ANGLICANS, QUAKERS ET LUTHÉRIENS
Les Indépendants furent d'abord les seuls missionnaires protestants à Madagascar. Mais bientôt ils durent partager leur monopole : avec les Anglicans, arrivés en 1864, mais qui cependant ne purent s'établir dans le centre qu'en 1872; 2*^ avec les Luthériens de Norwège, venus en 1867, et plus tard avec les Quakers ou Âmis.
Quatre sectes protestantes, fort distinctes de doctrine et de tendances, se disputaient donc le pays. Mais, à l'exception des Angli- * cans, plus <''t<?vés, plus gentlemen, plus dignes, r-t se lapprocliant davantai^t' dt s rallioliqucs, dont ils afîpch'nt d'iimt* r les cérémonîp? et voudraient t'tr-o onnus counne b's Irùres. l'irilénH rt leur haine commune de la France et de l'Kglise catholique, eurent bien vite fait d'unir les trois autres, pour travailler de concert contre notre patrie et contre notre foi. Tous purent séjourner à Tananarive et y
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établir le centre de leurs osuvree; mais ils se partagèrent le reste de ia contrée. La riche province de TAnkarati'a échut aux Norwégiens qui s'y conduisirent en mattres. Et nuHepart, la pression officielle ou la persécution contre les catholiques» n'a été aussi acharnée. Des pauvreB habitants de ce -pays» on aurait pu dire aussi ce que le Rév. Street écrivait des Betsileo : c Qu'ils étaient conduits comme des bétes à nos temples ^ •
Depuis peu, les Luthériens d'Amérique, se sont établis surtout dans lé sud, et y ont apporté exactement les mêmes procédés.
Ce n'est pas que je blâme les ministres protestants cravoir combattu l'Eglise catholique, et multiplié leurs etïorts pour faire triompher leur doctrine. A leur point de vue, — et c'est à ce point de vue qu'il faut se placer pour les juger impartialement — ils devaient le faire. Seulement, il faut combattre alors h visage découvert, franchement et loyalement; et, quand il s'agit d'une doctrine à répandre par la seule persuasion, la calomnie et la violence ne sont jamais de mise, et ce sera leur honte d'y avoir si souvent recouru.
Je comprends aussi qu'ils aient travaillé contre Tinfluence française au profit de leur propre pays. Mais cependant on est surpris, choqué même, de voir des missionnaires faire de cette œuvre temporelle le but principal de leur apostolat. De plus, on ne peut jamais excuser la conspiration et les attentats, par exemple, la mort violente de Radama II, et EUis aurait dû être exclu du sein des missionnaires indépendants comme le furent plus tard Parrett et leur imprimeur, le quaker Kingdon. Entin, depuis la convention franco-anglaise de 1890, la cause ^st jugée, et les missionnaires doivent donner l'exemple de la soumission.
Si maintenant il faut juger l'ensemble des résultats des missionnaires protestants, après avoir de nouveau mis à part les Anglicans, qui cependant ont trop acheté les conversions et n'ont souvent recueilli que les épaves des dissidents et des catholiques, fondant ainsi une œuvre hybride et sans avenir, je n'hésiterai pas à reconnattre que les autres, les Indépendants et les Norwégiens surtout, ont fait beaucoup, et le mal qui se trouve mélangé à presque toutes leurs œuvres, ne doit et ne peut faire oublier les résultats obtenus.
Ils ont fait supprimer la traite des Mozambiques et rendre la liberté aux esclaves de cette nation (1878) ; ils ont présidé i la refonte de la législation malgache et beaucoup de leurs ordonnances sont bonnes; Tengemble, en tout cas, en est bien supérieur aux