MercanliU Rtçord of MauHtiut, 11, 12, 13 oct
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anciennes coutumes; ils ont donné une vive impulsion à l'éducation, surtout des hautes classes, trop souvent dans un but de prosélytisme à outrance, mais l'œuvre n'en reste pas moins; ils ont travaillé beaucoup, et parfois d'une manière très intelligente, à faire connattre la langue malgache (grammaire et dictionnaire de C!onsin ; dictionnaire de Richardson), de môme que la géographie, la géologie, l'histoire naturelle et les richesses de Ttle (Rév. Baron» etc. ) ; enfin ils ont fondé une école de médecine, une léproserie, trois hôpitaux admirablement organisés et qui rendent les plus grands services.
Il ne faudrait pas cependant s'en rapporter exclusivement à leurs statistiques oHicielles. Ainsi, d'après le 98' rapport de L.M.S. (189:2), les Indépendants et les Quakers aurnient 1)2.1^18, et les Luthériens de Norwège 37,487 enfants dans Ifnrs écoles. Ce serait énorme. Mais y en a-t-il un quart, ou un cinquième, à 1rs fréquenter lideicnient, et partant, h en profiter? .l'ai vu de près plusieurs de ces écoles, en particulier dans les campagnes, et telle, qui a plus de 100 élèves inscrits, doit souvent donner vacances parce qu'il ne vient aucun enfant.
Le même rapport officiel donne 310,313 adhérents ou disciples aux Indépendants et aux Quakers, et 47,681 aux Norwégiens. Mais plus des neuf dixièmes ont simplement, une fois en passant, donné lour nom, et ne sont même pas baptisés. Jamais ils ne vont au temple, jamais ils ne prient, jamais ils ne participent & aucun sacremcnl. jamais ils n'assistent à aucune instruction.
Au fond, il n'y a pas gran^'cbose de changé sauf pour l'exli;rieur. et les llova ont içardé la plupart des pratiques païennes et superstitieuses de leui'.s ancêtres: la même crnynnce au destin, le même culte rendu aux morts et les mêmes cérémonies aux funérailles ; les mêmes honneurs accordés aux Sampy et aux pierres sacrées ; la mèu)e foi aux Ody ou amulettes, aux devins et h la divination ; la môme exaclifudc <\ se faire circoncire. Tout cela ne s'observe plus oflicieilement et en public, mais s'observe très fidèlement en particulier.
En parlant ainsi, je m'écarte beaucoup, je le sais, de la plupart des voyageurs qui ont écrit sur Madagascar et, en particulier, de récole anglaise qui a tout intérêt à faire ressortir Tlmportance de la loi de 1860, et surtout à faire croire qu'elle est observée. Mais je parle d'après les observations suivies et multiples de gens qui connaissent parfaitement leurs Malgaches et, ayant longtemps vécu dans le pays, ont pu voir bien des choses qu im .simple voya-
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geur ne soupçonoe même pas. Je suis certain de dire la vérité. En fait, la très grande majorité des Hova, se disant protestants, est restée païenne. Je vais pins loin et je n'hésite pas à affirmer, qu'à la cour même, on a gardé la plupart des pratiques des ancêtres.
En somme, l'œuvre protestante & Madagascar n'est ni solide ni durable. Ils se sont imposés par les hautes classes, mais ils ne se font ni aimer ni accepter par le peuple ; ils se sont étendus heaucoup en surface, très peu en profondeur ; s'il y a beaucoup de briinclips et de feuilles, il n'y a ni fruiLs ni lacmes ou, si l'on préfère, le iiioiuinient tout en façade, n'a pas de fondements; déjà il se lézarde et, inévitablement, il tombera, si on iui -enlève le soutien de l'État.
Les missionnaires protestants de Madagascar, certains du moins, par Torgane d'une feuille sans valeur et sans tenue, ((u'inspirc uniquement sa haine contre la France, le Madagascar iVews, essaient une vive campagne contre nous, et jettent les hauts cris à la perspective de la persécution qui les attend, quand la France se sera emparée du pays. Jamais la France ne les persécutera, et il n'était pas besoin d'en inscrire la promesse dans la convention de 1890. Au contraire, elle n'est que trop portée à les favoriser. Les missionnaires catholiques, d'ailleurs, seraient les premiers à réclamer si l'on recourait jamais à des mesures violentes contre leurs adversaires. La liberté suffira, (^e qui le prouve, c'est que dans les intervalles d'accalmie, partout où le missionnaire catholique peut aller ouvrir une école et fonder une réim ii, 1 s [ upulations accourent à lui, abandonnant l'établissement protestant, qui aussitôt diminue, s'affaiblit et disparaît.