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Er: D'uysagee
CHAPIFRE XIV
Nouvelle guerre et nouvelles ruines.
La religion et l'avenir religieux de Madagascar.
Maigré les difficultés communes à tout apostolat, ou plus spéciales à Madagascar, la mission catholique progressait donc dans la Grande Ile Africaine. Mor Cazet ne demandait qu'une chose : des
hommes, des apôtres, afin de
multiplier ses œuvres et ses
Un Betsiléo
postes.
€ Partout, écrivait-il le 30 décembre 1893, partout nous souffrons de la pénurie d'ouvriers. La Congrégation de la Propagande désire qu’on s'étende, qu’on fasse de nouvelles conquêtes; c'est très bien, nous le désirons aussi, et nous le désirons d'autant plus vivement, que les protestants s’établissent partout. Durant ces derniers mois, les luthériens de Norvège, qui ont trente-huit mille élèves, ont reçu, à eux seuls, seize missionnaires nouveaux. Oui, nous serions heureux d'exaucer tant de suppliques qu'on nous adresse de
tous côtés.
« Je recevais récemment, d'un officier hova, fonctionnaire sur la côte Est, une lettre dont je traduis quelques passages : « Eh quoi! Monseigneur, y a-t-il « donc des limites que ne dépasse pas la Mission « catholigue? Est-ce, que l'Église romaine fait un « choix parmi les hommes, pour en faire ses enfants ? « Est-ce que, sur les montagnes, dans les forêts, près « des fleuves, les habitants ne sont pas plongés dans
« les ténèbres ? Y en aura-t-il qu'on n'ira pas sauver ?
« Ne pourrons-nous pas célébrer les louanges de l'Eternel,
€ chacun dans l'endroit où nous a placés le Créateur ?.… « Pourquoi donc ne regarde-t-on pas Mahamanina, « Ankarana, Vangaindrano, qui, depuis longtemps, « veulent entrer et rester dans le bercaïl de Pierre? « Et cependant, jusqu'ici, on n’a fait que passer près « de nous, sans s'arrêter! Jetez les yeux sur le « le pays; qu'on le visite, qu’on s’y fixe; car il@
« soif de l'Eglise romaine. »
« Ces plaintes sont fondées, mais je ne puis, à mon orand regret, que leur répondre : « Je n'ai personne,» Dans la province de Betafo, j'ai deux missionnaires pour cinquante-cinq postes. Ce que je dis de cètte province, je puis le répéter de celles de l'Imerina,
des Betsiléo, et de la côte Est. »
Absorbés par leurs œuvres diverses, les missionnaires ne prêtaient plus qu'une attention distraite aux bruits de guerre. Ceux-ci pourtant devenaient inquiétants en 1894, et les membres de la mission, présents à Tananarive, se rendaient bien compte des
armements continuels poursuivis par les Hôva, et de