‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 35 sur 105 · MISSION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

MISSION CATHOLIQUE

L'avenir est donc à In religion catholique à Madagascar. Fondée en iSiîit sous Radama n, la Mission catholique se vit

aussitôt après, par suite de la mort de ce prince, en butte & toutes

les tracasseries, ;\ toutes les suspicions, i\ toutes les persécutions, surtout pendant l'administration de KaiuivoiiiiKitiitriniony. Son frère llainilaiarivdny, le iiiinistre .h tiiel, qui le supplanta en 1801, se montra au commencement moins acbarné, ne voulant pas l'éta-

MADAGA8GAB ET LES HOTA

blissement définitif des Angiaici, et désirant garder toujours un contre-poids à leur opposer. Cependant ces jours tranquillp?; furent bien courts pour l'Église catholique et elle en eut de terribles à traverser, en particulier depuis 1878 jusqu'à la guerre.

Malgré tout, elle avait prospéré, et, dans l'espace de vingt ans, fait de remarquables progrès :

80,000 chrétiens disséminés dans les deux centres principaux de Tananarive et de Fianarantsoa;

20,000 élèves repartis dans une multitude d'écoles; 530 institateurs ou institutrices, plus de 250 postes ;

Une imprimerie pour ses livres, et une petite revue lielxlomadaire, le Resaka ou Conversation, pour faire connaître et défendre ses œuvres ;

C'étaient sûrement de beaux résuliats.

L'exil des Pères, pendant les trois années que dura la guerre, arrêta cet essor; mais les catholiqu(;s restèrent tidèles.

Depuis, sous la direction de Monseis^neur Cazet, nommé précisément à celte époque Vicaire Apostolique de Madagascar, on a relevé les anciennes ruines, repris les mômes œuvres et donné à toutes une nouvelle impulsion. — Sans parler des dispensaires, des ateliers, des léproseries, des diverses écoles normales, un petit collège a été fondé à Âmbohipo pour préparer des catéchistes et des interprètes, et donner aux enfants plus intelligents une éducation plus complète et plus soignée. Un observatoire, de tous points remarquable, a été établi à Ambohidempono, et a déjà rendu les plus signalés- services, en centralisant et en publiant les diverses observations met* urologiqnes. Son Directeur en a fixé les coordonnées précises, et, pour arriver à en établir l'altitude, a relevé an théodolite, toute la route de Tananarive k Tamatave, nous donnant en mémo temps la première coupe exacte du chemin, et la carte au i/100,000 d'une large bande de terrain.

Un autre missionnaire bien connu, le Père Roblet, qui avait déjà publié, au 1/1,000,000, une carte de Madagascar, récompensée de 3 médailles d*or, dont une à l'exposition universelle de 1889, reprenait ses triangulations et préparait une nouvelle carte de l'Imerina, au 1/100,000, qu'il publie, en ce moment, réduite de moitié, de concert avec M. Grandidier,

Enfin, auparavant, un troisième membre de la Mission, un chercheur s'il en fût, le Père Callet, rendait à l'histoire un service inappréciable, en recueillant de la bouche des anciens le récit des temps passés, des usages et des traditions du pays, et en les consi-

PROTESTARTtSMB BT CATHOLICISME

gnaiit dans un ouvrage malgache, en 3 volumes, imprimé à la Mission, et, presque aussitôt à peu près complètement détruit par ordre du premier ministre, « parce qu'il aurait trop bien fait connattre Madagascar i. Cet ouvrage devrait être traduit et publié en français, car il renferme tout ce que Ton peut savoir sur Madagascar.

La Mission catholique comprend en ce moment quatré centres principaux :

1° Tananarive et l'Imerina, avec une trentaine de Pères. C'est le premier de tous et le plus important, le siège du Vicaire Apostolique et le centre des principales oeuvres.

