NOUVELLE GUERRE ET NOUVELLES RUINES
la position de plus en plus fausse du Résident français.
Au mois de Septembre 1894, M. Larrouy invitait Mor Cazet à faire descendre à Tamatave les sœurs et les vieillards. L'Évêque ne crut pas devoir démembrer encore sa mission. Mais quand arriva le plénipotentiaire français, M. Le Myre de Vilers, porteur d'instructions précises et formelles du gouvernement de la République, il n'y eut plus à hésiter. Persister dans sa résolution de rester, eût été, non seulement imprudent, mais funeste pour la mission. Il fallut donc consommer le douloureux sacrifice.
Une circonstance augmentait les appréhensions des missionnaires. Victoire Rasoamanarivo, la grande protectrice des catholiques en 1885, était morte, il y avait à peine deux mois. Le 21 août 1894, elle s'était éteinte, suivie dans la mort par la vénération unanime des protestants et des catholiques, des Européens et des Malgaches. La Reine et le Premier Ministre avaient salué son cortège funèbre; tour Tananarive l'avait suivi. Aucune cérémonie, depuis trente ans, n'avait paru plus imposante ; elle était la suprême prédication de celle dont la vie entière proclamait la supériorité divine du catholicisme.
Du 20 au 27 octobre, les missionnaires de l’Imérina évacuèrent Tananarive et descendirent à Tamatave. D'autres groupes, partis de Fianarantsoa s'étaient dirigés vers Mananjary. Mer Cazet écrivait de Tamatave, le 4 novembre 1894 : € Les événements politiques se sont précipités. La rupture, commencée le
20 octobre, était consommée le vendredi suivant 26.
Les Hova n'ont rien voulu céder; aussi tous les fonctionnaires, colons et missionnaires français ont dû quitter leur poste et se rendre sur la côte.
€ Le personnel de la mission de l'Imerina, au nombre de soixante et un membres, est arrivé à Tamatave le 2 novembre. Les PP, Chervalier et Dupuy ont accompagné l’escorte du Résident died pris. route de Majunga.
« Notre voyage s’est effectué dans. de bonnes conditions, grâce aux recommandations du Premier Ministre qui nous avait fait accompagner par des Courriers royaux; nous avons été accueillis en amis dans les villages qui bordent la route de Tananarive à Tamatave.
« Ce qui nous déchire le cœur, cest d'avoir dû abandonner nos chrétiens et nos œuvres; Notre Seigneur l’a permis! L'attitude des catholiques nous a bien Consolés, dans ces moments Suprêmes. Ils sont venus en foule de fort loin, nous faire leurs adieux, et nous promettre de persévérer.
€ Dans chaque paroisse nous avons organisé un comité chargé de veiller au maintien des écoles et des réunions du dimanche. Sur ma demande, le Premier Ministre a désigné trois catholiques : son fils Antoine Radolifera, la femme de celui-ci, ainsi que Marc Rabibisoa, secrétaire et interprète du palais, comme pro-
tecteurs de nos chrétiens, durant notre absence. Le
cher F. Raphaël, des Écoles Chrétiennes, trois Sœurs de
Saint-Joseph, tous quatre Malgaches, sont chargés de veiller sur nos écoles de Ja capitale. De plus, les
observations météorologiques continueront à être faites