‹ Madagascar et la mission catholiqueChapitre 9 sur 82 · RADAMA I · texte numérisé non relu

RADAMA I

Il ne leur restait plus qu’à concentrer leurs efforts sur Nossi-bé et les petites îles du Nord-Ouest.

Mayotte était le poste le plus difficile. L’hostilité des Arabes et des Malgaches, des malentendus de diverses sortes avaient contraint plusieurs prêtres de fuir cette île. Un des Jésuites qui revenaient de Saint-Augustin s’y établit en 1847. Il resta deux ans sur l'îlot abrupt de Zaozy, aidant les sœurs de l'hôpital à Soigner nos soldats dévorés par la fièvre.

Nossi-bé semblait offrir plus d'espérances que Mayotte : six Jésuites furent chargés de fonder un poste à Tafondro. Tsimandroho, chef de ce village, les accueillit avec bonheur. Lui-même, le dimanche, une clochette à la main, convoquait son peuple pour la messe. « A l’église ! criait-il de sa voix souvent avinée ; ceux qui n'y vont pas sont des empoisonneurs. » Sa bonne volonté et celle de ses sujets se bornaient du reste à ces marques de bienveillance. De Jà à réformer tant soit peu sa vie, il y avait loin. Aussi le seul espoir de la mission reposait-il sur les écoles qui, en 1847, comptaient déjà soixante enfants.

En 1848, une effrayante révolte de Sakalaves ruinait les établissements de Nossi-bé, et un cyclone abattait ce qu’avaient respecté les sauvages. Les deuils s’ajoutaient aux fléaux pour désoler les missionnaires. Le 22 septembre 1847, M. Dalmond, l'héroïque Préfet Apostolique, mourait à Sainte-Marie de Madagascar, avant d’avoir reçu les bulles de Vicaire Apostolique que lui envoyait Pie IX. M. Monnet, appelé à le remplacer, avait été sacré à Paris le $ novembre 1848. Il venait de débarquer à Mayotte, quand la

fièvre l’emporta, le 30 novembre 1840.

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