RENAISSANCE DES ŒUVRES PAT
mailleures familles la liberté de choisir leurs maîtres,
cette fameuse liberté promise par tous les traités. Aussi, l'excellent projet de l'évêque ne put être
réalisé.
Un cours de langue française fut seulement ouvert; dès le mois de mai 1886, cent vingt jeunes gens, de
dix-sept à vingt-huit ans, le suivaient avec assiduité.
Deux ans plus tard, le R.P. Michel, Provincial des Jésuites de Toulouse, visitait la mission de Madagascar ; à son instigation, le collège Saint-Michel était fondé à Ambohipo, en vue de donner à la mission des catéchistes et des instituteurs; il devait aussi former des hommes d'élite, prêts à entrer dans tous les services de l'administration hova (1), et des interprètes
pour les fonctionnaires et commerçants français.
En 1892, le collège Saint-Michel comptait soixante élèves, chiffre que les ressources de la mission ne permettaient pas de dépasser. Les cours duraient quatre ans ; le choix sévère qui présidait à l'admission des élèves, assurait aux maîtres un auditoire intelligent et bien disposé. Aussi, lorsque le Résident de France venait, chaque année, assister à la distribution des prix d'Ambohipo, et présider aux examens publics, il ne savait jamais assez témoigner son contentement.
Au collège Saint-Michel, la langue malgache ne ser-
(x) En 1893, le premier ministre’ faisait demander les noms des anciens élèves d'Ambobhipo. Il voulait choisir parmi eux des employés pour les ministères. Malheureusement des demandes de ce genre etfraient les Malgaches plus qu'elles ne les honorent. Si la reine est contente de quelqu'un, elle le prend à son service, service gratuit, corvée inéluctable. Certains préfèrent l'obscurité à une gloire
si onéreuse.
. . . GRR (2 vat que pour le cours d'instruction religieuse Toute
autre matière était enseignée en français, à l’aide de livres français, et les enfants devaient toujours parler notre langue, même en récréation. Si quelque œuvre a, depuis 1886, naturalisé la France à Madagascar, et mis en contact cordial les Hova et nos représentants, c'est assurément le collège Saint-Michel d'Ambohipo. Un jour, à la suite d’une fête scolaire, le Résident Géné ral disait aux élèves : « Aïmez votre patrie avant tout, mais ayez aussi quelque amour pour la France, l’'amie la plus sincère et la plus désintéressée de Madagascar. Songez que c’est à elle, à la France, que vous devez tout le bien qu'on vous fait dans ce collège. »
Aux applaudissements qui accueillirent ces paroles, le Résident put apprécier quels progrès l’idée fran: çaise avait faits à Ambohipo.
Par habitude d'esprit et par charité, les missionnaires ont toujours ajouté à leurs travaux apostoliques des études qui cs complétaient. Les missionnaires de Madagascar ne devaient pas déroger à cette tradition. La composition de glossaires et de grammaires les avait tout d’abord occupés. Les grammaires des Pères Weber, Aïlloud, Basilide, étaient complétées, en 1887, par la grammaire franco-malgache du P. Caussèque. En 1888:èt 1803; lé P. Malzac achevait lés Déaux dictionnaires commencés, depuis de longues années, par les Pères Callet et Abinal. Le P. Roblet publiait, en 1887, ses grands travaux cartographiques, poursuivis depuis plus de treize ans, au milieu de diff-
cultés inimaginables. Par des contributions à l’histoire