‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 40 sur 105 · RECRUTEMENT · texte numérisé non relu

RECRUTEMENT

Le recrutement se fait de la manière suivante^ :

Quand le premier ministre veut faire une levée, il convoque à Tananarive les cbefs de districts, et, d'après leurs indications, fixe le contingent. Les chefs de districts répartissent à leur tour ce contingent entre les diverses provinces» soumettent cette répartition au premier ministre qui l'approuve, et retournent chez eux.

Rentré dans sa province, chacun convoque chez lui les divers chefs de village et c'est avec eux qu'il effectue la répartition par village. Puis, le recrutement commence dans chaque endroit, sous la direction du chef qu'assistent deux agents, l'un hova, l'autre de caste noble ; et, ce recrutement terminé, Loutes les recrues montent à Tananarive poui l'enrôlement ou rinscription définitive.

Cette deniinre opération est faite par 1»» premier ministre en personne, qui y consacre les matinées du mardi de chaque semaine, et elle peut durer quatre mois.

D'après la loi de 1871), cette levée devait se faire chaque année. On y fut fidèle jusqu'en 1884 ; de 1884 à 1888, il y en eut trois ; puis une dernière en 1893. La première donna 20,000 hommes ; la dernière, de 12,000 à 15,000; toutes les autres, de 7,000 à 8,000.

Le contingent devrait être beaucoup plus élevé; mais te Hova déteste le service militaire et fait tout pour l'éviter. Le plus grand nombre y réussissent. On se fait nommer < chef de la prière », maftre d'école, aide de camp d'un gouverneur; on donne de l'argent au clief (le village qui prendra n'îmfxirle qui ù. votre place, car tout ce qu'un lui demande, c'est d'atteindre le nombre fixé ; on s'enfuit dans les provinces éloi.^nt'es, un déserte pendant le voyage ou pendant les quatre mois que dure l'inscription, en un mol on

1. Voir M. Hartineau, Madagascar en 1894, p. 335 et suîv., qui m*a beaucoup servi à compléter et contrôler mes propres renseignements.

l'armée BOYk

invente toutes sortes de moyens, et c'est ainsi que les pauvres surtout deviennent soldats.

Il faut diviser l'armée hova en trois parties :

1* Ceux qui sont envoyés dans les pays lointains. Ceux-là doivent être relevés chaque année. Ceux de Tamatave, cependant, y restent trois ans.

Ils sont ainsi approximativement, de 3,000 à 4,000 hommes, encadrant une douzaine; de mille de troupes indigènes*.

Ainsi dans le pays Sakalava, il y a :

150 hommes à Mojanga,

400 hommes à Maevatanana,

oO hommes k Maraovay,

30 à loO hommes, dans chacun des postes, entre Tananarive et Mojanga.

Ensemble, 750 hommes.

Dans le pays Betsimisaraka :

500 hommes à Tamatave (Farafatra),

175 soldats et âO officiers à Mahanort),

700 soldats et 75 officiers dans la province de Mananjary,

En tout près de i ,500 hommes.

Enfin chez les Antankara :

800 hommes dans la pruvmce de Vohemar,

150 hommes à Anorotsangana,

90 hommes à Befandriana,

200 soldats et 50 officiers k Ambohimarina.

Total 1,290 hommes.

Ajoutez à cela quelques autres petites garnisons à Fenoarivo, Yatomandry, et dans le sud, et vous arrivez h peu près au chiffre donné plus haut.

Chez les Betsileo, il y a uu recrutement sur place, qui donne les résultats les plus surprenants. En 1889, sur 2,500 recrues, le lendemain de la première étape, il restait 3 officiers. En 1893, sur 250 conscrits h Fianarantsoa, on en comptait quelques jours après 40 à 50. Noire Résident, le D"" Bessoii, qui connaît admirahlement ces pays, évalue à 400 ou 500 le nomhre des Hova ainsi recrutés dans tout le pays Betsileo, et à 700 ou 800 le nombre des soldats indigènes*.

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