UT PORTEURS DE PAQUETS
Quelques porteurs de paquets sont esclaves; la plupart cependant sont libres. Chacun porte d'ordinaire quarante kilogrammes. S'ils doivent aller avec Île filanjana, ils n’en acceptent guère que vingt à vingt-cinq. Plus chargés, ils ne pourraient suivre le trot rapide des borizano, et le vazaha se verrait alors privé de son linge, de sa cuisine et de ses provisions. Un paquet volumineux, ‘une malle par exemple, exige deux porteurs.
Au lieu d'un gros paquet, les porteurs préfèrent deux paquets plus petits, assujettis aux deux extrémités d'un long bambou bien lisse. Les deux extrémités du bambou sont fermées par des tampons, l'intérieur sert de magasin à riz, à tabac. Les porteurs ont avec eux une petite calebasse remplie de suif; ils s'en servent pour graisser leurs épaules nues. Chaque épaule est garnie d’une loupe causée par le frottement du ao; cette loupe est souvent saignante,
la chair est vive.
Reyno ne Sas
Porteurs de paquets traversant le ruisseau d'Ambatomalama
(Phot. üu P. Colin.)