‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 55 sur 105 · i'age Zî · texte numérisé non relu

i'age Zî

DB l'administration 133

a été envoyé à ce poste, perdu aux confins du pays des Bara, pour avoir manifesté ses syinpatliies envers l'ancien iiiinislre des affaires étrangères, Ravoninahitriniarivo.

Il y a onze irnuverneurs généraux, corre<?pondanf aux onze provinces ou onze tribus soumises, qui, en dehors de l'imerina, composent la plus grande partie de Madagascar.

Ce sont ceux :

1** D'Ambatodrasaka, chez les AQtsihanaka ;

2^ De Moramanga, chez les Bezanozano ;

3^ De Fianarantsoa, chez les Betsileo, à rintérieur de Ttle puis» sur la côte en partant de Tamatave et se dirigeant vers le sud, pour faire le tour de la grande île, ceux

Â'* De Tamatave, chez les Betsimisaraka ;

5^ De Vaugaindrant», chez les Antaimoro ;

6° De Fort-Dauphin, chez les Antauosy ;

7** D'Ihosy, chez les Bara;

8^ De Tiilear, dans le Fierennna;

Oo De Mahabo, dans le Mcnabe;

10° De Mojanga, pour le Boina;

110 D'Ambohimarina, chez les Antankara.

Ainsi le pays des Sakalaves est divisé en trois gouvernements : ceux du Fierenana, du Menabe et du Boina.

Au-dessous de ces gouverneurs, il y en a d'autres plus ou moins nombreux, suivant que la province est plus ou moins soumise» plus ou moins considérable. Ainsi il y en a sept chez les Betsileo, onze chez les Betsimisaraka, quatre chez les Antaimoro, onze dans le Menabe, vingt-deux dans le Boina et six chez les Antankara. Par contre, il n'y en a aucun dans le sud, chez les Antanosy, les Bara et les Fiereuana; et ceux du Menabe et du Rniua ne sont, à proprement parler, (jue des postes militaires. A plus ituie raison, les Hova n'ont-iis aucun agent auprès des tribus entièreuient indépendantes, les Mahafaly, les Antaudroy, les Masicora au sud, et plusieurs autres, répandues un peu partout.

Ces gouverneurs subalternes sont plus ou moins soumis au gouverneur général de la province, à peu près comme celui-ci est soumis au gouvernement central de Tananarive.

A un même endroit, il y a d'ordinaire trois gouverneurs, au moins dans les postes importants. Le premier gouverneur est évidemment le personnage honorifique et responsable. C'est aussi celui qui louche la grosse part des revenus. Le second gouverneur est chargé de la besogne administrative. C'est en uu^me temps un espion, placé

MADAGASCAE ET LES HOVA

auprès de son chef par le premier minietre, et dont là présence le

tient continuellement en alerte. Le troisième gouverneur enfin est chargé des allaires locales, des écoles, etc.; et ils sont assistés, les uns et les autres, par des aides de camp, qui aident à faire le travail et à rançonner le pays.

Le premier ministre est donc au courant de tout ce qui se fait par le deuxième ou le troisième gouverneur. Il Test encore et surtout par les Tsimajidoa ou courriers de la Reioe, qui vont partout porter ses ordres et surtout pour surveiller et lui rendre compte de tout. Les gouverneurs sont ordinairement Hova ou Andriana, mais jamais ils n'appartiennent aux peuples soumis. Us sont pris quelquefois dans les situations les plus humbles. Ainsi le second gouverneur d'Ambohibeloma est l'ancien gardien de Pftne du Père Laboucarie.

Ils sont aidés dans leur administration par les c chefs des villages ou mpiadidy », qu'ils choisissent et nomment eux-mêmes, et qui les aideront :\ lever les recrues, à percevoir les impôts, à répartir la corvée, à entretenir les courriers reyaiix, etc.

lis iiabitenl toujours une sorte de camp retranché, plus petit et ne c(uUenant que des maisons pour eux et leurs officiers, sur la côte : c'est la batterie; plus étendu et entouré d'une palissade en bois ou en cactus, avec des cases pour les soldats, les femmes et les enfants, à l'intérieur de Tlle: c'est le rot^a.

C'est par le moyen de ces gouverneurs que les Hova se sont étendus, et continuent à s'étendre, dans tout le pays, à force de prudence, d'habileté, et surtout de constance et de ténacité. Voici comment ils procèdent d'habitude. Us établissent un gouverneur dans un poste perdu, presque au milieu d'une tribu hostile. 11 s'y maintient comme il peut. Son autorité est très douce d'abord et à peine sensible. Quand i! a pris pied, ((u"il s'p<t créi' des partisans ou que ses soldats se sont établis dans le pav:?, il en\ oie des messagers chez une peuplade voisine poui- leur proposer des •'chanL::es, leur demander à bâtir une maison, ;i s étahhr chez eux. Plus lard, il enverra un gouverneur. Ell'on avancera ainsi peu à peu, comme une tâche d'huile, le joug devenant déplus en plus lourd à mesure que la conquête se raffermit.

Rarement on emploiera la force. On s'efforcera plutôt de semer la division ; s'il le faut, on saura attendre. Si même telle tribu reste sourde & toutes les avances et soit d'humeur à se défendre, on passera outre, comme par exemple pour les Tanala d'Ikongo; mais on ne renoncera jamais entièrement à son but et, malgré tout, le travail d'absorption continuera et progressera.

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