M. Marlineau, p
2. D'après le traité de capîlulalion conclu avec Radania l*"", les Betsileo ne devaient pas être soldais, pn^ plus du reste que les Betsimisaraka et les Antafaanaka. Mais, eo retour, ceux-cf doivent porteries munitions, et les Betsimisaraka, les diverses caisses de la reine.
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2" La deuxième partie de l armée est composée des hommes qui resfent à Tananarive. où ils forment la garde royale et constituent le noyau vérital)I(' dt's forces hova. sont thi'oriquemcnt i,000 ot forment 6 bataillons; ils sont commandés par 230 ofticiers. Tous les jours, 300 d'entre eux montent la garde au palais, ou parcourent la ville armés d'un fusil.
En outre, il y a trois ans, on créa un corps de police (de 100 à 200 hommes). Ils ont pour costume un pantalon noîr, une redingote brune ou noire, un large baudrier en sautoir sur lequel est écrit Banavalona Manjaka^ et un képi. Mais, comme ils doivent se procurer et remplacer à leurs frais ce costume, il faut voir comment en pratique il est composé. Ils sont armés d'un fusil à baïonnette, avec 10 rarluuches dans leur giberne.
Tous ceux qui restent, constituent la troisième partie de l'armée hova. Ils sont n'partis en compagnies de 100 hommes que commande un capitaine appelé centenier ou ambonizato. et assisté d'un lieutenant et de 5 sergents. iO compagnies manœuvrent sous les ordres d'un tomponiarivo ou chef de mille.
L'habillement est très défectueux. Le premier ministre avait bien introduit une espèce d'uniforme : pantalon et veston blancs, toque ronde en toile blanche avec les initiales R. M. — Ranavalona Manjaka, Ranavalona Reine — séparées par la couronne royale, le tout bordé de rouge; enfin un ceinturon noir à boucle de laiton, dans lequel se passe la baïonnette. Cet uniforme, bien entendu, le soldat se le procure à ses frais, et doit le faire durer tout le temps de son service, ou le remplacer lui-môme. Et, comme il n'est pas riche, il va tout déguenillé.
Les onicipr< ont, une tenue proportionnée à leur fortune, un habit de général dans les grades inférieurs ou, inversement, un costume de lieutenant pour un général. Ce sont les costumes anglais qui ont le plus de faveur*; on les enrichît encore de larges bordures d'or et d'argent, selon la f an taisie et les ressources d'un chacun.
Ces soldats, comme ceux de Tananarive, ou ceux des garnisons lointaines, doivent de plus se nourrir et se loger eux-mêmes, eux et leur famille, car il n'y a à Madagascar ni paye d'aucune sorte, ni caserne, ni approvisionnements, ni intendance*. Ils résident
1. Cr^: costiimf's vienneni de l'Inde, et sont vendus par des marchands indiens à Tamatave,
S. On prélève bien le tribut sur la récolte de riz pour le temps de guerre; mais les officiers s'en emparenletle vendent aux soldais. De temps en temps
aussi, les orficicrs sui.( ri<Mjrs font tuer un bœuf qn'i!^ partagent entre leurs hommes, au nom de la reine. Ainsi, après la revue de 1890 et après l'entrée
l'armkk uova
dans leurs villages et ne montent à la capitale que deux fois par mois, chaque second mardi, pour y apprendre quelques mouvements rudimentaires, parfois puérils, et le maniement du fusil. D'après le texte de la loi, tdus les nouveaux soldats devraient rester sous la tente pendant les deux ou trois premiers mois de leur service, puis, de Douveau, le môme espace de temps, après un congé de plusieurs mois. De plus, il devrait y avoir, de temps en temps, de grandes revues générales sur la place de Mahamasina, vaste déploiement de forces pour la parade. Avant la guerre, on comptait, dans une de ces revues, jusqu'à 25,000 hommes. Enfin, une fois par an, il doit y avoir des exercices de tir au fusîl, et quelquefois au canon. Chaque soldat reçoit alors deux ou trois cartouches dont il devra rapporter les douilles, afin de bien s'assurer que ces cartouches ne sont point volées. La cible est à 100 ou 200 mèti-es. et un bout d'argent scia la récompense de ceux (jui l'auront atteinte. Chaque quinze jours, il y a aussi de petites revues sur le plateau de Soaniarana, surluut pour le maintien de la discipline, car c'est alors qu'on constate et punit les absences, qu'on châtie les paresseux et les négligents. Et cela, d'autant plus efiicacement, que les réprimandes sont publiques et les châtiments corporels.
Mais tous ces règlements sont loin d'être appliqués avec régularité. U y eut un peu de zèle avant la dernière guerre. On est de nouveau dans la période de relâchement et d'abus. Ainsi le double stage sous la tente pour la formation des recrues n'existe plus. Un grand nombre d'hommes trouvent le moyen de s'exempter de tout service. Depuis cinq ans, il n'y a eu qu'un seul exercice de tir et une seule revue, celle de 1890, qui réunit à peu près une quinzaine de mille hounncs.
Outre ces soldats, il y en a d'autres qui correspondent de très loin ;i ce que nous appellerions le génie. Ce sont les tailleurs, les cordonniers, les ferblantiers, tous ceux qui savent un métier. Ils sont armés d'une lance, et eux aussi montent & Tananar ive deux fois par mois, les deux mardis laissés libres par les soldats réguliers; mais ils y font souvent d'autres corvées que des corvées militaires.
Il y a aussi des compagnies héréditaires^ de soldats peu connues et dont aucun écrivain, à ma connaissance, ne parle, celles
triomphale de Ramahatra, chaque soldat retourna chez lui, emportant un quartier de bœuf piqué au bout de sa baïonnette.
1. Leurs Rnfant?î mâlr'; porîonl los rhnvpiix ra«; h l'exception d'un petit toupet sur le front et d'une courte queue au milieu de la tête.
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qui gardent les Iroutières. Ils devraient être 100. mais, en réalité, \\s sont (le i20 h 30 dans chaque villaiire comuiaudant un défilé, par exemple, à Vodivato, h Ankadinahary, etc., dans les gorges de PAnkay qui donnent accès sur la grande plaine de Moramanga. Ordinairement, étant sur la lisière de la forêt, ils sont en même temps bûcherons. Ils ont des fusils à pierre et s'occupent très peu^ parfois nullement, de leurs devoirs militaires, à la seule condition de donner au chef un bout d'argent en place du service qu'ils lui doivent.
Enfin il y a, pour l'artillerie, une compagnie ou école des cadets.
C'était le colonel anglais Graves qui la dirigeait. Il y a deux ans, i! s'en alla au Cap, d'où il est revenu depuis dans l'espoir d'événenements importants. Shervington dirige une deuxième école de cadets poni- les autres armes. Pendant quelque temps, après la i^uerre, le capitaine français Lavoisot avait aussi son éeole; ses hommes étaient armés de fusils Gras et de sabre-baïonnette, et étaient conduits par deux clairons. Chacune de ces écoles comptait de 30 à 35 hommes, et c'est de leurs rangs que devaient sortir les ofûciers.