‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 56 sur 105 · DES FINANCES ET DES IMPOTS · texte numérisé non relu

DES FINANCES ET DES IMPOTS

Un gouTerDemeot, comme celui que nous yenous de décrire» o'a (MIS besoin de beaucoup d'argent, puisque aucune fonction publique n'est rétribuée; au moins en était-il ainsi avant la guerre, alors qu'il n'y avait, ni annuités à payer au Comptoir d'Escompte, ni achats (l armes ;i faire à l'étranger.

Aussi \f< iiuiiùls bout-iis très laibles. En voici rénumératiou à peu près o<tnip!étt\

Impôts directs. — Et d'abord les impôts personnels ou directs ^ Ce sont :

i"* Le hasina, c'est-à-dire un bout d'argent oifert à la Reine h soc avènement, à la féte du Bain, et à quelques autres solennités extraordinaires, par exemple quand on lui est présenté, quand elle visite son peuple, etc. C'est un signe de soumission et de respect plutôt qu'un impôt. Les plus riches donnent une piastre, mais il y en a très peu à le faire. M. Le >Iyre de Villers interdit aux Français de faire le hasina.

2° Un im[)ùL d à peu près 0 fr. 03, à la mort du souverain pour ses funérailles.

3o La cote personnelle. inf'''rieurc à 0 tV. 18.

4** Un iuiptjt annuel en nature, d'environ troi? me>urt's de riz par famille (à peu près trois décalitres); ou bien une mesure par bècbe. La mesure vaut environ 2 francs.

Un impôt analogue est également dù aux seigneurs territoriaux. Et eux aussi profitent de toutes les occasions, naissances, morts, mariages, etc., pour se faire offrir un bout d'argent. Car, à Madagascar,ce ne sont jamais les riches qui donnent aux pauvres, mais

l.Cf. Vingt nng à \Iatkiya$car, Uu l'ère de La Vaissière, et Madagascar ên 1894, de M. Marliaeau, p. 297 et suiv.

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toujours les pauvres, au contraire, qui donnent aux ricbes, un peu ^ comme en Angleterre, avec leur système de présentation.

5" A ce> iin])ols, que l'on pourrait appeler ordjii.tii'cs, ci qui ne donnent que des revenus dérisoires, s'en joj:L!;uent d'autres benacoup plus productiTs el (lui ne dépendent (pic de la volonté du premier ministre, par exemple l'impôt extraordinaire de 1882, pour acheter des armes en vue de la guerre prochaine, ou i'impùt de la piastre, établi en 1892, pour aider à payer l'annuité due au Comptoir d'Escompte. Pour ce dernier, chaque homme valide» libre ; ou esclave, dans l'Imerina et dans tous les territoires soumis aux : Hova, devait une piastre. De plus, cette contribution était perçue par villages et c'étaient les chefs de village, avec les grands et les ^ gouverneurs, qui en étaient chargés. Ce fut une vraie catastrophe. II y a peu de Malgaches, en effet, qui possèdent une piastre. Il fallut donc emprunter a des taux de 100 à 150, parfois 250 à 300 0/0, c'est-à-dire se ruiner. De plus ce fut l'occasion de fraudes sans j nomlire. On était invité — on ^^ait ce que ce mot veut dire à Mada- | gascar — à donner davanta^^re stuvant ses inovcn^, et les grands en I

profitèrent pour s'enrichir. Dans tel i^ros village, on reçut de |

700 à 800 piastres, et il n'en arriva que 200 à la capitale. Dans les provinces, sur i,000 ou 5,000 piastres recueillies dans un gouve^ nement, 1,000 à peine furent envoyées au palais.

Ce même impôt extraordinaire a été renouvelé l'année dernière et | étendu à tous les enfants mâles. De plus tous les officiers, tous les grands, tous ceux qui ont une situation quelconque furent invités à souscrire à un emprunt dont la date de renUfOursement était indéterminée. — Que cela est bien malgache! — Bien malgache aussi le mode de souscription. Chacun monte à son tour au palais. Là, dans la salle du trône, en présence du premier ministre, de la Reine et de toute sa cour, on lui demande le montant de sa cotisation, il désigne un chiftVe : 10, 15, 20 piastres, par exemple. Tous i alors de se récrier. Il est si riche, il peut donner cinq fois, dix lois plus ! Et le malheureux doit s'exécuter au risque d'y perdre tout ce qu'il a et sa liberté.

Dans la pensée du premier ministre, l'impôt de la piastre, assure-t-on, doit devenir permanent. Mais il n'y réussira pas et j devra renoncer à son projet. Beaucoup de Malgaches, en effet, ne peuvent pas matériellement le payer, et il est inique d'exiger de ' tous, riches ou pauvres, une somme identique. Puis son mode de perception achève de le rendre injuste et impraticable. Ainsi tel homme réputé riche — souvent il ne Test pas — doit donner

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