‹ Madagascar et la mission catholiqueChapitre 64 sur 82 · TIENNE ARE EN NEA ENT ERREUR NP DELAI SPENEREE REPRISE PARA · texte numérisé non relu

TIENNE ARE EN NEA ENT ERREUR NP DELAI SPENEREE REPRISE PARA

qui conseille d’avoir confiance en /esosy-Æraïstÿ; et, le soir, on court immoler des victimes dans l’antre infect et et sur la pierre bossue de Rabefaravola. Quel christianisme ! (1)

« Je vous entends me dire : « Mais ces évanjelistras, » ces maîtres d'école, sont les élèves des méthodistes ; » ils les ont formés; ils ont, sans doute, droit d'inspection » sur eux: à eux donc remonte la responsabilité de ces » turpitudes. »

« Vous pourriez ici vous tromper, Surtout Si vous voulez leur faire porter toute la responsabilité de cet état de choses. Sans doute, ces gens-là sont les élères des méthodistes ; mais les missionnaires n'ont guère d’autorité sur eux, et la surveillance qu'ils exercent est presque nulle, à ce que je vois. C’est l'éghse du palais, qui donne aux évanjelistras leur diplôme, leur fixe leur juridiction, et les paie en partie, au moins certains d’entre: eux. Quant aux maîtres d'école, ils relèvent de l'évanjelistra et sont payés par les parents de leurs élèves. Un ancien collègue des missionnaires de la société de Londres, le Quaker Street, écrivait dès 1877 : « L'église du palais, » avec ses émissaires à demi payés, ses évanjelistras, » s’immisce partout. Aucune liberté n’est laissée au mis- » sionnaire ; s'il n’est pas souple, son auditoire se dis- » perse, selon le bon plaisir de l’envoyé de l'église du

» palais. »

« L'envoyé du palais est donc le vrai maitre du

(x) Pour mon Rainiwilson, il joint aujourd’hui les fonctions d’évarijelistra avec celles d’officier de l’armée du Salut. Tous les mardis, jours de marché, il déploie

un drapeau et pérore au milieu du brouhaha de la foire,

peuple. Les missionnaires méthodistes n'ont qu'une autorité morale et médiate.

€ Aussi la direction des écoles est passée de leurs

mains à celles des évanjelistras et autres employés du

gouvernement. Ceux-ci, hélas ! ne font que trop souvent cause commune avec le peuple encore païen. A Antoby, par exemple, gros village où réside aussi un évanjelistra, le gouverneur faisait faire dernièrement au Sampy, dans sa propre maison, un sacrifice solennel : et des étrangers pouvaient y assister sans qu'on les remarquât au milieu de la foule. Le gouverneur de Soavinarivo, autre gros village, à fait établir un Zac sacré pour servir de résidence au vazmba dont le village a gardé le culte. J'ai découvert dans un #asorvoho (inspecteur des écoles) d'Ambohitraza, le grandprêtre et le gardien de l'idole locale. Dans un village voisin, Ambobhitra, le gardien de lidole reçoit des habitants une redevance annuelle, en argent ou en nature, à la condition de préserver leurs champs de la grêle. À Ambohimitsanzana, dans l’ouest, le gardien de lidole Aavololonx est, en sus de la redevance, dispensé de toute corvée. Ailleurs, c'est toute la population d'Ambobhitrerona qui s’en va, musique en tête, passer la première nuit du mois a/akaosy, mois sacré, dans une certaine forêt, pour y renouveler ses provisions de sampy et d'amulettes. Je n’en finirais pas si, tout vazaha que je suis, étranger au milieu de ce peuple, qui se cache de moi comme d'un ennemi, je voulais raconter tout ce que mes yeux voient chaque jour en fait de pratiques idolâtriques. Les Jady (absti-

nences), qui faisaient partie du culte de toutes les

Pal

*OJEUOquY ,P 22198S O1IOId EJ IS FI] PUOJEALUEY OUTOY UT

idoles, sont encore religieusement gardés par la grande masse du peuple. À peine a-t-on quitté les environs immédiats de Tananarive, pendant la saison du riz, par un temps d'orage, qu'on voit s'élever de tous côtés la fumée des sacrifices pour conjurer la pluie, la et la grêle. À Tananarive même, au bas des rochers que couronne le palais de la reine, se trouve encore une pierre fameuse, la Pierre aux chiffons : à en juger par le nombre des morceaux d'étoffle qui la recouvrent, le zèle de ses dévots n’est guère refroidi.

€ Un officier hova, interrogé un jour par un vazaha s'il y avait beaucoup de gens à Tananarive qui eussent renoncé aux anciennes supérstitions, lui avoua, après réflexion, qu'il n'y en avait peut-être pas trois.

« Mais ils sont donc encore tous païens, me direzvous ? Non, pas tous : un certain nombre de Hova, soit catholiques, soit protestants, ont renoncé de cœur au paganisme. Ils vont même parfois jusqu’à renverser et détruire les objets idolâtriques encore vénérés de

leurs compatriotes, maloré les haines qu’une telle P ) £

audace ne peut manquer de leur attirer. Mais c’est le

petit nombre. La masse du peuple est encore païenne de cœur, et païenne pratiquante dès que l’occasion se présente.

« Les méthodistes l'ont écrit il y a dix ans : « Enlevez les missionnaires ; et bientôt, au moins dans les campagnes, on se hâterait de revenir aux coutumes des ancêtres (1).

Page 1