‹ Madagascar et la mission catholiqueChapitre 7 sur 82 · CÔTE OUEST · texte numérisé non relu

CÔTE OUEST

A deux lieues de Tananarivo s'élève, près d'un petit lac, Île côteau et le village de Merimanjaka, berceau de lamonarchie hova.

La reine Rafohy y mourut vers la

moitié du XVI siècle. Il était ré-

servé à son treizième successeur,

Rd ne à la fin du siècle dernier, de réaliser, au profit de la race, les projets de conquêtes, rêvés par les rois ses aïeux.

Adrianampoinimerina, (le roi du centre de l’Imerina), roi d'Ambohimanga, mourait en 1810, déjà maître du pays des Bétsileo et des Antsianaka. Il laissait à son fils Radama le soin de parfaire l'unité Malgache. Pour y réussir, Radama avait besoin d’auxihaires.

Or, l'Angleterre, à laquelle le traité de Paris, (1814), cédait l’île de France (Maurice) et ses dépendances, jetait précisément son dévolu sur Madagascar.

Sir Robert Farquhar essaya d’abord de l'escamoter

diplomatiquement, en la réclamant comme une dépen-

dance de Maurice. Ce tour hardi ayant été déjoué,

Farquhar voulut du moins nous empêcher de garder

ce qu'il n'avait pu prendre. Nos titres de possession lui eussent paru très bons, si nous les lui avions cédés ; entre nos mains ils perdaient toute valeur. Pratiquement du moins, l'Angleterre n’en tint plus aucun compte. Elle était résolue d'obtenir Madagascar de Radama lui-même.

La France aurait dü prendre alors ‘un parti, et s'y tenir. Lancer les Malgaches contre l’envahisseur Hova, ce qui était facile ; l’attaquer elle-même, ce qui état, plus franc; l'acheter à prix d'or ‘et. en. reconnaissant ses droits sur l’île entière, ce qui équivalait à rétier. les nôtres, et semblait du reste peu fiér./La Restauration, trop occupée ailleurs, et à court d'argent, he: sarréta, à aucun. de ces. parus. (1). L'Angletèrre choisit le dernier. Ainsi, tandis que les Hova envahisseurs écrasaient impunément nos alliés, que Radama poussait l’insolence jusqu’à enjoindre à nos vaisseaux de s'éloigner, de Madagascar, et jusqu'à chasser de Fort-Dauphin les Français qui le gardaient, Farquhar devenait l'intime allié du roi Hova. Trop habile pour envoyer, comme nous l’avions fait, des soldats et des colons mourir de fièvre sur les côtes, il faisait ouvrir à ses envoyés les portes mêmes de Tananarive. Chardénauk en 10710, Lesage en 1817, /V. étaient FéCus avec honneur. Les deux frères du roi, Marotañfika et Rahova, appelés à Maurice, étaient élevés aux frais

de l'Angleterre. Le sergent Hastie les reconduisait

(1) La Restauration allait ajouter à la conquête de l'Algérie, celle de Madagascar, lorsque la révolution de juillet éclata.

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