‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 19 sur 105 · DU CULTE ET DE LA CIRCONCISION · texte numérisé non relu

DU CULTE ET DE LA CIRCONCISION

Le culte que les llova rendent à la divinité est erxîOPe p4uB

incertain, iiioins fixe et plus rudimentaire que leurs croyaoccs. 11 existe cependant.

Croyant h Dieu et à sa Providence, ils Tinvoquent souvent et son nom est sans (!l'ssl' sur leurs lèvres, dans les petites comme dans les grandes circooslanoes de leur vie. Ils le prieol, mais

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uniqvemeat pour demander des biens temporels, la santé, la ricbeM» des enfants, des honneurs. Us loi offrent aussi les prémices de toute chose : le premier morceau de viande & un festin, un habit neuf que l'on met pour la première fois, la première eau du bain du fandroatia* Tons ces objets ne lui sont pas sacrifiés, mais simlement dédiés par cette parole de consécration : c A Dieu les prémices, à vous les prémices, Andriamaniira », qui est bien un véritable hommage. Quelquefois même ils lui font des vœux, par exemple de se priver de tel aliment pendant un certain temps, d iinmoler un coq, etc., s'il leur accorda* une grâce drterminée, ua enfant, un hi'ureux voyage ou toute autre laveur. Enlin on lui offre en sacrilice des coqs, des moutons, des li i ufs. Mais ici' encora, il faut dire des ildva ce quf Flacourt disait des Malgaches du sud : lU n'otlreut le s.icnlices qu'afin de pouvoir en manger la viande et 2**, détail curieux, et cependant bien fondé sur la nature humaine, de ces o^^randes ils donnent la première part au démon et la seconde seulement à Dieu, par celte raison de prudence que le démon étant plus méchant et partant plus À craindre, il faut tout d'abord songer à Tapaîser. * Tout leur culte est là, à l'exception toutefois d'une jM^tique, religieuse dans le principe, et encore aujourd'hui accompagnée de sacrifices, de prières et de pratiques superstitieuses : la Circoncision. On est tout surpris de la trouver à Madagascar, mais elle y est universellement admise parmi toutes les peuplades qui l'habitent, une seule exceptée : celle des Mahafaly au sud-ouest. Chez les unes, elle sr [n ntique tous les ans, chez les tribus du sud, comme le racontn I I n o(irt, tous les sept ans; tous les sept ans ép:ah'ment chez les llova. Chez ces derniers, nn an après la fête septennale, il y avait comme une véritable année jubilaire pendant laquelle toutes les prisons étaient ouvertes et tous les délits pardonnés.

Flacourt fait une description très pittoresque, et le Père de La Vaissière, une autre très exacte de tout ce qui se pratiquait à cette grande cérémonie de la Circoncision.* Avant 1869, c'était la féte par excellence des Hova^ Elle durait deux mois. On commençait par administrer le tanghen à tous les sorciers, afin de purifier le royaume de cette race maudite. Puis, tout devait être à la joie, aux danses,

1. Depuis cette époque la fête de la Ciroondsion n'existe plus officiellement,

mais le fait môme de la circoncision se pratique toujours. Ce sont les familles qui circouciseni leurs enfants, quand elles veulent, mais toujours au milieu de fêles el de réjouissances.

MADAQÀSCilA BT LES HOVA

aux chants et aux festins, sans oublier bieo entendu les discours et les souhaits de bonheur. On se ruinait aussi en habits de parade, surtout pour le jour, solennel entre tous, où arrivait en ville Veau sainte t que des officiers étaient allés en grande pompe chercher h quelque source vénérée par la superstition. Le Père de La Yaissière raconte que c dans la dernière circoncision des princes, deux, hommes robustes, désignés pour être les héros de la toilette^ succombaient sous le poids des chaînes d'or et d'argent dont on les avait chargés. On dut leur adjoindre à chacun deux aides... Un habit de parade se loua 2'Ô0 francs puur celte seule journée. »

Enfin, le jour de la circoncision est arrivé. Après minuit, des hommes, choisis parmi 1<'S jdus courageux du village, vont chercher de l'eau fraîche qu'ils apportent dans une courge pour laver les blessures des enfants. Ils marchent, en se défendant vigoureusement avec leurs lances, et protégeant de leurs boucliers l'eau sainte contre la foule qui les accable de pierres, car il ne faut pas qu'une goutte de cette eau soit répandue : ce serait un mauvais préjsage et la cérémonie devrait être renvoyée. Puis, on apporte les enfants, au milieu d'une foule compacte hurlant et criant, tandis que le pontife de la circoncision fait son office.

TOMBEAUX. FUiNÉUAILLES, CULTE DES MORTS

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