‹ Madagascar et la mission catholiqueChapitre 34 sur 82 · RENAISSANCE DES ŒUVRES · texte numérisé non relu

RENAISSANCE DES ŒUVRES

naturelle, le P. Camboué méritait, en 1886, une médaille de la Société d'acclimatation de Paris, et, en 1891, le prix Savigny de l'Institut. En 1889 enfin, la mission catholique dotait Tananarive d’un superbe observatoire.

Nous ne pouvions mieux faire connaître cette fondation, qu'en citant le rapport, lu à la séance publique de l'Académie des sciences, le 29 décembre 1890, par M. Alfred Grandidier, membre de l'Institut :

« Dès 1880, à ma demande, Mer Cazet avait fait installer, dans la mission, un petit observatoire météorologique, bien rudimentaire, dans lequel ont été faites, jusqu’au jour où les Français ont été expulsés de Madagascar, des observations quotidiennes, sur la chute des pluies, sur la pression de l'air, sur son état hygrométrique et sur sa température.

« Une fois la paix conclue, nos missionnaires, désireux de rendre à la science tous les services en leur pouvoir, eurent l’idée excellente d’avoir, non plus seulement un observatoire météorologique muni d’instruments perfectionnés, mais encore un observatoire astronomique ; et, dans ce but, ils ont construit, à une petite distance à l'est de Tananarive, au sommet d’une montagne, haute de 1400 m. (Ambohidempona) un bel édifice qui domine tout le pays environnant.

« Ce ne fut qu'après bien des démarches et bien des pourparlers, à la fin d'avril 1889, que Mgr Cazet obtint enfin du gouvernement malgache la concession des terrains nécessaires. Commencé aussitôt, l'édifice, prace.a l'activité et au zèle du Girécteur,, le R. EP: Colin, a été bâti en sept mois, bien que, dans ce

PAEUE MADAGASCAR

pays, on ne dispose, ni de charrettes pour transporter les matériaux, ni de grues pour soulever et mettre en place les gros blocs de granit, sur lesquels ont été construits les murs en briques du bâtiment. LES transports se font tous à dos d'hommes, et c'est par le nombre, que les ouvriers suppléent à l'absence des engins dont nous nous aidons dans nos grands travaux en Europe.

« Le zélé directeur de l'observatoire s'est occupé cette année à en déterminer la longitude, par la méthode des culminations lunaires, et la latitude par un grand nombre de hauteurs. En outre des observations astronomiques ordinaires, il se propose de coopérer à la carte du ciel; et, en effet, les conditions de climat, qui, pendant de longues périodes sont exceptionnellement favorables dans la région centrale de Madagascar, la transparence de l'atmosphère qui y est très grande, lui permettront de rendre, sous ce rapport, de réels services à l'astronomie, d'autant plus

qu'un très petit nombre d'observatoires, dans l’hémi-

sphère austral, a adhéré au programme tracé par le

congrès astronomique.

« À une assez grande distance de l'édifice principal, afin d'éviter l'influence des masses de fer, à été creusé un pavillon pour les études magnétiques. L'observatoire est muni de tous les instruments enregistreurs nécessaires aux observations météorologiques. Outre ce poste central, trois autres stations ont Été fondées, par ordre de Mgr Cazet, et sous la direction du R. P. Colin, à Arivonimamo, à Fianarantsoa et à

Tamatave, stations où sont faites journellement, depuis

RENAISSANCE DES ŒUVRES 115 février 1880, des observations de baromètre, des températures moyennes, maxiium et minimum du psychomètre et de la chute des pluies. Toutes les observations de l'année 1889 ont été discutées avec Soin, et publiées par le R. P. Colin. »

A la suite de ce rapport, le prix Jérôme Ponti

était décerné au P. Colin.

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