LES PIERRES SACRÉES
Les Hova adorent aussi les pierres sacrées, à peu près de. la même manière et dans le même sens que les Sampy, non comme des dieux, mais comme possédant une vertu spéciale que Dieu leur a communiquée et dont elles peuvent librement disposer.
On trouve partout de ces énormes blocs non taillés — on ne doit jamais les tailler, sous peine de diminuer leur vertu — couchés ou debout, sur le bord des chemins, sur les places publiques, au sommet des montagnes, facilement recomiaissables à la irraisse qui les enduit et aux nombreux ex-volo ou chillons de toile, de drap, (! ' rabane, de feutre, etc., etc., qui les recouvrent.
On fait des vœux à la pierre sacrée, et on les accomplit fidèlement : car elle est encore plus puissante à se venger qu'à faire le bien; on lui immole un coq, on la salue en passant, et on la marque d'une onction; on la consulte, par exemple en lançant sur son sommet un nombre impair de cailloux : si tous retombent, la réponse est négative, s'il en reste plusieurs ou beaucoup, la réponse est favorable ou très favorable.
Parfois on se dirige vers elle les yeux fermés et un b&ton à la main pour la frapper : si on la toucbe, réponse favorable; mauvaise réponse si on la manque. Mais dans Tun et l'autre cas on lui obéit.
f Je sais, par expérience, raconte à ce propos le Père Abinal, que ce sont là des puérilités fort sérieuses. Le premier jour d'un voy;i:^(j le lananarive à Tamatave, en 1866, il y eut consultation générale de mes douze porteurs, qui s'adressèrent à une pierre sacrée, plantée tout près du chemin et fort graisseuse.
c La cérémonie se fit au bÀton; elle était facile. Cependant quatre y échouèrent. Je crus à un jeu et je les regardais en rianU Us agissaient fort sérieusement et me le prouvèrent, car, un quart d'beure après, les quatre maladroits ou infortunés m'avaient abandonné ^ •
Il y a la « pierre enceinte », près de Tananarive, ainsi nommée à cause de sa forme ovale renflée vers le milieu, et parce qu'elle donne la fécondité.