EFFECTIF ET ARMEMENT DE L'ARMÉE HOVA
Telle est l'armée hova. Elle n'est pas, on le voit, bien terrible
par sa composition ni par sa furmalion et son instruction.
Elle ne l est pas non plus par son nombre ou par son armement.
Son effectif est très difficile k déterminer. Voici les chiffres que donnait le Père de La Vaissière pour Tannée 1883, c'est-à-dire au commencement de la dernière guerre :
20,000 hommes levés en 4879 dans les 6 provinces de l'Imerina;
9,000 à 10,000 hommes recrutés de 1879 à 1883, et un nombre égal d'anciens soldats;
Enfin 6,000 à 7,000 venant de chez les Betsileo,. les Tanala et les Antaimoro.
En tout près de 45,000 hommes.
C'est aussi le chiffre donné par M. Martineau. Mais il y joint les
d5,000 soldats, hova et autres, disséminés dans toute l'île, et il arrive ainsi au ciiilïre de 00,000 hommes.
l'armâb hova
En pratique, pour la guerre qui se prépare, le gouveroement hova réuDira-t^il même la moitié de ce nombre? il est permis d'ea douter.
Quand, en 1888, il voulut soumettre Tulear, un premier convoi de troupes fut envoyé par terre; 50 ^ désertèrent, et rexpédition échoua complètement. On la recommença l'année suivante, sous la direction du prince Ramahatra, et Ton s'embarqua à Tamatave ; 30 96 des hommes disparurent pendant te chemin de Tananarive k Tamatave. L'année d'après, le premier ministre dut s'adresser aux Betsileo qu'il ne parvint à embarquer que par la ruse. On les convoqua à Fi.Tnarantsoa pour un î^rand Kabary. Là. on s'eni{)are de tous les houimrs valides que l'on empi isonae ; puis, prenant i\ part la moitié d'cntiv eux, on leur pnunel la liberté s'ils conduisonl l'autre moitié jusque sur le vaisseau à Mananjary. Comme toujours les Betsileo obéirent et une fois à Mananjary, on les garda tous. L'expédition cette fois réussit.
En 1893, 2,000 hommes ayant été promis, furent enfin envoyés k M. Suberbie pour réprimer les troubles du Boina. 1,800 partirent, c'est M. Suberbie qui me l'a raconté lui-même, 300 disparurent en chemin et les autres très peu de temps après ^. Au bout de quelques jours, il n'en restait que 600, puis 300 qui n'avaient pas un bout d'argent k donner aux chefs, et que y\. Suberbie dut faire travailler pour les empêcher de moura de faiiu.
Evidemment, pour se défendre contre mms, le gouvcr-neiaent hova fera des ctYorls autrement sérieux et pai'viendra k maintenir un peu plus de cohésion. Mais il n'ira pas loin. Puis son armement, quoi qu'on en ait dit, est encore bien défectueux.
Pour la dernière guerre on avait 8,000 à 9,000 fusils à pierre ;
600 carabines rayées;
500 chassepots et 5,000 Snyders ou Remington achetés en 1882 au moyen d'un impôt extraordinaire;
Enfin 90,000 lances, fabriquées au commencement de la guerre, une mitrailleuse et 8 ou 10 pièces de campagne.
On a mieux aujourd'hui. Tout le monde se rappelle l'émotion causée en Fi ance à la nouvelle du d(''bar(|uement, k \ atomandry, d'un certain nombre d'armes et de munitions, aclietéos on Ani^leterre. Depuis, le gouvernement français a déclaré s opposer à ce
1. Un d*enlre eux rentra le »oir même dans sa famille à Arivonimamo, à une journée de la capitale, et il racontait simplement qu'il s'était entendu avec son chef.
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MADAGASCAB BT LBS HOVA
commerce, et menacé de capturer toul nouveau convoi. Mais comment surveiller une telle étendue de côtes?
De nouvelles armes seront donc encore achetées en Angleterre et transportées à Madagascar; et, plus nous tarderons à agir, plus nous serons exposés à avoir devant nous des soldats réellement armés, et pouvant par suite, malgré tous leurs défauts, non pas « nous faire reculer, mais nous résister et nous faire du mal. Ici donc, comme en beaucoup de choses, le plus tôt sera le meilleur.
En aUendant, vuici à jh'u près exaclomonl l'état actuel de l'armement liova. Je le cite avec conliaiice d'après M. Martin^^au, car il a puisé ses renseignements à une source très sûre, la Uesideuce frani^aise de Tananarive.
A Tananarive :
i canon Armstrong, se chargeant par la culasse; 10 mitrailleuses de fabrication anglaise; 30Gardner; ^Hotchkiss, 4 Hoodfood, se chargeant par la bouche; enfin quelques vieilles pièces se chargeant aussi par la bouche, dont beaucoup sont couchées par terres, ou hissées sur des affôts indescriptibles. Je m'en rappelle en particulier une, derrière le palais du premier ministre, montée sur des roues en boîs, toutes tremblantes.
Tous ces canons datent d'avant la pierre
La dernière commande cnminenait. 12 canons-revolvers et 24 Uolclikiss; 8(» j)ièces; 'M'y allùts, 3(i paires de roue, 670 caisses d'obus, 21 cai<"-''Ç de fusées, G d'explosifs, IfnUPécnuvillons, essieux de rechange, courruies, etc. Tout cela l'ut monté à dos d'homme de Vatomandry à Tananarive.
Ajoutez-y une cinquantaine de vieilles pièces de tout calibre, de toute forme, de toute provenance disséminées un peu partout dans rtle, à Fianarantsoa, TamataveS Maevatanana, Mojanga, Mahanoro, Ambohimarina, et vous aurez Tétat complet de Tarlillerie hova.
Ën fait de fusils, ils ont, autant qu'on peut donner des chiffres
exacts :
A l ananarive, ;>,500 Snyders d'origine anglaise, 4,500 Remingtdii américains, dont 3,000 seraient complètement détériorés, et 4,000 autres Remington eu assez bon état et entre les mains de la garde royale;
A Fianarantsoa, 500 Snyders et 3.0U0 fusils à pierre;
A Mojanga et Maevatanana, 500 Snyders;
1. Ce sont les canons de VAmboMmangat ancien vaisseau de guerre hova, qui sont à Tamatave.
L^ARMÉfi HOVA
A Morotsanga, 700 tusils;
A Ambohimarina, 120 Snyders;
A Mahanoro, 320 Snyders;
A Tamatave, 500, et 820 à Mananjary.
Enfin im certain nombre de vieux fusils à pierre, pour les soldats qui n'en ont pas d'autres.
Dans l'ensemble, environ 20,000 fusils se chargeant par la culasse» et 8,000 à 9,000 fusils à pierre.
Encore ces armes sont-elles en triste état, sales, encrassées, rouillées, détériorées à plaisir. On ne les astique pas; on les remise n'importe où; on les charge parfois avec des pierres pour lircr le caïman*.
Une cerlaine quantité de poudre est fabriquée sur place et distrilmôe en six arsenaux : elle est de fort mauvaise qualité. Mais, outre cette poudre, destinée sui tout aux démonstrations publiques, on en achète pour la guerre en Amérique et en Angleterre. Dernièrement on a fait venir des machines pour faire les cartouches. Elles se trouvent au palais de Soanianana.