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CHAPITRE IX

DES FÊTES — LE FANDROAiNA

Les Hûva ;iim(Mit beaucoup les IVHes. Ils en ont un ti ès ^land nombre et a toute occasion : quand on prend possession d'une nouvelle maison, pour les fianrailles. poui- les mariages, pour un événement public. Les funérailles, la circoncision, le mamadtka ou transfert des corps, ne sont que des fôtes.

Il y a surtout la fête par excellence dut Bain de la Reine ou Fandroana >, ou plus exactement du c nouvel an » malgache.

Ces fêtes se composent essentiellement ckî quelques pratiques superstitieuses, de quelques discours d'apparat, très longs, toujours les mêmes, de chants et quelquefois de danses tris simples, vraies marches rhythmées, accompagnées de gestes et de divers mouvements du corps, de musique, mais surtout d*un festin qui, facilement, devient pantagruélique. Beaucoup gorgent de rhum et de viandes, non pas jusqu'il en être malades — ils ont une santé à supporter tous les excès — mais jusqu'à un degré qui dépasse la vraiseml)lance.

Le Père Finaz, en IH.'ij, assistait, avec M. !,ab<tr(Je et M. Lambert, A un dîner donné en leur bonncui'. Ils restèrent à table pendant dix heures et demie et durent toucher à 150 ou :200 mets. On n'était encore qu'au quai l du dîner iorstjue M. Lambert, par éi^ard pour M'"' preiiler fatiguée, donna le signal du départ. Sinon, on fût resté à table vingt-quatre heures, et on eCit encore dansé après le dîner. Huit cents hommes avaient été employés, pendant huit jours, à se procurer et à préparer les divers services de ce festin de roi. On avait servi entre autres choses un c veau arraché au ventre de sa mère pleine depuis trois mois seulement >, des sauterelles, et c une espèce de cancrelas qui vit dans l'eau, et dont j'ai été obligé

MÀOAGASCÀA £T LES HQVA

de p^nftter ausssi bien que du reste », raconte duus son journal le Père

Firia/^

Toul KM'omnient, pour le mariage de Ratilifera, petit-fils du premici' ministre, avec une esclave allranchie de la Reine, le premier repas olfert, par le père de la jeune fille, comptait 130 plats, et celui oiïert par le père du jeune homme, âëO^.

Mais revenons au bain de la Reine que je veux décrire avec quelques détails.

Cette féte remonte à Ralambo, le grand initiateur de la dynastie hova, qui rétablit, suivant la tradition, pour célébrer le renouvellement de Tannée.

L'année malgache est une année lunaire. Elle est donc à peu près de onze jours plus courte que la nôtre, et le jour du fandroana ne peut ainsi être un jour fixe. Cependant, pour le règne de la Reine actuelle, la solennité en a été fixée au li novembre, jour de sa fête. Ce jour est anmiucé par avance à tous les habitants de rimerina, par un df'cret vaynX qui défend en outre de tuer « tr^ut animal marchant sui- rjuatre pâlies » pendant les cinq jours qui précèdent la fête, et exhorte les époux et autres parents brouillés, à se réconcilier entre eux, au moins pour les trois principales journées de ce temps de joie.

La f(Hc prise dans son ensemble dure un mois.

Pendant les trois semaines qui précèdent le c jour de la Heine > ou « jour du bain », toutes les affaires sont suspendues. Les absents, esclaves, parents, marchands, rentrent au pays et rejoignent leur famille; partout, on lave, on rafratchit ou l'on renouvelle les meubles, les nattes, les habits; la Reine et toute sa cour sont occupées à distribuer des largesses aux employés du royaume : toiles, indiennes, ar^^ent, bœufs gras; des bœufs sont aussi envoyés aux C(uisuls européens. En même teni|)s se perçoit la faible cote personnelle imposé'e tous les ans à chatpie sujet libre ; et les enclaves, rôsçisseurs des propriétés éloignées, en apportent le tribut à leur maître.

Huit jours avant la grande journée, commencent les visites du nouvel an, pendant lesquelles il est de toute nécessité, surtout pour les petits, d'ofiVir un bout d'argent. -

La veille, à la nuit tombante, tout le pays de l'imerina s'illumine soudain de milliers de feux, qui courent et s'entrecroisent dans

1. Ci lé par le Fère de La Vaissiëre, Histoire de Madagatcar^ lome I^^ p. 245,

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