‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 59 sur 105 · Cf, M. Aiarlineau, p · texte numérisé non relu

Cf, M. Aiarlineau, p

DES FUNAiNCiiS JiT DES IMPOTS

résultat est-il sensiblement le même, c'est-à-dire (pi'il ne lui en revient à peu près rien. Par exemple, de tous les droits que le caoutchouc a dû payer à Fort-Dauphin, depuis plus de trois ans qu'il ;i (Hé exporte en si grandes quaiililés, li parait que le premier ministre n'en a pas reçu une piastre.

x\nssi les douanes de tout Madagascar, qui devraient donner de 4 à 5 millions de francs, ne rapportent en réalité que de 700,000 à 800,000 francs'.

Ce n'est guère que la moitié de ce qu'il faudrait pour payer les annuités du Comptoir d'Escompte *, et c'est ainsi que le gouvernement a été amené à créer l'impôt de la piastre, les autres ne rapportant à peu près rien.

Jusqu'ici nous n'avons parlé que des impôts, sans rien dire de leur emploi. C'est que, en réalité, il n'y a rien à en dire. Car, sauf l'argent destiné à payer les annuités dues au Comptoir d'Escompte, et qui est fourni par une partie des douanes et une partie de l'impôt delà piastre, tout le reste est laissé à la libre disposition du premier ministre, et se confond avec sa fortune privée, ou, si l'on veut, avec celle de la Reine. Il n'y a pas, en auruae sorte, de budget des dépenses à Madagascar; mais l'argent, que le gouvernement parvient à se procurer, est employé non pas à l'administration : elle ne coûte rien; ni à l'entretien de l'armée : elle pourvoit d'ellemême à ses besoins; ni à aucune amélioration d'aucune sorte : on n'en fait pas, et, en tous cas, la corvée y suffirait; mais à faire des cadeaux t à acheter des objets européens pour la cour et les favoris de la cour, à se procurer des iUsils, des cartouches et des canons, et peut-être h grossir un c trésor de guerre >.

J'avais bien entendu parler de cette réserve de guerre à Tanana^ rive, de ces jarres remplies de piastres et soigneusement cachées dans le sein des tombeaux des anciens rois, ou bien ailleurs, dans

i. Voici le relevé exact des six dernières années :

1888 724 .000 francs*

1893 (6 premiers mois) * 310.000 —

Le 4 décembre iSSi), le premier ministre emprunta att Comptoir d'Ës» compte 15,000,000 de frant^s à 0 % ; puis, le 20 juin 1887, il convertit cet em^

priinl en une avance d'argent remboursable par annuités en vinfrl-cinq ans* Ces annuités se paient par semestre et s elevent, pour chaque versement, à 502,982 fr. 50. Aujourd'hui, le capital à amortir dépasse encore 12 millions et demi.

MADÂfiASGAB ET LBS HOVA

Tenceinte du palais. Seuls le premier ministre et le ministre de l'intérieur en auraient la clef, et personne n*y toucherait jamais. Chaque année, au contraire, on Tau^menterait, et elle atteindrait déjà, les uns disent de i5 à 20 millions; les autres de 10 à 12 millions. En fait, j'y croyais à peine, et je ne l'aurais même pas mentionné si M. Martineau n'en avait parlé. Mais comme je sais que ses renseignements sont très sûrs et lui viennent d'une source très autorisée, je n'hésilc plus à admettre ce qu il atlirmc lui-mc^me. Gela du reste corrcj^poiid parfaitement aux habitudes et aux craintes perpétuelles de la cour d'Imei ina.

Mais cela prouve aussi que l'on peut trouver de l'argent pour les besoins publics, et que Madagascar pourra suftire aux dépenses de son administration, le jour où Ton voudra mettre de l'ordre dans cette administration, dans la perception et l'emploi des impôts.

Page 1