Ou appelle ain:»i lous les blancs
QUALITâS ET DBFA.UTS DU UOVA 39
qu'ils manœuvrent par la seule force des bras; et avec elle» ils peuvent, non seulement cultiver très bien leurs rizières, mais aussi y conduire l'eau de partout, et faire toutes sortes de terrassements.
J'ai w, au palais de la Reine, de grands vases d'or et d'argent admirablement ciselés. Les lamba malgaches et leurs dentelles en soie, tissés et fabriqués on ne sait trop par quel procédé toutrudimentaire, sont d'un travail achevé, quelquefois d'un dessin remarquable et revêtus des plus vives couleurs. L'architecte de la Résidence de France, M. JuUy, n'avait k sa disposition, avec deux ou trois soldats de l'infanterie de marine, maçons ou menuisiers de leur métier, que dos ouvriers indigènes, capables de tout exécuter: taille et pose do j)itTres, sculptures, moulures, etc. Enfin, avant lui, un homme de ixônie dont nous aurons longuement à reparler, le grand I. aborde, comme on l'appelle là-bas, avnit accompli de v^m îtables prodiges dans ses usines de Mantasoa : fabrique de poudre, de fusils, de canons, de fusées; papeterie, verrerie, savon; fonderies de fer, de cuivre, que sais-je encore? C*est que les Hova ont, avec la patience, les deux gmndcs qualités physiques qui font le bon ouvrier : grande sûreté de main et vue très développée, à la fois très étendue et très distincte. Avec ses yeux, le Hova voit plus loin que TEuropéen avec une jamelle, et il distingue les plus petits objets, avec leurs reliefs les plus fins et les plus délicats.
Sobriété et résistance. Enfin ils vivent de peu : une poignée de riz, un morceau de manioc, une patate avec quelques herbes bouillies, rarement de la viande de bœuf, et, comme boisson, l'eau limpide des fontaines, voilà leur régime luibilucl. Ils mangent, quand ils peuvent, énormément, jusqu'A se î?aver comme des brutes, si l'occasion s'en présente, et e est alors le bonheur; mais d'ordiiiairt' leur nourrilurt; est [jeu abondante et très irrt'guliere ; S^il le faut, ils attendront, pour leur premier repas, jusipi'à la tombée de la nuit, sans en paraître nullement incommodés, llien des catholiques, par exemple, feront 4 ou 6 kilomètres pour aller à la messe, et y communier vers 8 ou 9 heures du matin, assisteront à une seconde réunion vers 11 heures, puis à une troisième vers 3 ou 4 heures, et alors seulement s'en retourneront déjeuner. Ce jeûne ne les empêche nullement de supporter n'importe quel travail, n'importe quel effort. Les porteurs sont capables de faire, d*une allure très rapide et suffisamment chargés, 40 kilomètres par jour, pendant une semaine et plus, et ils seront prêts à recommencer après un court repos de quelques jours.
A cette endurance s'ajoutent une adresse et une agilité admi-
MADAOASGAB AT LES HOTA
rables dans tous les exercices du corps, une grande intelligence pratique qui leur permet de se tirer facilement d'affaire, de se diriger, de réussir dans toutes les difficultés ou toutes les entreprises ; en un mot, et en terme d'argot, ils ëont débrouillards, '
Ils sont fort peu sensibles à la douleur, et supportent sans paraître les ressentir les souffrances les plus vives. Leur constitution est robuste et leur tempérament relativement fort.
Rien de ce qui peut leur arriver ne les étonne, ils sont d'avance prêts à tout; sans en avoir le fanatisme, ils uni toute l'apatliie et toute la résignation des peuples orientaux.
Ils ne se révoltent pas; ils ne blasphèment pas; toujours prêts à courber la tiHe et à toul accepter de la part de toute puissance quelle qu'elle soit : Dieu, démon, roi, ancêtre ou sorcier.
Ils ont le respect inné de l'autorité et sont naturellement soumis à tout ce qui leur est ordonné d'en haut. Cette soumission, qui est absolue, va mèni<' Jusqu'à la servilité. Mais elle n'en est pas moins une grande qualité, car elle permet à un gouvernement d'être fort et favorise singulièrement la discipline.
De plus, ils aiment leur pays; sans doute à cause de leur tempérament facilement nomade, ils le quittent souvent : ils entreprennent sans hésiter les plus grands voyages et ils s*absentent de gaieté de cœur pour des années; mais ils conservent toujours l'espoir et la volonté bien arrêtée de revenir. Parfois môme ils emportent avec eux, comme le paysan irlandais allant en Amérique, une poignée de la terre natale.
Enfin, car il faut finir, ils ont un grand respect du passé et un grand amour pour les traditions de leux'S ancêtres; qu'ils gardent avec la plus scrupuleuse lidélité.
Telles sont les principales qualités des Hova. Je ne les ai ni dissimulées ni diminuées, plutôt le contraire. Mais cela me met à Taise pour parler des défauts et des vices qui, chez eux, gâtent et corrompent tant de dispositions natives.