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LE BAIN ET LE SAMPA F

nonce un discours au nom du peuple et de l'armée, La Reine y répond brièvement : « Peuple aimé ! Je vous remercie des bonnes paroles que vous venez de prononcer. Je compte sur vous pour tout ce qui regarde le Royaume! Vivez! que Dieu vous protège! »

Sur ces paroles la séance est levée, et une nou-

velle année commence.

Palais du Tranovola et de Manjaka-Miadana (Phot. du P. Colin)

Le premier jour de l’année est celui de l’immola-

tion. des -bœufs: C'est le seul ‘our dela :sémaine où on les puisse tuer; aussi Tananarive assiste-t-il à un

véritable massacre. Chaque famille tue au moins un bœuf. Chacun doit manger des restes conservés depuis le dernier fandroana, et, à la première bouchée,

il s'écrie: « Samba! Samba! Andriamanitra Andria-

manahary/ Bénédiction, bénédiction, à Dieu créateur; arivo tlratra ny laona! puissiez-vous atteindre mille ans! »

A tous les parents ou amis il faut envoyer un morceau de viande fraîche. On l'appelle vo/onkena milam pihavana, morceau de viande qui consolide l'amitié. Aussi les rues sont-elles sillonnées d'esclaves chargés de ces présents assez répugnants. Ne pas envoyer ce 7aka, (étrennes), serait une incivilité de premier ordre. Au morceau de viande on ajoute un

morceau de piastre.

Enfin, un festin d'enfants couronne et termine les

fêtes du Fandroana. Ils se rendent tous au Mahamasina, allument des feux, font cuire eux aussi leurs morceaux de viande, puis dansent et festoyent en liberté jus-

qu'au soir.

Les visites et les invitations durent environ un mois. La Reine clôt cette période joyeuse en allant à Ambohimanga, vénérer la tombe de ses ancêtres; après avoir prié quelques minutes, et mangé un peu de viande, elle offre aux aïeux le sang d'un bœuf

immolé le lendemain du bain.

Les chapelains du palais ont saupoudré de prières méthodistes les diverses cérémonies du fandroana. Ils n'ont pu en déguiser la signification primitive et païenne; ils n'ont pu en relever le côté repoussant. Cette tuerie de bœufs, ces maisons transformées en étalages de bouchers, sentent très fort leur sauvage. Quelques-unes des fêtes qui servent d’entr'actes à ces

exécutions sont encore moins dignes d’éloges. Quand

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