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DES FINANCES ET DBS IMPÔTS

qui en est du moins la plus vicAio propriétaire, vit, quoique mariée, sous la tutelle fie Rainilaiarivony. C'est lui qui lui emprunta 150,000 piastres pour la dernière guerre; lui qui fait valoir ses biens, perçoit ses revenus et en garde la plus grande partie. Et cependant Ravero n'a contre elle que sa naissance et sa fortune.

 ces confiscations se rattachent les diverses extorsions et exactions dont nous avons parlé ailleurs. Mais ce ne sont pas des impôts. Ce sont plutôt de vrais vols qui» du reste, peuvent enrichir des particuliers, mais ne rapportent presque rien au trésor.

S*' Transport des marchandises et douanes :

Toutes les marchandises, àTintérieur de Madagascar, souttransportées à dos d'homme, marchant ordinairement, surtout pour les parcours de la côte aux villes de Tintérieur, par escouade de douze porteurs, sous la conduite d'un commandeur. Ce dernier doit être muni, quand il va de la capitale à Tamatave, d'un passe-port portant les noms du lieu de départ et du lieu d'arrivée, et indiquant la nature et la quantité des marchandises; et chaque porteur reçoit une carte qu'il devi a présenter aux gouverneurs. S'il la perd, il devra retourner en chercher une antre au point de dépail. Mais pour obtenir ces eai ies et cepassi |>ort, il faut donner un loso ou 2 fr. 50 pour un convoi de douze hommes, et un kirobo ou 1 fr. 25 pour chaque douze hommes en plus.

Mais de tous les impôts, le plus important, et celui qui rapporte davantage, ce sont les droits de douane, que toute marchandise doit payer, à l'entrée ou à la sortie de tous les ports du royaume.

Ces droits sont fixés à 10 de la valeur des marchandises, d'une manière absolue à l'importation, avec quelques exceptions à l'exportation. Les principales sont les suivants ;

Caoutcbouc les 100 livres 12 fr.

Rofia — 165

Sucre brut — 0 bO

Cire — 10 »

Calé — 8 »

Gomme copule — 6»

Gingembre — 2»

Rabanes " — 3 »

Suif — 3 >

Tabac — 250

Riz blanc — 0 75

Bœuf par tête 15 »

Porc vivant — 250

Mouton — 150

Cabri — 1 50

îiattes Unes la pièce i »

MADAtiASCAR ET LES UOVA

Dindes la douzaine 3 >

Oies — 3 »

Canards sauvages — 3 »

Volailles — » 75^

Les revenus dos six ports de Vohemar, Fenoarivo (ou Fencrife), Tamatave, Vatomandry, Mananjary et Mqjanga,ont été destinés h payer les annnitf'S dnes au (]oinptoii' d'Escompte. Ils sont perçus par des capitaines de douane indigènes, qui lixent la valeur des marchandises et font verser l'argent, sous lo contrôle d'agents du Comptoir, qui vérifient si les droits sont fidèlement perçus et» surtout, encaissent les recettes. Mais, comme ces employés français n'ont guère de pouvoir pour l'estimation des marchandises et la fixation des droits, les fraudes sont très considérables. Les commerçants font couramment ce que Von appelle « des coups de douane >, c'est-à-dire déclarent pour 100 ou ^OK) francs ce qui en vaut 1,000 ou 2,000, ou même ne déclarent rien du tout, quittes à donner un cadeau aux agents. Ainsi un coinniorcant de la capitale m'affirmaitil ne jamais rien payer pour l'exportation de ses produits, parce qu'il avait pi • if quelques |>iaslres à l'un des enq)loyés de la douane et qu'il ne les lui réclamait pas, sous cette condition, au moins tacite.

C'est bien autre chose encore dans les ports où il n'y a pas de contrôle. Là, c'est un vrai pillage et un vol perpétuel. Ou bien, les commerçants s*entendent avec le gouverneur, lui donnent de Fargent et ne paient aucun droit ; ou bien, ils traitent de gré à gré avec lui, et les droits sont ramenés à un taux insignifiant — tout le monde y gagne, le commerçant évidemment, le gouverneur aussi qui reçoit pour lui de fortes sommes d'argent, la ville enfin dont le port devient ainsi très fréquenté : tels ceux de Port-Dauphin, de Mahanoro, de Mahela, de Vangaindrano. Il y a plus : si un vaisseau doit nécosbaircmenl attérir ailleurs, on lui donne un certificat comme quoi il a aeqïiitté les droits de douane, et il sera ainsi reçu en franchise dans des endroits où les gouverneurs sont moins nialléabh^s. D'autres fois les gouverneurs reçoivent une partie des marchandises, ou môme prennent à leur compte toute la cargaison, qui évidemment alors ne paie non, la font porter à Tintérieur par leurs esclaves ou leurs subordonnés, la vendent à crédit, sûrs qu'ils sont d'être toujours payés — car qui oserait ne pas payer un gouverneur? — et partagent avec le négociant.

Hais dans tous les cas, pour le gouvernement central, le

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