‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 102 sur 105 · NOS RÉSIDENTS · texte numérisé non relu

NOS RÉSIDENTS

Le traité conclu, il s'agissait donc d'en tirer le meilleur parti possible. La France le prit au sérieux et essaya d'en faire, non une trêve qui serait le prélude d'une nouvelle guerre, mais une paix

durable. £t c'est dans ce sens que furent rédigées les instructions données à notre premier Résident général, M. Le Myre de Vilers; c*est bien dans cet esprit aussi qu'il accepta ce poste difficile et délicat entre tous. Il ne devait pas y réussir.

M. Le Myre de Vilers n'était cependant pas le premier verni. Successivement lioutcnant de vaisseau, directeur, sous (àhanzy, des affaires civiles en Algérie, préfet de 1 i Itaule-Vienne et ucuverneur de la Cochinchine, il avait éb' Iji iiLalcincnt révoque puiirsun indépendance de caractère. Jeutie encore — il avait 53 ans — sûr et | dévoilé, plein de ressources et travailleur infatigable; toujours soucieux de sa dignité et ayant un vif sentiment de l'autorité, il se mit de tout cœur à sa nouvelle besogne; mais il n'était pas assez soutenu à Paris, et il était comme perdu à Tananarive, en pleine Imerina, dans une ville de 100,000 habitants, avec une escorte de 50 hommes !

Mal reçu à son arrivée, très mal installé, entotiré de défiances, et ne connaissant pas encore le pays et ses habitants, il débuta cependant par des succès.

Fort habilement, il arrêta et fit avorter les négociations de

Kingdon qui, en retour d'un emprunt de 20 millions à 7 9é consenti au gouvernement malgache, recevait le privilège d'une banque d'Etat avec f)OUVoir d'émettre des billets et la concession de la | frappe de la monnaie. Le premier ministre se vit même contraint ' de s'adresseï- à un établissement frani^mis: le Comptoir d'Eseomple, j — Très fermement aussi, il refusa de reconnaître la lettre Miot- ! Patrimonio, malgré toutes les instances et toutes les roueries du | premier ministre, et ne pouvant s'entendre avec lui pour les limites de notre colonie de Diego-Suarez, il laissa à cette colonie sa liberté ' d'action. Ce fiit heureux, car aujourd'hui elle s'étend à 36 kilo- ! mètres vers le sud, au lieu de 24 kilomètres qu'il demandait. ;

Il rendit aussi d'autres services. Il fit établir la ligne télégraphique de Tamatave. Il fit envoyer en France, pour y perfectionner leur éducation, douze jeunes Malgaches des meilleures familles: cet essai ne donna aucun résultat, soit par la faute de ces jeunes gens, | soiLsurbmt par le parti pris de llainilai.tiivony de ne les employer | à rien; mais au moment nn ine on en espérait beaucoup.

Il favurisa enlin de tout son pouvoir le développement des intérêts économiques, fit agréer M. Iligaut comme ingénieur en chef du gouvernement malgache; établit deux succursales du Comptoir d'Escompte à Tamatave et à Tananarive, et obtint pour nos nationaux quelques concessions importantes. — Surtout il tit

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