2*^ Fianarantsoa, le second en importance, avec une quinzaine de Pères; une école de Frères et quatre tenues par les Sœurs; une splendide église en pierres et briques, qui rappelle la cathédrale de Tananarive, une léproserie et un commencement d'hôpital. Fondé seulement en 1871, traversé de mille tracasseries et difficultés, le centre de Fianarantsoa semble aujourd'hui être en pleine prospérité. Et, Tannée dernière, quand se fit Tinscription pour les écoles, les catholiques eurent seuls plus d'enfants que toutes les sectes protestantes réunies.

Tamalave, avec trois Pères, dont l'un s'occupe des divers postes de la cote, une école pour les gardons dirigée par les Frères des Ecoles chrétiennes, une pour les filles sous la conduite des Sœurs de Saint- Joseph de Cluny, et un hôpital en construction.

4* Fort-Dauphin, fondé, il y a deux ans par les Pères Chenay et Campenon, grâce à la généreuse initiative de M. Marshall, un riche négociant créole, et qui promettait les plus concluants succès, quand la guerre est venue tout interrompre.

Voici du reste la dernière statistique des œuvres et du personnel de la Mission :

Missionnaires prêtres (dont un évéque) 51

Bïissionnaires scholastiques (dont un Malgache) 4

Frères coadjuteurs pour les ateliers, imprimeries, etc iS

Frères des Écoles Chrétiennes à Tananarive, Fianarantsoa et Tamatave. 16

Sœurs de SainWoseph de Gluny, aux mêmes endroits 27

li6

iDstitutenrs et institatrices indigènes, plus de Ecoles normales ♦

Collège ,

Elèves : gargons et UUes

Eglises.. ,

Chapelles

Postes ou stations

MADAGASCAR ET LBS HOVA

Callioliques ou adhérents Imprimerie

ObBerratofre

Léproseries (celle de TananarWe a près de iisO malades)

Dans le courant de Tanoée dernière il y a eu :

Baptêmes d'adultes.

Baptêmes d'enfants

Toutefois il ne faut rien exagérer. Même parmi les catholiques, il y a bien des misères, et tous n'ont pas renoncé h toutes leurs pratiques superstitieuses. Il y a des tièdes» des négligents, des indifférents, de grands péehenrs anssi et des apostats. Gela tient h bien des causes, souvent locales, au luauque de caractère, au milieu, aux mauvaises infhiencos, etc. Mais il y a aussi de beaux exemples de vertus et beaucoup de bien accompli. La famille se fonde, respectable et respecti'o ; les enfants grandissent, meilleurs et plus instruits; les sai r nients sont fréquentés et les offices suivis, un idéal de vertu est donné auquel plusieurs s'efforcent de parvenir et, chez certains, la foi produit des fruits admirables de pureté, de dévouement, de zèle, de sainteté. C'est que, outre la grâce divine qu'il ne faut jamais oublier quaUd il s'agit d*évangélisatîon, et qui ne peut être avec les apôtres d'une religion fausse, ne considérant les choses qu'humainement, il y a une grande différence entre les missionnaires catholiques et les missionnaires protestants.

Sans doute la vie de ces derniei-s, les prenant dans l'ensenible, e! négligeant tel ou tel exemple qui n'est qu'une exception, est moralement pure, ft peut servir de modèle à ces pauvres Malgaches; ils no manquent pa^ de tenue, ord in.) ircment, et sont strictement honnêtes dans leurs affaires; parmi eux certains sont dévoués à leur œuvre, et y consacrent leur énergie et leurs talents; ils sont bienfaisants aussi, et aiment ordinairement à rendre service. Mais ils sont largement payés; on leur assure une situation honorable et bien supérieure & celle qu'ils auraient occupée dans leur pays; il leur faut de grandes et belles demeures, de larges jardins, une maison nombreuse, en un mot tout le confort européen ; ils sont tous mariés et ne se privent d'aucune des joies de la famille ; ils reviennent souvent, comme des employés ou des commerçants, passer quelque temps dans leur pays et < semblent ne songer à autre chose qu'à rentrer chez eux*».

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