CHAPITRE Xn
L'AKMKE HOVA
îl nous restp maintonant ;i dire quelques mots de l'armée.
On prend facilement en France 1 armée hova au sérieux» et on lui attribue inconsciemment les qualités que ce mot comporte : organisation, instruction, discipline, bravoure. C'est un tort et une erreur.
Jusqu*att commencement de ce siècle, îl n'y avait pas d'armée régulière chez les Hova. C'est Andrianampoinimerina qui, le premier, leva une petite troupe d'abord de iOO, puis de i ,000, puis de 20,000 hommes qu'il nomma prétentieusement les c foloalin-
dahy * ou les 100,000 hommes, cl qu'il arma et instruisit aussi bien qu'il put. Sous l'inspiration de l'Anglais Lesage, l'agent de sir Robei l Farquhar, son fils, Radama I"*", continua son œuvre, dans laquelle il fut aidé par deux sergents anglais et le Français Robin. On lui envoya même de Londres 400 t red coats » qu'il n'employa que pour Jes jours de revue et de parade. En dehors de là, chaque homme dut s'habiller, et évidemment se nourrir et se loger comme il put L'État ne lui donnait qu'un fusil et quelques cartouches. A lui de se procurer tout le reste, à lui aussi de nourrir et d'entretenir ses ofûciers.
Cependant telle qu'elle était, cette organisation suffisait pour donner aux Hova une incontestable supériorité sur les autres tribus, armées seulement de sagaies ou de lances, et leur permettre d'étendre au loin leur domination.
Depuis, cette organisation rudimentairc s'est déveU/ppée, D'abord négligée sous Kanavalona l''^ (1828-l«t>l), puis, sous lladama II (1861-1863). qui voulait vivre en paix avec tout le monde, l'armée hova a été refondue et réformée par Hainilaiarivony en 1866, et surtout en 1879.
Aux termes d'une loi (iat(M^ du 25 mars de cette dernière année, tout « Ilova > libre et valide duit service militaire pour cinq ans, à partir de 18 ans d'âge, et les ciiefs qui exempteraient un homme de leur propre autorité sont passibles d'une amende de 500 francs, et perdent leur grade. Passé ce temps, il est libéré et peut être rappelé en cas de besoin.