‹ Madagascar et la mission catholiqueChapitre 60 sur 82 · LES ESCLAVES · texte numérisé non relu

LES ESCLAVES

Avant 1886, la traite s'exerçait entre Madagascar et l'île de la Réunion. L'île de Nosi-vey, sur la côte sud-ouest, près de la baie de Saint-Augustin, était le point d'embarquement. Les Sakalaves vendaient aux traitants des esclaves. Ceux:ci les menaient à la Réunion, : à la condition qu'ils y travailleraient cinq ans. Un refus les eût rejetés entre les mains des Sakalaves ils acceptaient. M. Le Myre de Vilers a interdit ce mode de racolage. Les ministres de la marine et

des affaires étrangères ont confirmé cette prohibition.

Les Arabes de Zanzibar ou de Mozambique continuent donc seuls la traite. Ils exportent, par an, un millier d'esclaves, pris en pays sakalave ou expédiés de l’Imerina et des provinces betsiléo. Les boutres arabes contiennent au moins une centaine d'esclaves ; la surveillance insignifiante exercée sur le canal, leur permet d’élu-

der toutes les poursuites.

La France évidemment devra réprimer les razzias de l'intérieur, et les captures des Arabes des côtes; elle devra aussi régulariser et faciliter les conditions d’affranchissement individuel; pour le moment, ce sera sans doute tout son rôle. « Quant à supprimer brutalement l'esclavage, dirons-nous avec M. Martineau (1), nous croyons sincèrement que ce serait une mauvaise opération. Elle jetterait, sans profit pour personne, le trouble le plus complet dans l'état économique et social de Madagascar... Si l'on veut faire une œuvre inhumaine

et maladroite, … il faut supprimer l'esclavage d’un trait

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(1) Madagascar en 1994, p. 411.

de plume. Si l'on veut, au contraire concilier les devoirs de l'humanité et les droits de la propriété privée, et ne point créer, dans la même population, tout à la fois la

misère et l'inimitié des races, il faut préparer l’émanci-

pation des esclaves par une évolution raisonnée, »

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