RENAISSANCE DES ŒUVRES
Résident, au double point de vue humanitaire et chrétien, c'est là une de vos plus belles œuvres. »
En 1804 seulement, la mission pouvait réaliser son désir, en créant, près de Fianarantsoa, une nouvelle léproserie où elle réunissait vingt-trois malades.
Les prisonniers condamnés aux fers étaient, après les lépreux, les malheureux les plus dignes de pitié. La chapelle qui servait à les réunir ayant été brûlée,
:1 fallut les catéchiser en plein air. Tous les jours on prit soin de grouper et d'instruire les autres condam-
nés, abandonnés la plupart de leurs familles, et n’espérant plus qu’en la charité chrétienne.
Mais l'œuvre entre toutes importante, restait l’œuvre des écoles. Pendant la guerre, les protestants avaient travaillé à les anéantir. Ils avaient invité tous les élèves des Frangçais bannis à venir chez eux, puis, invoquant la loi 296, qui interdisait le changement d'école, ils prétendaient garder toujours ceux que la même loi leur commandait plutôt de rendre.
Chez les Betsiléo, où la persécution avait Sévi avec plus d’insolence, les anciens élèves de la Mission avaient été enrôlés de force dans les écoles luthériennes. Au retour des Pères, ces élèves revinrent en foule retrouver leurs anciens maîtres. Beaucoup d'écoles et de réunions dominicales furent ainsi reconstituées en quelques semaines, et un mois et demi après leur retour, les missionnaires comptaient, dans la province, 3000 élèves. C'était trop juste et trop beau. Afin d’arrêter ce mouvement, les Indépendants et les Luthériens, pressèrent alors le gouvernement d'étendre, de sa propre
autorité, au pays betsiléo, la loi 296 qui régissait
seulement l'Imérina; et en vertu de cette loi ils eurent
l'audace de reprendre beaucoup d'élèves catholiques. Citons quelques faits précis, signalés, le 18 février
1887, par Mor Cazet à M. le Résident Général 1. € Dans la province de Fianarantsoa, durant la
première quinzaine de juin 1886, plusieurs de nos
Demeure provisoire
du Résident Général.
élèves sont battus, attachés, et traînés de force au temple protestant par des maîtres d'école indépendants.
« 2. Le jeudi suivant, pendant que 9 élèves catholiques étaient dans notre classe, une bande nombreuse de professeurs indépendants viennent en réclamer un; on refuse de le leur livrer. Alors les protestants se,jettent Sur,ces élèves \èt Sur un de ‘nos anciens maîtres d'école, et les emmènent en poussant des cris sauvages.
« 3. Un de ces élèves se réfugie chez les mission-
naires de Fianarantsoa. Le 21 juin, il va au marché,
en compagnie d'un professeur catholique ; il est aperçu