'applique proprement qu'à la classe bourgeoise, à ceux qui ne sont ni nobles (andriana),

ni esclaves féorizano). — Les Malgaches appellent les habitants de l’Imerina, Ambaniandro (ceux qui sont ‘sous le ciel). — Dans l'Ouest on les nomme 4#40alambo (chiens-porcs). — Ce nom vient de ce que l'Ouest, dominé par l'in-

luence musulmane, proscrit ces deux animaux que reçoivent les Imérines.

intelligents, relativement honnêtes. La côte Sud-Ouest est gardée par de farouches tribus, notamment celle des Mahaÿfaly.

Les régions centrales, au Nord de l'Imerina, sont occupées par les Anisianaka; au Sud par les Be/sieo plus voisins des montagnes, les Tanalia, hommes des bois, et les Para, brigands de la plaine.

L'évaluation même approximative de la population

indigène est difficile à établir. On peut, semble-t-il,

la porter à quatre ou cinq millions d'habitants, dont

un million de Hova.

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