‹ Madagascar et la mission catholiqueChapitre 51 sur 82 · LES CONDAMNÉS AU & GADRA-LAVA » (AUX FERS · texte numérisé non relu

LES CONDAMNÉS AU & GADRA-LAVA » (AUX FERS

Voici enfin le jugement porté. Un accusé qui n'est pas mort au fonja, est condamné aux fers pour vol, pour dettes ou pour quelque méfait analogue. Il soupire en sortant du fonja : rien ne sera plus douloureux que la prison préventive.

Sur la grande place du Mahamasina, se trouve un bloc de granit, détaché sans doute du roc qui supperte la ville. C'est la pierre des galériens, l'enclume sur laquelle Îles forgerons rivent les chaînes des condamnés.

Les parents du condamné lui achètent des fers, sinon, lui aussi, sera lié à une colonne, garotté à en mourir. Le vadra-lava, chaîne longue, consiste en un grand collier, d’où descendent deux lourds chaînons. Du dernier chaînon partent deux barres de fer terminées par des anneaux pour les deux chevilles.

Le condamné s'étend sur la pierre aux galériens. Il se couche sur le côté droit; on lui passe le collier ouvert, et, au-dessus de sa tête, un forgeron frappe à grands coups de maillet, afin de fermer une des branches de l’anneau. Le patient se retourne sur le côté gauche; on courbe l’autre branche. Enfin il se couche à plat ventre : et l’on rive à froid les deux bouts du collier.

Le bruit du marteau suffirait à étourdir le prisonnier; la moindre maladresse du forgeron, une déviation de quelques centimètres réduirait en bouillie la tête de sa victime. Aussi suit-on la sinistre opération avec angoisse.

L'anneau du cou rivé, l’on ferme et l’on rive pareille-

ment les deux anneaux des pieds.

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ANANARIVE (Palais de Justice).

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