LA CONSTRUCTION DE L'OBSERVATOIRE
Au mois de juin 1889, les ouvriers creusaient les fondations de l'Observatoire; çà et là, ils trouvaient des débris de poterie ancienne et des tombeaux contenant plusieurs squelettes humains. Au témoignage d'un médecin français, les ossements, assez bien conservés, remontaient à cent trente ou cent cinquante ans. Plus
loin, sous la future porte, l’on découvrait le tombeau
d’un homme qui avait dû être adonné à la sorcel-
lerie; toute méprise à cet égard parrissait impossible.
Tandis que, d’après un usage immémorial, le corps du
L'OBSERVATOIRE D'AMBOHIDEMPONA QU
Malgache couché dans sa sépulture, a la tête tournée
vers l'orient, le sorcier, en signe de mépris, est
enterré dans la direction du sud-nord. Les oreilles et
la bouche du squelette contenaient des fragments
d'argent; malgré cet appât, bien capable de tenter la
convoitise, pas un ouvrier n'osa y porter les mains,
par crainte de la malédiction du sorcier.
Lorsque l’on construisit l'édifice, les matériaux tels que pierres de taille, moellons de granit, briques, argile délayée qui servait de mortier, furent portés à dos d'homme. Presque pas d’échafaudages; insouciant du danger, et par tempérament peu exposé au
vertige, l’ouvrier malgache trouve bien plus simple de
monter sur la muraille qu'il élève; accroupi sur cet
étroit piédestal, dans une position plus que gênante, il y travaille tout à son aise.
L'Observatoire, bâti d’après les plans de M. Lequeux, architecte de Paris, se compose d’un octogone central de 8 mètres de diamètre; à la corniche supérieure du premier étage, la muraille, d’octogonale devient circulaire ; au-dessus s’élève la grande coupole, surmontée d'une boule d’un mètre de diamètre, qui sert de point géodésique et de signal pour l'heure. Sur trois côtés de l’octogone, sont adossés des pavillons flanqués de tours. Vu.de l'est, :Fédifice a là forme d'un. T dont à branche supérieure, orièntée de aofd, 4 sud paf un relèvement astronomique, forme la façade tournée vers la capitale. Les vents du nord soufflant rarement dans ces régions, nous avons placé les anémomètres au-dessus de la coupole sud. La tour du nord sera occupée par une lunette photographique solaire. Le long dela
balustrade qui surmonte les pavillons de la façade se trouvent les héliographes brûleur et photographique, les actinomètres et actinographe. Les psychromètre, évaporomètre et autres instruments sont enfermés à clef dans un cadre entouré d’un treillis métallique, sous un abri spécial, moins exposé à la rapacité des voleurs
et à la curiosité des visiteurs.
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