V. M. Marlîneau, pages
3* honneur, et ainsi de suite jusqu'au maréchal qui fut lâ*^ honaeur. Les grades inférieurs étaient conférés par les chefs, mais h partir de celui de capitaine ou 6*-' honneur, ils étaient donnés par le souverain, et la marque en est un diplôme muni du sceau royal.
Le 12' honneur était donc au sommet de la tii( rar< hie. Mais l'orgueil hova voulut monter plus haut. A la mort de Radama I^, on créa un iZ* honneur, puis un 14*, un 15*, enfin un 16* honneur, qui correspondrait à je ne sais trop quoi dans une armée europ< cane. En même temps le nombre de ces officiers se multipliait outre mesure, surtout sous Radama II, dont les favoris, se servant de son sceau à volonté, prodiguèrent les grades et les < honneurs f.
I n Vit in le pi emier ministre actuel a tenté de réagir contre cet abii>, (d supprimé d'un trait de phime tous les diplômes suspects. Les « honneurs » eontniuent de se donner à la faveur, et parfois à des hommes qui sont toute autre chose que des soldats.
Mais uQ second abus, bien autrement chant, est TesListence des aides de camp.
Radama I*' avait donné aux chefs des aides de camp, comme cela se fait chez nous, et le nombre en était proportionné au grade. Mais bientôt ce nombre fut considérablement dépassé et les c decans > furent employés a tout, excepté aux choses de l'armée. Ils devinrent de vrais intendants, des serviteurs, une garde d'honneur ou de sûreté, ou bien encore firent le commerce au nom de leur maître. Bien des grands ont 100, 500 « decans » et plus. Le frère du premier ministre, llainivonahitriniony. en 18()i, en avait 700^ et le premier ministre lui-même en a aujourd'hui iU.OOO.
En vain, dans un grand Kahary tenu a la place d'Andolialo, le 13 juillet 187(), vnnint-il remédier à cet abus, et supprimer d un coup tous les ( decans » surnuméraires, en décrétant qu'à l'avenir,
le 9* honneur en aurait 1,
le lO'' hoFineur en aurait 3,
le il" honneur en aurait 8,
le 12® lioiiii* ur en aurait 10,
le 14'' horiix'iir en aurait 20,
le io'' honneur en aurait 25,
le 16*" honneur en aurait 30;
il garda les 10.000 qui lui appartenaient et son exemple sera plus facilement suivi que son décret olx-i.
Tels sont donc les chefs de 1 armée ho va, et tel son état-major.
l'ahmék hova
Il n'est ni formée ni instruit, ni capable de conduire une véritable guerre.
Évidemment les troupes seront alors sous la direction, sinon
sous le commandement eilectif, des deux colonels anglais, Graves et Shervington *. qui tous les deux se sont lait naturaliser Malgaches. Mais ni Tua ni l'autre ne parnissent bien à craindre, et ces deux épaves de l'armée anglaise sont loin d'avoir la valeur et l'ha.bileté de l'aventurier Digl)y Willougby.
Du reste ils ne seront pas secondés.
Il y a quelques années, le premier ministre avait envoyé en France d'abord» pui& en Angleterre, quelques jeunes gens pour s'y former au métier militaire. Ën particulier un de ses petîts-fils, le fils de Rajoelina, est resté buit ans en Angleterre, dont deux ou trois à Woolwich, et il en est revenu instruit et capable de rendre de vrais services. Ni lui, ni aucun des autres n'ont obtenu d'emploi, mais, de parti pris, ont été tenus complètement à l'écart.
Il faut avouer que plusieurs le méritaient. < Lorsqu'ils arrivèrent à Tananarive. raconte M. Martineau, le premier ministre les lit venir et leur demanda ce qu'ils pensaient de l'arniée fi-aneaise, si elle était réellement aussi nombreuse et aussi puissante qu'on la lui représentait. L'un d'eux lui i-epon dit simplement qu'on en faisait un tableau fort exagéré; un autre, plus hardi et meilleur courtisan, lui déclara que notre armée n'était pas à craindre, que dans les revues c'étaient toujours les mêmes soldats qui déûiaient et repassaient! Vraisemblablement, celui-là. avait fréquenté nos cirques plus que nos cbamps de manœuvre. >
Les officiers formés par Graves et Shervington savent, peut-être, le service d'une pièce d'artillerie et quelques manœuvres rudimentaires de compagnie ou de bataillon, Les anciens ne doivent rien savoir de ce que l'on appelle la science de la guerre, et il est probable qu ils devraient lecourir à leur ancienne tactique.