‹ Madagascar et la mission catholiqueChapitre 6 sur 82 · LES LAZARISTES · texte numérisé non relu

LES LAZARISTES

réparer ce triste échec. Faute de mieux cependant, et

afin de maintenir nos droits devant l'Europe, un arrêt

du conseil en 1686, et des édits royaux en l20 60:1%22,

déclaraient Madagascar réunie à la couronne de France.

PANORAMA DE Saint-Denis.

Au xvur° siècle, les Betsimisaraka avaient constitué une monarchie puissante, grâce à leur chef Ratsimalako. Ce roi lègue aux Français, en 1750, l’île Sainte-Marie : sa tille, ia reine Béty, épouse le caporal français Labigorne ; et le prince époux organise aussitôt un trafic très avantageux avec les deux îles de Bourbon et de France. Peu après, un aventurier polenais au service de la France, Beniowski, gagne si bien le cœur des chefs Betsimisaraka, qu'ils l’élisent Amnpanjakabé, grand roi de leur nation. Beniowski nous aurait fait profiter de son influence, si la jalousie des colons de l'île de

France n'avait entravé ses projets. Il s’offrit à divers

wouvernements européens ; aucun n'ayant voulu le seconder, il résolut de travailler pour son compte ; mais cette résolution envenima les anciennes querelles avec les agents français, et, en 1786, l'infortuné Beniowski tombait sous leurs balles.

L'évangélisation n'avait point gagné à ces crises violentes. Aussi, durant tout le xvim° siècle, en voiton peu de traces. Des îles voisines, confiées à leurs soins, les Lazaristes veillaient cependant sur Mada-

gascar, guettant l'occasion d'y rentrer. De loin en

; ; à x { ; loin, un missionnaire partait, et, après quelques mois

de séjour sur la grande terre, reve-

nait à l’île de France, mourir de

fièvre ou de poison. Louis XVI

essaya en vain de relever la mission catholique. Les compagnons de te one Beniowski, tous assez mauvais su-

de Madagascar. jets, songeaient plus à faire des esclaves que des chrétiens ; si bien qu’un missionnaire écrivait au ministre de la Marine : « Quant à la religion je n'y vois qu'un obstacle: l'inconduite de nos Français. »

Le clergé de Bourbon voulait, en 1832, reprendre les projets apostoliques, ruinés par la tourmente révolutionnaire. Il lui semblait, avec raison, que la terre malgache avait trop bu de sang français, pour que la foi n'y fleurit pas un jour. Il ignorait que, sur les plateaux de l'Imerina, où le courage de nos prêtres n'avaient pu pénétrer, régnaient deux puissances main-

tenant coalisées : l'ambition hova et l’hérésie méthodiste.

CHAPTCRE IH

Radama I (1815-1828).

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